Première opération de lutte contre le terrorisme INTERPOL-AFRIPOL

6 octobre 2022
Détection des terroristes présumés aux frontières africaines

LYON (France) – Une opération de lutte contre le terrorisme coordonnée par INTERPOL et AFRIPOL a permis aux agents de première ligne africains de détecter des terroristes présumés et de saisir des marchandises dangereuses et interdites.

Cette opération panafricaine, baptisée « FLASH-PACT » et destinée à renforcer la capacité des gardes-frontières de première ligne à identifier les terroristes présumés et à démanteler les réseaux auxquels ils appartiennent, s’est déroulée en deux phases de juin à septembre.

À l’aide des bases de données criminelles mondiales d’INTERPOL sur les personnes recherchées, les documents de voyage et d’identité volés et les véhicules volés, les services chargés de l’application de la loi ont collaboré avec INTERPOL et AFRIPOL en vue de localiser et d’intercepter les criminels tentant de franchir les frontières régionales.

Les dispositifs mobiles d’INTERPOL ont permis aux agents des services de contrôle des frontières d’interroger les bases de données d’INTERPOL à distance, comme ici, en République démocratique du Congo
Les services de police de l’Ouganda et du Bénin ont interpelé six voyageurs en possession de faux passeports, tandis que les autorités du Mozambique ont arrêté un homme en possession d’un fusil d’assaut AK-47
L’opération FLASH-PACT visait à renforcer la capacité des gardes-frontières de première ligne à identifier les terroristes présumés
Les dispositifs mobiles d’INTERPOL ont été utilisés par les agents des services de contrôle des frontières aux aéroports, aux ports et aux frontières terrestres pour accéder aux bases de données criminelles d’INTERPOL
Opération FLASH-PACT : première opération de lutte contre le terrorisme INTERPOL-AFRIPOL
L’opération a donné lieu à environ 400 signalements positifs dans la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage et d’identité
INTERPOL, AFRIPOL et l’Union africaine travaillent ensemble sur des questions d’intérêt commun, en partageant leurs ressources et leur expertise et en élaborant des réponses conjointes aux besoins des polices d’Afrique
Les services chargés de l’application de la loi ont collaboré avec INTERPOL et AFRIPOL en vue de localiser et d’intercepter les criminels tentant de franchir les frontières régionales
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FLASH-PACT : une opération collaborative, stratégique et fondée sur le renseignement

Faisant ressortir la nécessité de mener contre le terrorisme une action panafricaine associant de nombreux acteurs, cette opération a réuni des services de police, des douanes et de la surveillance des frontières ainsi que des spécialistes de la lutte contre le terrorisme, comme les Pôles antiterroristes régionaux INTERPOL d’Abidjan et de Nairobi.

Les pays participants ont concentré leurs opérations sur les aéroports, les ports maritimes, les points de passage terrestres et plusieurs zones d’activité terroriste prédéfinies.

En amont des opérations tactiques, les enquêteurs ont recueilli et analysé des données mondiales issues des 195 pays membres d’INTERPOL pour obtenir une vision claire de la menace représentée par le terrorisme dans la région.

Des frontières mieux protégées pour une sécurité nationale accrue

Les documents de voyage volés étant un levier majeur pour la mobilité des terroristes, notamment les combattants terroristes étrangers revenant des zones de conflit, les bases de données d’INTERPOL ont été interrogées plus de six millions de fois au cours de l’opération, et la base de données sur les documents de voyage et d’identité a révélé environ 400 signalements positifs.

L’accès aux bases de données d’INTERPOL aux postes-frontières a permis d’identifier neuf individus faisant l’objet d’une notice rouge. Une notice rouge INTERPOL consiste à demander aux services chargés de l’application de la loi du monde entier de localiser et de procéder à l’arrestation provisoire d’une personne dans l’attente de son extradition, de sa remise ou de toute autre procédure judiciaire.

Mettant en évidence la convergence entre les activités terroristes et d’autres domaines de criminalité, plus de 20 personnes ont été identifiées comme recherchées par INTERPOL pour diverses infractions graves, dont la fraude, le blanchiment d’argent, le trafic de stupéfiants et le trafic d’espèces sauvages.

Un homme a été identifié comme étant concerné par une notice spéciale INTERPOL-Conseil de sécurité de l’ONU, qui alerte la communauté mondiale des services chargés de l’application de la loi sur des individus faisant l’objet de sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU. Les trois sanctions les plus courantes sont le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et l’embargo sur les armes.

Plusieurs individus faisant l’objet d’une notice bleue d’INTERPOL ont été repérés alors qu’ils tentaient de franchir une frontière dans les pays participants. Une notice bleue vise à recueillir des informations supplémentaires concernant l’identité, la localisation ou les activités d’une personne en lien avec une infraction.

« Le terrorisme n’a cessé de prendre de l’ampleur en Afrique de l’Ouest et de l’Est au cours de la dernière décennie. Ce phénomène se propage rapidement et a des conséquences dévastatrices pour les pays du Sud, frappés par la mort, la peur et la destruction ; c’est une désolation pour les populations et les économies africaines », déclare Stephen Kavanagh, Directeur exécutif des Services de police d’INTERPOL.

« Les opérations de lutte contre le terrorisme comme FLASH-PACT illustrent bien le partenariat entre AFRIPOL et INTERPOL, qui nous permet de partager notre expertise sur les réseaux terroristes locaux, de mieux cerner leurs méthodes, leurs mobiles et leur financement, et de parvenir ainsi à identifier et arrêter ceux qui sèment la terreur », ajoute M. Kavanagh.

Les services de police de l’Ouganda et du Bénin ont interpelé six voyageurs en possession de faux passeports, tandis que les autorités du Mozambique ont arrêté un homme en possession d’un fusil d’assaut AK-47, de deux chargeurs et de 51 cartouches. Dans une autre affaire, la police a saisi 360 bâtons d’explosifs et un cordeau détonant.

Plus de 250 voyageurs ont été interceptés pour tentative d’immigration illégale et plusieurs véhicules de luxe volés ont été recouvrés en Tanzanie.

Un partenariat puissant

INTERPOL, AFRIPOL et l’Union africaine travaillent ensemble sur des questions d’intérêt commun, en partageant leurs ressources et leur expertise et en élaborant des réponses conjointes aux besoins des polices d’Afrique.

« En tant qu’organisation de police régionale, AFRIPOL instaure un cadre de coopération policière aux niveaux stratégique, tactique et opérationnel dans tous les pays africains, avec l’objectif de renforcer et de cibler les capacités des services chargés de l’application de la loi du continent via notre partenariat avec INTERPOL », déclare l’ambassadeur Jalel Chelba, Directeur exécutif par intérim d’AFRIPOL.

« Il est important de souligner le rôle des opérations conjointes telles que FLASH-PACT en matière de renforcement de la coopération et de la sécurité pour les pays africains. L’appui d’INTERPOL a favorisé le partage de renseignements et a ainsi conduit à des arrestations et des saisies contribuant à garantir la sécurité », ajoute M. Chelba.

L’opération FLASH-PACT est la première opération de lutte contre le terrorisme menée par les deux organisations policières depuis la création d’AFRIPOL par l’Union africaine en 2014.

L’opération a été coordonnée avec l’aide du Programme INTERPOL d’appui à l’Union africaine (ISPA), qui accompagne AFRIPOL dans le développement de son cadre stratégique et de ses fonctions opérationnelles sur tout le continent, ainsi que dans la lutte contre la criminalité transnationale et le terrorisme avec INTERPOL et d’autres organismes de police régionaux.

Djibouti, le Kenya, le Mozambique, l’Ouganda, le Rwanda, la Somalie, le Soudan et la Tanzanie ont participé à la phase 1 de l’opération FLASH-PACT, qui s’est déroulée du 14 au 18 juillet. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso, le Congo (RDC) et le Nigéria ont mis en œuvre leur volet de l’opération lors de la phase 2 du 4 au 8 septembre.