Saisie de médicaments illicites d’une valeur totale de 11 millions d’USD lors d’une opération mondiale d’INTERPOL

20 juillet 2022
L’opération Pangea XV, déployée dans 94 pays, ciblait les produits pharmaceutiques et médicaux illicites vendus sur Internet, des faux kits de test pour le dépistage du COVID-19 jusqu’à des comprimés dangereux contre les troubles de l’érection.

L’opération Pangea XV, déployée dans 94 pays, ciblait les produits pharmaceutiques et médicaux illicites vendus sur Internet, des faux kits de test pour le dépistage du COVID-19 jusqu’à des comprimés dangereux contre les troubles de l’érection.

LYON (France) – Chaque jour, les publicités pour des médicaments envahissent Internet, diffusées par les réseaux sociaux et d’autres sites Web. Derrière ce marketing séduisant se cachent souvent des produits frauduleux qui, au lieu de guérir, mettent en danger la santé des consommateurs.

Le commerce mondial des produits pharmaceutiques illicites est un domaine de criminalité vaste et lucratif – évalué à 4,4 milliards d’USD – qui attire les groupes criminels organisés partout dans le monde.

Pendant huit jours, du 23 au 30 juin, 94 pays membres d’INTERPOL représentant tous les continents ont mené une offensive concertée contre les pharmacies illicites en ligne, sous la forme de l’opération Pangea XV.

Les services chargés de l’application de la loi ont procédé en tout à plus de 7 800 saisies de médicaments et produits de santé illicites et mal étiquetés portant sur plus de 3 millions d’unités.

Pendant toute la semaine qu’a duré l’opération, ces services ont :

  • enquêté sur plus de 4 000 liens Web principalement recensés sur des plateformes de médias sociaux et des applications de messagerie ;
  • désactivé ou retiré plus de 4 000 liens Web pointant vers des publicités relatives à des produits illicites ;
  • inspecté près de 3 000 colis et 280 centres de tri postal, dans des aéroports, à des postes-frontières et dans des centres de distribution du courrier ou d’expédition de fret ;
  • ouvert plus de 600 enquêtes et délivré plus de 200 mandats de perquisition.

Alors que les résultats de l’opération continuent à arriver des pays, on peut d’ores et déjà affirmer que les actions menées dans ce cadre ont mis un coup d’arrêt aux agissements d’au moins 36 groupes criminels organisés.

« Vendre des médicaments de contrefaçon ou illicites en ligne peut sembler une infraction mineure, mais pour les victimes, les conséquences peuvent être mortelles », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Jürgen Stock.

« Les chaînes d’approvisionnement illicites et les modèles économiques sur lesquels s’appuie le commerce des médicaments de contrefaçon sont internationaux par nature, d’où la nécessité que les services chargés de l’application de la loi collaborent les uns avec les autres, par-delà les frontières, afin d’être à même de protéger efficacement les consommateurs. »

Des infractions qui ne connaissent pas de frontières

Près de la moitié (48 %) des colis inspectés lors de l’opération se sont révélés contenir des médicaments illicites ou falsifiés.

Les médicaments de contrefaçon ou non autorisés contre les troubles de l’érection représentent environ 40 % des produits saisis. En Argentine, en Australie, aux États-Unis et en Malaisie, les services chargés de l’application de la loi ont par ailleurs saisi plus de 317 000 kits de test non autorisés de dépistage du COVID-19. Les saisies opérées aux États-Unis sont estimées à elles seules à près de 3 millions d’USD. Les saisies opérées aux États-Unis sont estimées à elles seules à près de 3 millions d’USD.

Le commerce mondial des produits pharmaceutiques illicites est un domaine de criminalité vaste et lucratif.
Les produits frauduleux peuvent mettre en danger la santé des consommateurs au lieu de les guérir.
Produits médicaux illicites saisis au Costa Rica.
Produits de santé illicites saisis au Botswana
Faux comprimés contre les troubles de l’érection saisis par les services chargés de l’application de la loi en Suisse.
Les malfaiteurs ont cherché à tirer profit de la pandémie de COVID-19 en vendant des masques illicites ou frauduleux.
Produits médicaux illicites découverts par les services chargés de l’application de la loi au Panama.
Produits médicaux illicites saisis par les services chargés de l’application de la loi au Chili.
Produits de santé illicites découverts par les services chargés de l’application de la loi en Iran.
Rien n’arrête les fraudeurs lorsqu’il s’agit de réaliser un profit, y compris en vendant des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux de contrefaçon malgré les risques qu’ils font courir.
Les États-Unis ont saisi plus de 317 000 kits de test non autorisés de dépistage du COVID-19, d’une valeur totale approchant les 3 millions d’USD.
Les services chargés de l’application de la loi ont procédé en tout à plus de 7 800 saisies de médicaments illicites et falsifiés.
Produits médicaux illicites saisis par les services chargés de l’application de la loi en Italie.
Produits de santé illicites saisis en Estonie.
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Le commerce des médicaments illicites s’étend bien au-delà des frontières nationales et constitue une menace importante d’ampleur mondiale. Les produits sont souvent fabriqués dans un pays et expédiés dans un autre, les publicités qui en font la promotion étant quant à elles diffusées par des sites Web hébergés dans de nombreux autres pays.

En Malaisie seulement, les services chargés de l’application de la loi ont recensé plus de 2 000 sites Web commercialisant des produits pharmaceutiques de contrefaçon ou obtenus illégalement, ou faisant la publicité de tels produits.

Les réseaux sociaux et les applications de messagerie sont utilisés pour faire la promotion de médicaments de contrefaçon et illicites. L’opération Pangea XV a d’ailleurs permis de dénombrer plus de 1 200 annonces de ce type sur toutes les grandes plateformes.

« Deux décennies d’expérience nous ont appris que rien n’arrête les fraudeurs lorsqu’il s’agit de réaliser un profit, y compris en vendant des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux de contrefaçon malgré les risques qu’ils font courir », a déclaré M. Jim Mancuso, Directeur du Centre de coordination national en matière de droits de propriété intellectuelle (National Intellectual Property Rights Coordination Center) des États-Unis.

« Les États-Unis sont déterminés à travailler en étroite collaboration avec nos partenaires internationaux des services chargés de l’application de la loi et avec le secteur privé en vue de préserver la chaîne d’approvisionnement mondiale des produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux de contrefaçon et de démanteler les organisations criminelles transnationales qui tirent profit de ces escroqueries. Les résultats de l’opération Pangea XV sont un avertissement adressé à ces organisations, pour leur faire passer le message que partout à travers le monde, les services chargés de l’application de la loi mettront tout en œuvre pour protéger la santé et la sécurité publiques », a ajouté M. Mancuso.

Dans le cadre de l’opération Pangea XV, INTERPOL a reçu le soutien d’Europol, du Programme ONUDC-OMD de contrôle des conteneurs (PCC), des autorités de contrôle sanitaire et du Pharmaceutical Security Institute (PSI).

Le Programme d’INTERPOL sur les marchandises illicites et la santé mondiale travaille avec un certain nombre de partenaires dans le but de démanteler les réseaux criminels et de réduire les risques que font peser les produits pharmaceutiques faux et illicites sur la santé publique. Pour en savoir plus sur nos actions essentielles visant à assurer la sécurité des personnes, consultez notre site Web en cliquant sur les liens ci-dessous.