HAMBOURG, ALLEMAGNE - Le ministère fédéral allemand de l’Environnement (BMUKN) et INTERPOL intensifient leur coopération en matière de lutte contre la criminalité environnementale internationale. Dans le cadre de la Conférence de Hambourg sur la durabilité (HSC 2026), les deux autorités publiques rassemblent des décideurs de haut niveau des pays du Sud et du Nord, des organisations internationales, des ONG et des entreprises dotées de chaînes d’approvisionnement mondiales. L’objectif est d’aborder la criminalité environnementale comme un défi multidimensionnel, englobant la protection de l’environnement et de la nature, la sécurité, l’état de droit, le développement durable, la résilience économique et des marchés équitables.
Le ministre fédéral de l’Environnement, Carsten Schneider, a déclaré : « La criminalité environnementale transfrontalière n’est pas une question marginale, mais un modèle économique très rentable. Les personnes qui abattent illégalement du bois, exploitent des matières premières ou éliminent illégalement des déchets détruisent non seulement les fondements naturels de la vie sur Terre, mais sapent également les institutions gouvernementales et alimentent les conflits régionaux. Les dommages causés aux écosystèmes sont énormes, s’élevant à plus de 1 000 milliards de dollars des États-Unis par an. Lorsque les forêts vierges, par exemple, sont détruites, elles ne peuvent plus jouer leur rôle de gardiennes efficaces du climat dont nous dépendons. Les populations locales sont les premières à en ressentir les effets directs : lorsque les étendues d’eau sont surexploitées, l’eau potable est contaminée par des produits chimiques déversés illégalement et les sols sont rendus inutilisables par les polluants. C’est pourquoi nous intensifions notre coopération internationale avec INTERPOL. »
Le secrétaire général d’INTERPOL, M. Valdecy Urquiza, a déclaré : « La criminalité environnementale rapporte chaque année des centaines de milliards de dollars de profits illicites à des réseaux criminels très élaborés. La neutralisation de ces réseaux est possible grâce à une coopération soutenue, et pour les services chargés de l’application de la loi, elle implique le partage en temps réel des renseignements, des capacités et d’un soutien opérationnel entre les pays.
Le projet GAIA illustre les résultats que l’on peut obtenir en dotant la coopération policière de ressources suffisantes. Le soutien constant de l’Allemagne à ce partenariat témoigne d’une volonté commune de renforcer la réponse des services chargés de l’application de la loi à la criminalité environnementale au niveau international. »
Au cours de la première année, les pays partenaires participant au projet conjoint GAIA ont indiqué qu’ils avaient ouvert plus de 500 enquêtes et identifié 262 entités criminelles. Leur travail d’analyse et leurs systèmes mondiaux de notices ont permis d’identifier 503 autres entités, notamment des itinéraires de trafic, des foyers de criminalité environnementale et des modes opératoires. Les pays partenaires d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique tireront parti des résultats de la première année et continueront d’être appuyés par des actions opérationnelles, un soutien en matière de criminalistique, un renforcement des capacités et un travail d’analyse. Le ministère fédéral allemand de l’Environnement fournit 1,5 million d’euros supplémentaires pour la poursuite du développement du projet.
Selon les estimations, avec des milliards de bénéfices illicites, la criminalité environnementale se classe désormais au troisième rang des activités criminelles les plus rentables après le trafic de stupéfiants et la contrefaçon. Ces sources de revenus financent d’autres activités criminelles, alimentent les conflits et déstabilisent des régions entières. C’est pourquoi le BMUKN redouble d’efforts dans ce domaine et élargit systématiquement sa coopération avec INTERPOL.
Le BMUKN et INTERPOL collaborent depuis 2024 dans le cadre du projet GAIA. Le projet renforce les services chargés de l’application de la loi dans les pays particulièrement touchés par les atteintes à l’environnement, améliore le partage de renseignements criminels et soutient les actions opérationnelles de lutte contre cette forme de criminalité. Le WWF fait partie de ce consortium et s’emploie à protéger les défenseurs de l’environnement et les autres acteurs de la société civile qui jouent un rôle clé dans la dénonciation de ces infractions.
Vous trouverez de plus amples informations sur les activités d’INTERPOL en matière de lutte contre la criminalité environnementale en suivant ce lien : Our response to environmental crime.
D’autres renseignements concernant le projet sont consultables sur la page Environmental Crime.
