L’opération 30 jours en mer 3.0 met en lumière 1 600 infractions liées à la pollution marine à l’échelle mondiale

9 juin 2021
Les services de 67 pays ont mis en évidence des infractions allant de déversements illégaux à du trafic de déchets

LYON (France) – Une opération menée sous l’égide d’INTERPOL à l’échelle mondiale a permis d’identifier et d’enquêter sur des milliers de suspects, d’entreprises et de réseaux criminels impliqués dans la pollution maritime.

L’opération 30 jours en mer 3.0 (1er au 31 mars), menée simultanément par 300 services dans 67 pays, s’est traduite par un chiffre record de 34 000 contrôles en mer, sur les voies navigables intérieures, dans les zones côtières et dans les ports en vue de repérer les infractions liées à la pollution marine.

30 Days at Sea - 1- Results

Cinq mois de collecte et d’analyse de renseignements ont précédé ces actions sur le terrain, permettant ainsi le recensement de zones sensibles et de suspects spécifiques derrière la pollution criminelle et délibérée des voies navigables du monde entier.

Les premiers résultats de la phase tactique de l’opération ont été la détection de 1 600 infractions liées à la pollution marine, lesquelles ont souvent donné lieu à des amendes et à des enquêtes de suivi sur tous les continents. Cela inclut :

  • Presque 500 actes illégaux liés à la pollution commis en mer, notamment des rejets d’hydrocarbures, des démolitions illégales de navires et des émissions de soufre ;
  • 1 000 infractions liées à la pollution dans les zones côtières et dans les rivières, notamment des déversements d’eaux usées, de mercure, de plastique et d’autres polluants, provoquant une grave contamination des eaux qui se déversent dans les océans ;
  • 130 cas de trafic de déchets utilisant les ports.

n utilisant la large gamme de bases de données et de capacités d’analyse d’INTERPOL, les pays ont pu établir des liens entre la criminalité liée à la pollution et d’autres infractions graves, telles que la fraude, la corruption, l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent, la piraterie et la pêche illégale.

Des garde-côtes italiens inspectent des déchets voués à être transportés sur des vraquiers.
Des garde-côtes italiens inspectent des déchets voués à être transportés sur des vraquiers.
Des agents du port et de la protection environnementale unissent leurs forces au Koweït.
Des agents du port et de la protection environnementale unissent leurs forces au Koweït.
Découverte d’un chargement illégal de déchets de métaux en Croatie.
Découverte d’un chargement illégal de déchets de métaux en Croatie.
Des déchets de métaux dangereux transportés illégalement de l’Europe vers la Namibie.
Des déchets de métaux dangereux transportés illégalement de l’Europe vers la Namibie.
Les autorités de Malte enquêtent sur une épave.
Les autorités de Malte enquêtent sur une épave.
Les autorités indonésiennes ont repéré 65 déversements d’hydrocarbures.
Les autorités indonésiennes ont repéré 65 déversements d’hydrocarbures.
Les garde-côtes américains utilisent des drones dans le cadre de leurs efforts de surveillance.
Les garde-côtes américains utilisent des drones dans le cadre de leurs efforts de surveillance.
En Équateur, les autorités inspectent les effluents d’une station d’épuration.
En Équateur, les autorités inspectent les effluents d’une station d’épuration.
Inspections à bord d’un navire en Bolivie.
Inspections à bord d’un navire en Bolivie.
Inspection d’un chargement de déchets en Lettonie.
Inspection d’un chargement de déchets en Lettonie.
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Les criminels saisissent les occasions suscitées par la baisse de la surveillance

Compte tenu de la réaffectation de nombreuses ressources des services chargés de l’application de la loi dans le cadre de la lutte contre la pandémie, les criminels ont rapidement exploité les vulnérabilités croissantes en matière de sécurité environnementale et de réduction des risques de détection.

En Indonésie, les autorités ont repéré 65 déversements d’hydrocarbures et détenu deux navires qui tentaient d’échapper à toute détection en éteignant leur système de géolocalisation et en dissimulant leur pavillon.

Un important réseau criminel de trafic de déchets plastiques entre l’Europe et l’Asie a été mis en lumière, suscitant une coopération entre autorités des deux régions. Jusqu’à présent, cette coopération a permis d’arrêter 22 suspects et d’empêcher le transport illégal de milliers de tonnes de déchets vers l’Asie, où ces déchets auraient très certainement été déversés, contaminant les sols et suscitant une pollution marine considérable.

Plusieurs pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique ont signalé des chargements illégaux de métaux contaminés ou de mélanges de déchets de métaux faussement déclarés comme étant de la ferraille. Dans un cas, les garde-côtes italiens ont saisi et empêché le chargement de 11 000 tonnes de ferraille mélangée à du plastique, du caoutchouc, des huiles minérales et d’autres polluants sur des vraquiers à destination de la Turquie. La Namibie, les Philippines et la Croatie ont également signalé des chargements de déchets illégaux en provenance d’Europe.

La tendance est aux objets jetables liés au COVID-19, notamment les masques et les gants. L’opération a abouti à l’ouverture de 13 enquêtes impliquant des déchets médicaux.

En raison de l’augmentation de la valeur de l’or, les services chargés de l’application de la loi en Afrique, en Amérique du Sud et centrale s’efforcent de repérer les exploitations minières illégales, qui sont souvent à l’origine d’une contamination dévastatrice en raison des rejets de mercure.

« Bien qu’il s’agisse de la troisième édition de l’opération 30 jours en mer, ce n’est jamais le même exercice ». Jürgen Stock, Secrétaire général d’INTERPOL

Le Secrétaire général d’INTERPOL, M. Jürgen Stock, a déclaré : « La menace de la criminalité liée à la pollution est en constante évolution, mettant en danger l’air que nous respirons, l’eau et le sol. Bien qu’il s’agisse de la troisième édition de l’opération 30 jours en mer, ce n’est jamais le même exercice. »

« C’est grâce à un réseau mondial, mais souple que nous avons pu constater une augmentation du nombre d’inspections, qui a presque doublé depuis la première édition de l’opération. Il s’agit là d’un signe clair que la communauté internationale ne tolérera pas les attaques criminelles sur notre environnement. »

INTERPOL aidera les pays membres dans le cadre de leurs opérations de suivi et de l’analyse des renseignements, avec le soutien de son Groupe de travail sur la criminalité liée à la pollution.

30 Days at sea - 2 - Progression

S’unir pour un impact plus important

Outre la coordination mondiale de l’opération gérée par le programme Sécurité environnementale d’INTERPOL, Europol et FRONTEX (Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes) ont offert un soutien inestimable en s’occupant de la coordination de la partie européenne de l’opération 30 jours en mer 3.0, dans le cadre du plan d’action d’EMPACT sur la criminalité environnementale.

La Directrice exécutive d’Europol, Catherine De Bolle, a déclaré : « La pollution marine représente une menace sérieuse, qui met en danger, non seulement l’environnement, mais aussi notre santé et, sur le long terme, notre économie mondiale. Les criminels ne se préoccupent pas de l’environnement ; ils ne pensent pas à demain, mais uniquement à accroître leurs profits sur le dos de notre société. Les efforts concertés des services chargés de l’application de la loi tels que l’opération 30 jours en mer sont essentiels pour lutter contre ces infractions sans frontières et protéger notre héritage environnemental pour les générations à venir. »

Le Directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri, a déclaré : « La criminalité environnementale est l’une des nombreuses activités criminelles contre lesquelles Frontex lutte dans le cadre de sa mission en tant qu’Agence européenne des garde-frontières et des garde-côtes. Il s’agit de notre contribution à la protection de l’environnement. Je suis fier que, dans le cadre de l’opération 30 jours en mer, les actifs aériens et maritimes de Frontex aient contrôlé près de 1 000 navires ».

Les trois éditions de l’opération 30 jours en mer ont été menées à bien grâce au financement de l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD).

Pays participants

Pays participants : Afrique du Sud, Allemagne, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Bangladesh, Bénin, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Bulgarie, Cameroun, Canada, Chili, Chine, Chypre, Côte d’Ivoire, Croatie, Équateur, Espagne, États-Unis, Éthiopie, Fidji, Finlande, France, Géorgie, Ghana, Grèce, Guatemala, Guinée-Bissau, Honduras, Inde, Indonésie, Irlande, Israël, Italie, Kenya, Koweït, Lettonie, Libéria, Malaisie, Maldives, Malte, Namibie, Nigéria, Norvège, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, Qatar, République démocratique du Congo, République de Corée, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Sénégal, Suède, Tanzanie, Thaïlande, Timor-Leste, Ukraine, Uruguay, Viet Nam, Zimbabwe