Projet ENACT

Utiliser l’analyse criminelle pour renforcer la capacité de l’Afrique à répondre plus efficacement à la criminalité organisée transnationale.

L’Afrique jouit depuis plusieurs décennies d’une stabilité accrue et d’une croissance économique en hausse, mais ces conditions ont aussi facilité les activités criminelles transfrontalières sur l’ensemble du continent.

Afin de lutter contre la progression de la criminalité organisée en Afrique, INTERPOL participe au projet ENACT, projet qui vise à réduire l’impact de la criminalité organisée transnationale sur le développement, la gouvernance, la sécurité et l’État de droit en Afrique.

Le projet vise un double objectif : construire une base de connaissances exhaustive sur le rôle de la criminalité organisée en Afrique en se fondant sur le suivi de la situation et sur l’analyse des faits pour éclairer les décisions stratégiques, et renforcer les compétences et les capacités des principaux acteurs africains afin de les aider à mieux répondre aux menaces criminelles transnationales.

Le rôle d’INTERPOL dans le projet est d’aider les policiers africains à adopter des stratégies proactives de lutte contre les menaces liées à la criminalité organisée, à faciliter l’échange d’informations et à développer leurs compétences en matière d’enquêtes, par les moyens suivants :

  • Formation à l’analyse criminelle ;
  • Extension de l’accès à I-24/7, notre système mondial sécurisé de communication policière, à certains pays ;
  • Fourniture de matériel et de logiciels d’analyse à certains pays et accompagnement de ces pays par la formation et le mentorat ;
  • Affectation d’un analyste en données criminelles dans chacun des quatre Bureaux régionaux d’Afrique ;
  • Création d’une plateforme d’analyse sécurisée ;
  • Mise en relation des chefs des unités d’analyse dans toute l’Afrique.

Financé par l’Union européenne, le projet ENACT est mis en œuvre par INTERPOL et l’Institut d’études de sécurité, en partenariat avec l’Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale.

Formation

INTERPOL a mis au point, à l’attention des services chargés de l’application de la loi en Afrique, un programme de formation sur l’analyse criminelle visant à développer leurs capacités en matière d’enquêtes. Ce programme permet aux analystes assistants en données criminelles et aux enquêteurs sur le terrain d’acquérir les compétences nécessaires pour analyser de grandes quantités d’informations de différentes sources et les transformer en renseignements précis et exploitables.

Les cours théoriques sont complétés par des exercices pratiques et des simulations afin de permettre aux participants de mettre en application leurs compétences nouvellement acquises en situation réelle.

Plusieurs formations comportent un volet « formation de formateurs » qui permet aux formateurs des écoles de police d’intégrer la formation à l’analyse criminelle dans les programmes de leurs écoles nationales.

Parmi les sujets abordés figurent notamment le cycle du renseignement, l’analyse des groupes de malfaiteurs, l’étude de cas/étude de cas comparative, l’analyse financière et l’analyse des communications téléphoniques.

Assistance technique

Nous élargissons l’accès à I-24/7, notre système sécurisé de communication policière, aux services spécialisés et aux agents en première ligne qui ont besoin d’accéder rapidement et directement aux informations d’INTERPOL. Cela leur permet d’accéder à nos bases de données criminelles et d’échanger avec leurs homologues des informations cruciales sur les activités criminelles.

Dans le cadre du projet ENACT, nous avons ouvert l’accès à I-24/7 à quatre unités d’analyse nationales qui ont été créées au Congo, au Malawi, au Niger et en Ouganda en 2018 - 2019. Ces unités sont chargées du recueil et de l’analyse du renseignement au sein de leur police nationale. Nous leur fournissons du matériel technique et des logiciels d’analyse, leur dispensons des formations et les accompagnons via un mentorat.

Soutien en matière d’analyse

Afin de fournir un appui dédié sur l’ensemble du continent, des analystes en données criminelles expérimentés ont été déployés dans trois de nos Bureaux régionaux en Afrique (Cameroun, Côte d’Ivoire et Kenya). Un quatrième analyste, basé à Lyon, couvre les pays d’Afrique du Nord.

Les analystes régionaux établissent des rapports d’analyse stratégique sur les menaces, existantes ou nouvelles, liées à la criminalité organisée et les communiquent aux chefs des polices nationales, à l’occasion notamment des réunions annuelles des organisations de police régionales (Organisation de coopération des chefs de police d’Afrique de l’Est (OCCPAE), Comité des chefs de police de l’Afrique de l’Ouest (CCPAO), Organisation de coopération régionale des chefs de police d'Afrique australe (SARPCCO) et Comité des chefs de police de l’Afrique centrale (CCPAC)).

De plus, les analystes travaillent directement avec les pays de leur région afin de leur apporter un soutien et un accompagnement en matière de recueil de données et de procédures d’analyse criminelle.

Project ENACT-77861
Project ENACT-4037
Project ENACT-1731
Project ENACT-1688
Project ENACT-1
Project ENACT-2
Project ENACT-3
Project ENACT-4
Project ENACT-5
Project ENACT-6
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Activités menées par INTERPOL dans le cadre du projet ENACT (2017 - 2020)

  • Dix-huit formations régionales sur l’analyse criminelle ont été organisées, conformément à l’objectif initial du projet, auxquelles s’ajoutent trois formations nationales supplémentaires demandées par certains pays. Au total, 415 policiers de 52 pays africains ont participé à ces formations.
  • Cinq formations combinant l’analyse criminelle et le cours de perfectionnement des formateurs INTERPOL ont été organisées. Tous les pays africains ont été invités à y participer. Cinquante-neuf policiers de 35 pays africains ont désormais le titre de « formateur INTERPOL certifié » et peuvent enseigner l’analyse criminelle de manière structurée dans les écoles de police nationales.
  • Un séminaire de sensibilisation à l’analyse criminelle a été organisé en juillet 2019 pour les directeurs du Département des enquêtes criminelles du Congo, du Malawi, du Niger et de l’Ouganda, pays dans lesquels INTERPOL a ouvert, dans le cadre du projet ENACT, une unité d’analyse. L’objectif de ce séminaire était de souligner l’importance de l’analyse criminelle dans la lutte contre la criminalité au niveau national.
  • En juillet 2019, un atelier a réuni les 22 analystes des quatre nouvelles unités d’analyse criminelle pour leur permettre d’échanger et de partager leurs expériences. Chaque unité a présenté ses résultats et a pu travailler sur une brochure visant à assurer sa promotion au niveau national.

Deux conférences ont été organisées par INTERPOL dans le cadre du projet ENACT en 2018 sous le titre « Comprendre et combattre la criminalité organisée en Afrique au moyen de l’analyse criminelle ». Cent trente-six cadres de la police issus de 47 pays africains ont assisté à ces conférences, qui ont été l’occasion pour les chefs nationaux de l’analyse criminelle de recueillir des informations et des renseignements de meilleure qualité et d’évoquer les dernières évolutions dans leur domaine.

  • Un rapport d’analyse intitulé « Panorama de la grande criminalité et de la criminalité organisée en Afrique » a été publié en 2018 et a été complété par cinq rapports régionaux (Afrique centrale, Afrique de l’Est, Afrique du Nord, Afrique australe et Afrique de l’Ouest).

Ces rapports donnent un aperçu des principaux aspects de la criminalité organisée, évoquant à la fois les groupes actifs sur le continent africain et les types d’activités illicites auxquelles ils se livrent. Ils permettent aux services chargés de l’application de la loi et aux décideurs de comprendre comment fonctionne la criminalité organisée, au niveau local et transnational, et ainsi d’élaborer des stratégies efficaces pour y faire face.

  • Un rapport d’analyse intitulé « La corruption, moteur de la criminalité organisée en Afrique de l’Est » a été publié en 2019 à la demande des Chefs de police.

INTERPOL a réalisé cette étude dans le cadre du projet ENACT afin, d’une part, de fournir aux pays d’Afrique de l’Est des renseignements stratégiques sur la manière dont la corruption facilite la criminalité organisée, et, d’autre part, de faciliter la coopération entre les services chargés de l’application de la loi dans les pays les plus touchés. Ce rapport recense les facteurs qui permettent à certains groupes criminels organisés de recourir à la corruption, dans le secteur public comme privé.

Au titre des activités menées dans le cadre du projet ENACT en 2020, INTERPOL vient de terminer deux rapports supplémentaires et va bientôt en publier un troisième :

  • Services de paiement par téléphone mobile et criminalité organisée en Afrique.

Les services de paiement et de transfert d’argent par téléphone mobile sont très prisés en Afrique. Ils permettent aux utilisateurs d’effectuer des virements, de payer leurs factures et de procéder à des achats. Il est très difficile pour les services chargés de l’application de la loi de contrôler ce nouveau mode de paiement, qui est dès lors très apprécié des malfaiteurs, qui s’en servent pour réaliser des opérations financières sans être repérés.

  • La cybercriminalité organisée en Afrique – du Web surfacique au dark Web.

Les malfaiteurs sévissent désormais sur Internet. Ils ont accès à des cyberoutils sophistiqués et le cyberespace leur ouvre de nouvelles perspectives. Les trafics se déplacent de plus en plus sur le dark Web.

  • Trafic de marchandises illicites dans les ports et les aéroports d’Afrique.

L’objectif est de recenser les principaux ports et aéroports qui facilitent le transport de marchandises illicites.

Les versions publiques de tous ces rapports peuvent être téléchargées en bas de cette page. Les rapports sont publiés en anglais, mais certains d’entre eux sont aussi disponibles en français et en arabe.