Niger : 232 victimes de la traite d’êtres humains secourues par la police

26 février 2020
46 mineurs ont été sauvés de la mendicité forcée et de l’exploitation sexuelle

La police du Niger a secouru 232 victimes de la traite d’êtres humains, dont 46 de moins de 18 ans, lors d’une opération menée avec le soutien d’INTERPOL et ciblant les groupes criminels organisés d’Afrique de l’Ouest.

L’opération Sarraounia – reine en langue haoussa – a mobilisé plus de 100 fonctionnaires de la Police nationale nigérienne en divers lieux stratégiques de Niamey et permis l’arrestation de 18 personnes accusées de traite d’êtres humains et de pédocriminalité.

Lors de la phase préparatoire, des fonctionnaires de l’unité d’INTERPOL chargée des Groupes vulnérables ont dispensé une formation sur l’audition des victimes dans les affaires de traite d’êtres humains et d’exploitation sexuelle des enfants.

Au cours de l’opération (21 – 31 janvier), l’équipe d’INTERPOL présente sur le terrain a aidé les autorités nationales à exploiter pleinement les capacités policières de l’Organisation, notamment ses bases de données et son système de notices internationales.

46 mineurs ont été sauvés lors de l’opération Sarraounia.
46 mineurs ont été sauvés lors de l’opération Sarraounia.
La police du Niger a secouru 232 victimes de la traite d’êtres humains.
La police du Niger a secouru 232 victimes de la traite d’êtres humains.
L’audition des victimes était un aspect important de l’opération.
L’audition des victimes était un aspect important de l’opération.
L’équipe a aidé les autorités à exploiter pleinement les capacités policières de l’Organisation.
L’équipe a aidé les autorités à exploiter pleinement les capacités policières de l’Organisation.
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Des enfants, dont certains n’avaient pas plus de dix ans

Sur les 46 jeunes secourus, 37 filles âgées de 10 à 17 ans étaient exploitées sexuellement dans des foyers ou dans les camps de fortune en périphérie de Niamey. D’autres enfants avaient été enlevés à leurs familles et contraints de mendier sur les marchés ou dans les gares routières.

Les jeunes victimes ont été mises à l’abri et ont immédiatement fait l’objet d’une prise en charge médicale qui a mis en évidence de graves problèmes de santé, dont des infections à papillomavirus humain à un stade avancé.

« Que les victimes soient des enfants, des hommes ou des femmes, les trafiquants font peu de cas de leur santé et de leur bien-être ; elles ne sont qu’une marchandise permettant de gagner de l’argent » a déclaré M. Jürgen Stock, Secrétaire Général d’INTERPOL.

« S’il est essentiel de retrouver et d’arrêter les auteurs de ces infractions, nous devons aussi nous assurer que ceux que nous secourons sont protégés et traités de manière respectueuse durant toute l’enquête de police », a-t-il conclu.

« Que les victimes soient des enfants, des hommes ou des femmes, les trafiquants font peu de cas de leur santé et de leur bien-être ; elles ne sont qu’une marchandise permettant de gagner de l’argent » Jürgen Stock, Secrétaire général d’INTERPOL

Une assistance a été prodiguée à l’ensemble des victimes, qui ont retrouvé leurs familles. Un suivi sera assuré par les services sociaux et les ONG.

À la suite de l’opération, les autorités nigériennes ont demandé la publication de six notices vertes INTERPOL afin d’alerter sur le danger que représentent les individus qui ont recruté et exploité sexuellement les jeunes filles.

Des promesses de « travail décent »

Suivant une piste d’enquête, les policiers de la Division des Investigations spéciales de la Direction de la Surveillance du territoire ont effectué une perquisition dans une maison du centre de Niamey. Ils y ont trouvé 115 hommes dont les documents de voyage avaient été confisqués par des trafiquants. Durant les auditions, les victimes ont indiqué être venues en autocar depuis le Ghana et avoir été amenées sur les lieux par des individus qui refusaient de les laisser sortir.

Soixante-cinq autres hommes sont arrivés deux jours plus tard.

Tous avaient été recrutés au Ghana, via Internet, et s’étaient vu promettre un « travail décent », sachant toutefois que le coût de leur voyage et tous les frais afférents à leur recrutement commissions comprises seraient déduits de leurs salaires à venir.

180 hommes s’étaient vu promettre un « travail décent ».
180 hommes s’étaient vu promettre un « travail décent ».
La police du Niger a effectué des perquisitions à Niamey.
La police du Niger a effectué des perquisitions à Niamey.
Les documents de voyage ont été vérifiés à l’aéroport.
Les documents de voyage ont été vérifiés à l’aéroport.
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Trois notices bleues INTERPOL visant à obtenir des informations complémentaires sur les trafiquants arrêtés ont été publiées dans le cadre de l’enquête en cours.

S’exprimant au sujet de l’opération, Barka Dankassoua, Commissaire de police et Chef du Bureau
central national à Niamey, a déclaré : « Au cours de l’opération Sarraounia, beaucoup d’informations sur plusieurs groupes criminels et itinéraires de trafic ont été recueillies. L’expérience acquise par les policiers ayant participé aux activités sera mise à profit puisque nous continuons à suivre un certain nombre de pistes. »

L’opération Sarraounia a été menée avec le soutien de la Human Dignity Foundation, de la Fondation INTERPOL pour un monde plus sûr et du projet Flyway.