INTERPOL, l’ONUDC et la Norvège intensifient la lutte mondiale contre la criminalité forestière

5 novembre 2025
Lancement de la phase III du Programme d’aide à la lutte contre le déboisement des forêts tropicales (LEAP)

RIO DE JANEIRO (Brésil) – INTERPOL, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Gouvernement de la Norvège ont lancé la prochaine étape d’une vaste action mondiale de lutte contre le déboisement illégal des forêts tropicales.

Le démarrage de la troisième phase du Programme d’aide à la lutte contre le déboisement des forêts tropicales (LEAP) a été annoncé aujourd’hui en marge du sommet mondial « United for Wildlife » (Unis pour les espèces sauvages) à Rio de Janeiro.

Financée par l’Initiative internationale de la Norvège pour le climat et les forêts (NICFI), cette nouvelle phase représente un important pas en avant pour la protection de certaines des forêts les plus menacées du monde.

Le programme LEAP aide les pays à collaborer pour neutraliser les réseaux criminels qui profitent de l’exploitation forestière illégale et du trafic de bois. De la région Asie-Pacifique à l’Amérique latine, ce programme rassemble des agents de la police et des douanes, des membres des autorités environnementales, des procureurs et des enquêteurs financiers afin de partager des informations, d’organiser des opérations conjointes et de renforcer les lois.

Depuis son lancement en 2018, le programme LEAP, qui était à l’origine un projet axé sur la lutte contre la criminalité forestière, est devenu une initiative mondiale ayant des retombées stratégiques et opérationnelles.

  • La phase I (2018 - 2022) a permis de cartographier les itinéraires de l’exploitation forestière illégale et du trafic de bois, de recenser les domaines prioritaires et de favoriser la coopération entre les différents services.
  • La phase II (2023 - 2025) s’est appuyée sur cette base pour organiser des opérations ciblées, mener des enquêtes fondées sur le renseignement et encourager la coordination transfrontalière, afin de démanteler les réseaux criminels organisés et de renforcer les capacités nationales.

Les opérations coordonnées ont mis au jour des entreprises criminelles exploitant des centaines de milliers d’hectares de forêts et générant des millions de profits illicites chaque année.

Le secrétaire général d’INTERPOL, M. Valdecy Urquiza, a déclaré :

« Les malfaiteurs gagnent des milliards en pillant les forêts de la planète et en détruisant les écosystèmes qui nous font vivre. Seules une action déterminée des services chargés de l’application de la loi et une coopération étroite entre les différents services, les gouvernements et le secteur privé du monde entier peuvent les arrêter.

« Le projet LEAP a déjà prouvé l’efficacité de la collaboration – en permettant d’obtenir des résultats concrets face à l’une des formes de criminalité environnementale les plus rentables au monde. INTERPOL est fier de renouveler son partenariat avec l’Initiative internationale de la Norvège pour le climat et les forêts et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour aller encore plus loin dans cette lutte. »

 

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Credit: Andrew Parsons/Kensington Palace

Mme Ghada Waly, la directrice exécutive de l’ONUDC, a pour sa part indiqué :

« La déforestation illégale et la criminalité environnementale menacent la biodiversité de notre planète, affaiblissent l’état de droit et financent la criminalité organisée.

« La répression de ces infractions nécessite une réponse commune, qui rassemble les services chargés de l’application de la loi, les systèmes judiciaires et les communautés locales. En partenariat avec INTERPOL et le Gouvernement de la Norvège, nous sommes déterminés à protéger les forêts du monde entier, à faire respecter la justice et à nous assurer que les malfaiteurs qui profitent de l’exploitation de l’environnement répondent de leurs actes. »

M. Andreas Bjelland-Eriksen, le ministre du Climat et de l’Environnement de la Norvège, a quant à lui déclaré :

« La lutte contre la criminalité forestière est essentielle pour protéger les forêts de la planète et les personnes qui en dépendent. La criminalité forestière est étroitement liée à d’autres formes de criminalité organisée internationale, souvent soutenues par de puissants intérêts.

« Je suis fier de poursuivre notre étroite collaboration avec l’ONUDC et INTERPOL aux fins de la lutte contre la criminalité forestière, en vue de renforcer l’application de la loi et de protéger les forêts tropicales. »

Outre les arrestations et les saisies, le programme LEAP a permis de construire un solide réseau international de partenaires s’efforçant de comprendre les liens entre la criminalité forestière et les réseaux plus larges de criminalité financière et environnementale.

La phase III du programme s’appuiera sur ces résultats pour aider les pays à partager plus efficacement les renseignements, à renforcer la coopération régionale et à accroître la capacité de leurs services chargés de l’application de la loi à détecter les atteintes à l’environnement, à les combattre et à en poursuivre les auteurs.

Cette phase sera par ailleurs caractérisée par une coopération étroite avec la société civile et le secteur privé ainsi qu’avec des partenaires régionaux et internationaux, afin d’apporter une réponse mondiale forte et coordonnée.

Cette nouvelle phase sera principalement consacrée aux forêts tropicales du Brésil, de l’Équateur, de l’Indonésie, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et du Pérou, ainsi qu’à la lutte contre l’exploitation minière illégale, une cause majeure de déforestation, en particulier dans le bassin amazonien.

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