Des arrestations et des milliers de saisies lors d’une opération de police organisée en Afrique contre le trafic d’armes à feu

30 juin 2022
Les résultats de l’opération font ressortir une constante convergence entre différentes formes de criminalité

LYON (France) – Une opération de police internationale coordonnée par INTERPOL, dirigée contre la circulation des armes à feu illicites en Afrique centrale et de l’Ouest, a abouti à quelque 120 arrestations et à la saisie d’armes à feu, d’or, de stupéfiants, de faux médicaments, de produits issus d’espèces sauvages et d’argent en espèces.

L’opération Trigger VIII, qui s’est déroulée du 13 au 19 juin derniers, a mobilisé 520 fonctionnaires des services chargés de l’application de la loi sur 35 hauts lieux du trafic dans les huit pays suivants : Burkina Faso, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo et Tchad.

Chiffres clés de l’opération

Plus de 20 000 vérifications ont été effectuées dans les bases de données mondiales d’INTERPOL, ce qui a permis de mettre la main sur 480 armes à feu et de procéder à 42 arrestations pour des infractions liées à des armes à feu. Quatorze réseaux de criminalité organisée ont par ailleurs été repérés et démantelés.

Les autorités ont saisi quelque 6 000 pièces détachées et éléments d’armes à feu, des munitions et des explosifs, ainsi que 110 000 euros en espèces.

Une surveillance et des contrôles renforcés aux frontières ont une fois de plus mis en évidence que les groupes criminels organisés profitent de la convergence de différentes formes de criminalité et utilisent les mêmes itinéraires pour un certain nombre d’activités illicites.

Soixante-dix-huit arrestations supplémentaires ont été opérées en relation avec des faits de trafic de marchandises illicites, et plus de 45 tonnes de ces marchandises ont été saisies, dont plus de trois tonnes de faux médicaments et une tonne et demie de stupéfiants (cannabis, amphétamines et opioïdes), auxquelles il faut ajouter plus de 10 000 litres d’essence de contrebande.

Quelque 40 tonnes d’ailerons de requins appartenant à des espèces menacées d’extinction ont été découvertes en Guinée, tandis que les autorités de la République centrafricaine démantelaient un réseau soupçonné d’approvisionner des braconniers en armes à feu et en munitions. La République démocratique du Congo a quant à elle signalé la saisie de 141 défenses d’éléphants.

L’exploitation aurifère illicite étant soupçonnée de financer le terrorisme et les groupes armés extrémistes dans la région du Sahel, les autorités ont également ouvert plus de 85 enquêtes approfondies sur les liens entre le trafic d’armes à feu, la criminalité transnationale organisée et le financement du terrorisme. Plus de 26 kg d’or illicitement extrait et 170 kg d’explosifs ont été saisis au cours de l’opération.

Le trafic d’armes à feu est associé à la criminalité organisée et au financement du terrorisme

480 armes à feu et quelque 6 000 pièces détachées et éléments d’armes à feu, des munitions et des explosifs ont été saisis lors de l’opération, notamment au Mali.
En relation avec le financement du terrorisme, plus de 26 kg d’or illicitement extrait ont été saisis, notamment au Niger.
Des paquets de cannabis saisis en Guinée figuraient au nombre des marchandises illicites interceptées lors de l’opération Trigger VIII.
Une personne soupçonnée de trafic d’armes à feu a été interceptée par les autorités de police de la République centrafricaine.
Des contrôles de véhicules ont été effectués au Tchad, en des lieux considérés comme des plaques tournantes du trafic.
Des ailerons de requins ont été saisis en Guinée lors de l’opération régionale.
Munitions saisies par les autorités de la République centrafricaine
Des roquettes ont été découvertes en République démocratique du Congo.
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M. Souley Boubacar, Directeur général de la Police nationale du Niger, a souligné « le rôle en matière de sécurité collective » joué par l’opération Trigger VIII et a appelé à organiser d’autres opérations de ce type afin de remédier aux problèmes de sécurité régionaux.

Des enquêtes sur le financement du terrorisme sont en cours au Mali et au Niger après que des sites d’exploitation aurifère illicite ont été découverts au Mali et fermés.

« Dans un Sahel en proie à l’insécurité, je me réjouis de l’exécution d’une telle opération qui participe au renforcement de la coopération policière internationale, seul gage d’un succès dans la lutte contre le terrorisme et les autres formes de criminalité », a déclaré M. Roger Ouedraogo, Directeur général de la Police nationale du Burkina Faso.

La coopération transnationale par le canal d’INTERPOL

« Des opérations comme Trigger VIII soulignent que le trafic d’armes à feu représente une menace transnationale grave car il facilite les activités des réseaux de criminalité organisée ainsi que celles des terroristes .» Jürgen Stock, Secrétaire Général d’INTERPOL

« Elles mettent également en lumière les liens entre différentes formes de criminalité et le besoin constant de coopération entre les pays et dans les régions », a ajouté le Secrétaire Général Stock.

Les résultats de l’opération sont à attribuer au « modèle opérationnel Trigger » qui, en l’espèce, a comporté une phase préparatoire d’un an pendant laquelle se sont déroulées des campagnes de sensibilisation et des activités nationales de formation dans les régions visées, pour se conclure par une coordination pré-opérationnelle et des exercices à Abidjan (Côte d’Ivoire).

Les formations ont porté sur l’identification des armes à feu, les enquêtes financières, les bases de données mondiales d’INTERPOL et l’utilisation de l’« INTERPOL Mobile Device » (IMD) sur les lieux ciblés ainsi qu’aux points de contrôle frontaliers, pour effectuer des vérifications en temps réel concernant les personnes et les véhicules.

Elles ont également porté sur le profilage, l’identification et le traçage des munitions et des explosifs, ainsi que sur les recherches concernant des armes saisies, menées à l’aide du Système INTERPOL de gestion des données sur les armes illicites et du traçage des armes (iARMS).

L’opération Trigger VIII a reçu le soutien du ministère des Affaires étrangères de l’Allemagne par l’intermédiaire du projet Target et celui de l’Union européenne par l’intermédiaire du projet Disrupt, mené en partenariat avec l’ONUDC.