Arrestation de 286 personnes lors d’une opération mondiale contre la traite d’êtres humains et le trafic de migrants

26 juillet 2021
La police porte secours à 430 victimes de la traite d’êtres humains et intercepte 4 000 migrants en situation irrégulière originaires de 74 pays.

LYON (France) – Un coup sévère a été porté aux groupes criminels qui se livrent à la traite d’êtres humains et au trafic de migrants, lors d’une opération coordonnée par INTERPOL qui a vu l’arrestation de 286 suspects dans le monde entier.

Les services chargés de l’application de la loi de 47 pays ont participé à l’opération Liberterra (5 - 9 juillet) et ont effectué quelque 500 000 vérifications à des points de contrôle et dans des aéroports, ainsi que dans des zones sensibles identifiées grâce au renseignement et aux enquêtes.

Les garde-côtes tunisiens ont secouru 69 migrants de 11 pays d’Afrique après avoir reçu un appel de détresse émis par leur embarcation.
Les garde-côtes tunisiens ont secouru 69 migrants de 11 pays d’Afrique après avoir reçu un appel de détresse émis par leur embarcation.
Quelque 4 000 migrants en situation irrégulière en provenance de 74 pays ont été interceptés pendant l’opération, dont 68 en Croatie.
Quelque 4 000 migrants en situation irrégulière en provenance de 74 pays ont été interceptés pendant l’opération, dont 68 en Croatie.
Les autorités du Soudan ont secouru 253 victimes de la traite d’êtres humains et arrêté 32 suspects.
Les autorités du Soudan ont secouru 253 victimes de la traite d’êtres humains et arrêté 32 suspects.
Les Émirats arabes unis ont accueilli une unité de coordination opérationnelle lors de l’opération Liberterra.
Les Émirats arabes unis ont accueilli une unité de coordination opérationnelle lors de l’opération Liberterra.
La police salvadorienne a arrêté des personnes soupçonnées de traite d’êtres humains et de trafic de migrants.
La police salvadorienne a arrêté des personnes soupçonnées de traite d’êtres humains et de trafic de migrants.
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Les autorités ont secouru quelque 430 victimes de la traite d’êtres humains, et intercepté 4 000 migrants en situation irrégulière en provenance de 74 pays. Nombre de ces personnes avaient besoin d’un accompagnement médical et psychologique ainsi que d’un hébergement, et ont été prises en charge par les services sociaux.

En outre, 60 nouvelles enquêtes transnationales ont été ouvertes. Lorsqu’il s’agit d’aider des gens à franchir illégalement les frontières, les documents d’identité faux ou volés restent le meilleur sésame, et il en a été saisi sur tous les continents. Le premier jour de l’opération, les autorités tanzaniennes ont arrêté un chauffeur de bus ougandais qui transportait une boîte contenant 169 faux passeports de Kampala à Dar es-Salaam.

« L’opération Liberterra est un aperçu, sur cinq jours, de la situation mondiale en matière de traite d’êtres humains et de trafic de migrants, et atteste que les réseaux criminels multinationaux et hautement organisés n’ont qu’un seul but : le profit », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, Jürgen Stock.

« Avec le démantèlement de 22 groupes criminels, elle montre aussi ce que peut faire une action mondiale et coordonnée des services chargés de l’application de la loi. »

Des groupes criminels démantelés partout dans le monde

Temps forts de l’opération :

  • Les autorités algériennes ont démantelé un groupe qui se livrait au trafic de migrants via les voies maritimes à destination des côtés européennes.
  • Le démantèlement de deux organisations criminelles en Colombie a donné lieu à 22 arrestations. Tandis qu’un groupe s’était spécialisé dans le trafic de migrants à destination des États-Unis, l’autre s’occupait de transporter des migrants cubains et haïtiens d’Équateur en Colombie. Deux personnes qui faisaient l’objet de notices rouges INTERPOL et étaient recherchées au niveau international par l’Espagne pour traite d’êtres humains ont également été arrêtées.
  • Les autorités équatoriennes ont arrêté huit personnes qui envoyaient clandestinement des migrants aux États-Unis en se servant d’une véritable agence de voyages comme couverture pour réserver des vols via le Mexique.
  • Au Ghana, les policiers ont appréhendé deux Nigérians accusés de diriger un réseau de traite d’êtres humains entre ce pays, le Togo, le Bénin et le Nigéria.
  • Six membres d’une organisation criminelle ont été arrêtés en Macédoine du Nord. Le chef de ce groupe travaillait avec des complices au Moyen-Orient pour acheminer clandestinement en Grèce des migrants d’Afghanistan, du Bangladesh, du Pakistan et de la Syrie.
  • Les autorités du Soudan ont secouru 253 victimes de la traite d’êtres humains et arrêté 32 suspects.
  • Une organisation criminelle implantée en Espagne, qui faisait passer illégalement des migrants de l’Algérie à la côte espagnole par la mer, a été démantelée.

Exploiter les plus vulnérables

Mus uniquement par l’appât du gain, les trafiquants organisent le passage des migrants avec peu ou pas de considération pour leur sécurité et leur bien-être.

La Croatie et le Nicaragua ont fait état d’accidents de la route mortels survenus alors que des trafiquants cherchaient à échapper à des contrôles routiers. En Slovénie, des migrants ont été contraints de voyager dans des niches pour chiens. En Grèce, des migrants ont indiqué avoir payé jusqu’à 2 000 EUR chacun pour un trajet de quatre heures à l’intérieur du pays. Les garde-côtes tunisiens ont secouru 69 migrants de 11 pays d’Afrique après avoir reçu un appel de détresse émis par leur embarcation.

Durant l’opération, les autorités ont également secouru un certain nombre de mineurs victimes de ce trafic. Sept jeunes filles ont été interrogées au Liban en lien avec un réseau international d’exploitation sexuelle et de traite d’êtres humains. Au Venezuela, des victimes mineures ont indiqué avoir dû se livrer à des activités sexuelles à la suite de menaces de mort de la part de trafiquants d’êtres humains.

Les pays membres ont saisi cette occasion pour effectuer un travail de sensibilisation, notamment aux Émirats arabes unis où une campagne a été lancée dans les centres de recrutement d’employés de maison.

Capacités policières d’INTERPOL

Les bases de données d’INTERPOL ont été interrogées 508 000 fois, et les notices ont joué un rôle de premier plan dans la localisation et l’arrestation d’individus recherchés. La police du Royaume-Uni a ainsi arrêté six fugitifs recherchés par différents pays d’Europe pour trafic de migrants et traite d’êtres humains associés à des faits d’exploitation sexuelle.

Le Brésil, la Colombie, Curaçao et le Panama ont arrêté des personnes recherchées en vertu de notices rouges pour d’autres infractions (trafic de stupéfiants, viol et agression et blanchiment d’argent).

Trois unités de coordination opérationnelle – au Panama, au Soudan et aux Émirats arabes unis – ont apporté leur soutien aux pays participants, avec une unité d’appui centrale au Secrétariat général d’INTERPOL à Lyon.

Partenariats

Cette opération conjointe a reçu le soutien de plusieurs partenaires – l’Organisation internationale pour les migrations, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, et Europol.

L’opération a été menée sous l’égide du projet Flyway financé par la Norvège, du Centre opérationnel régional d’appui au processus de Khartoum et à l’initiative de la Corne de l’Afrique de l’Union africaine (ROCK), et de la Fondation INTERPOL pour un monde plus sûr.

Pays participants

Algérie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Croatie, Curaçao, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, Espagne, États-Unis, Ghana, Grèce, Guatemala, Haïti, Honduras, Iraq, Kenya, Liban, Macédoine du Nord, Maroc, Mexique, Nicaragua, Oman, Ouganda, Pakistan, Panama, Pérou, Portugal, Qatar, République dominicaine, Royaume d’Arabie saoudite, Royaume-Uni, Serbie, Slovénie, Soudan, Syrie, Tanzanie, Tunisie, Turquie, Venezuela, Viet Nam et Zimbabwe.