Calendrier : 2022 - 2026
Budget : 7 millions d’USD
Donateur : Safe Online
Contexte
Dans notre société numérique en constante évolution, Internet fait partie intégrante de la vie des enfants et leur permet de communiquer, d’apprendre et de s’amuser. Toutefois, ces possibilités s’accompagnent de risques graves pour leur sécurité et leur bien-être.
Malgré une présence accrue des enfants sur le Web, peu de données existent sur leur façon d’interagir avec les technologies numériques. Il est donc difficile de prévenir l’exploitation et les abus pédosexuels en ligne et d’y faire face. Ainsi, il devient urgent d’acquérir une compréhension globale et fondée sur les preuves de ces infractions, notamment aux niveaux national et régional.
Le projet
Le projet Disrupting Harm (« Prévenir le danger ») a été créé pour palier directement ce manque de données. C’est un projet de recherche innovant et intersectoriel qui apporte des preuves de qualité sur l’exploitation et les abus pédosexuels facilités par les technologies. Lancé en 2019 et financé par Safe Online à hauteur de 15 millions d’USD, le projet repose sur des recherches menées conjointement par ECPAT International, INTERPOL et UNICEF Office of Strategy and Evidence – Innocenti.
Grâce à une méthodologie de recherche unique, pensée par les trois partenaires, le projet a pour objet de savoir quand et comment les technologies sont utilisées pour faciliter les abus. Il s’appuie sur le point de vue des enfants, des victimes, des parents, des agents des services chargés de l’application de la loi, des professionnels de la justice et des agents de première ligne.
En prenant en compte des expériences et perspectives multiples, Disrupting Harm met en évidence des domaines prioritaires d’action pour les gouvernements, l’industrie, les organisations de défense des droits des enfants et autres acteurs. Le projet accorde notamment une grande importance au dialogue avec les enfants et avec les personnes ayant une expérience concrète afin de contribuer à créer un monde numérique plus sûr pour tous les enfants.
En 2022, la phase initiale du projet a été mise en œuvre dans 13 pays d’Asie du Sud-Est, d’Afrique australe et d’Afrique de l’Est et a été couronnée de succès. Le projet a déjà entraîné des changements législatifs et politiques visant à mieux protéger les enfants et a inspiré toute une série d’interventions au niveau national.
Néanmoins, un long chemin reste à parcourir. Les violences sexuelles à l’encontre des enfants commises au moyen des technologies sont une forme de criminalité faisant fi des frontières. Les technologies numériques continuent d’évoluer, sans suffisamment prendre en compte leurs effets sur les droits des enfants. Le succès de la phase 1 du projet a conduit Safe Online à renouveler son engagement et à proposer de nouveaux financements en vue d’effectuer des recherches supplémentaires dans 12 pays d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Europe et d’Asie centrale, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, et d’Asie du Sud.
Activités menées dans le cadre du projet
La méthode de recherche du projet Disrupting Harm s’appuie sur plusieurs activités :
- Analyser les lois et politiques nationales relatives à l’exploitation et aux abus pédosexuels en ligne.
- Effectuer des enquêtes sur les ménages, représentatives au niveau national, auprès d’enfants utilisant Internet et des personnes qui en ont la charge.
- Collaborer avec les services nationaux chargés de l’application de la loi pour comprendre leurs capacités à lutter efficacement contre la pédocriminalité.
- S’entretenir avec des enfants victimes d’exploitation et d’abus sexuels sur Internet ou avec des jeunes gens qui l’ont été durant leur enfance.
- S’entretenir avec des prestataires de services de première ligne et des professionnels de la justice qui travaillent sur des cas d’exploitation et d’abus pédosexuels sur Internet pour comprendre leurs pratiques, leurs capacités et leurs besoins.
Actualités du projet
Phase 2
En 2022, la phase 2 de Disrupting Harm a été lancée avec la participation de 12 nouveaux pays : l’Arménie, le Brésil, la Colombie, la Jordanie, la Macédoine du Nord, le Maroc, le Mexique, le Monténégro, le Pakistan, la République dominicaine, la Serbie et la Tunisie.
L’inclusion de nouvelles régions offre une occasion unique d’approfondir notre compréhension de l’exploitation et des abus pédosexuels sur Internet, et de promouvoir une approche plus globale et fondée sur des preuves pour faire face à ce fléau.
Le nouvel investissement de 7 millions de dollars de Safe Online permettra d’effectuer un solide travail de recherche sur l’exploitation et les abus pédosexuels en ligne en collaboration avec des organisations nationales spécialisées.
Dans cette seconde phase du projet, INTERPOL et ses bureaux centraux nationaux (BCN) coopèrent avec les services chargés de l’application de la loi et d’autres parties prenantes clés pour faciliter les visites sur le terrain en vue de mieux comprendre l’action répressive menée actuellement dans chaque pays.
D’ici à 2026, Disrupting Harm aura généré des données nationales dans 25 pays, dans six régions du monde. Le projet aura également permis de créer des feuilles de route fondées sur des données probantes afin d’aider ces pays à prévenir l’exploitation et les abus pédosexuels en ligne et à y faire face, contribuant ainsi à la création d’un monde plus sûr pour tous les enfants, à la fois sur Internet et dans le monde réel.
Les rapports sur la phase 1 pour chaque pays et les actualités de la phase 2 de Disrupting Harm se trouvent à l’adresse suivante : Safe Online - Disrupting Harm
Dotée d’un budget de 7,5 millions d’USD, la première phase du projet a été mise en œuvre entre 2019 et 2022 dans 13 pays d’Asie du Sud-Est, d’Afrique australe et d’Afrique de l’Est.
Principales conclusions de la première phase :
- Au niveau national, entre 1 % et 20 % des enfants ont été exposés d’une manière ou d’une autre à des situations manifestes d’exploitation et d’abus pédosexuels évidents sur Internet dans l’année précédant l’enquête. Rapportées à l’ensemble des enfants utilisateurs d’Internet, ces estimations représentent des millions d’enfants dans chaque pays.
- Les abus sexuels impliquent souvent un mélange d’interactions en ligne et en personne, brisant ainsi le mythe selon lequel ils se limiteraient au monde numérique.
- Plus d’un tiers des enfants n’ont pas parlé des abus sexuels dont ils ont été victimes, près de la moitié d’entre eux déclarant ne pas savoir où demander de l’aide. En moyenne, seuls 3 % des enfants ont signalé ces infractions aux services chargés de l’application de la loi ou à des lignes d’assistance téléphonique.
- Dans la plupart des pays, les prestataires de services de première ligne ne sont pas bien équipés pour venir en aide aux victimes.
- Les unités de police spécialisées dans la lutte contre l’exploitation et les abus pédosexuels sur Internet jouent un rôle crucial dans l’amélioration des réponses nationales et mondiales.
- L’exploitation et les abus pédosexuels en ligne sont étroitement liés à un risque accru d’automutilation et d’idées suicidaires dans sept pays participant à Disrupting Harm. Qu’un enfant ait ou non été victime de violence physique, le fait d’être victime d’exploitation et d’abus pédosexuels en ligne augmente encore davantage le risque de troubles de la santé mentale.
Grâce aux efforts déployés par les parties prenantes et les partenaires nationaux, les conclusions et recommandations formulées à l’issue de la première partie du projet de recherche Disrupting Harm ont servi de socle à d’importants changements politiques et législatifs :
- En Malaisie, le gouvernement a modifié la loi de manière à criminaliser le chantage sexuel et la retransmission en direct d’abus pédosexuels, conformément aux recommandations du projet Disrupting Harm.
- L’Indonésie s’est appuyée sur les enseignements apportés par Disrupting Harm pour élaborer une feuille de route nationale sur la protection en ligne des enfants dans le cadre d’un décret présidentiel. Cette initiative a donné lieu à des révisions des normes nationales, à des modules de formation pour les services de protection de l’enfance et à la création d’une plateforme en ligne destinée à sensibiliser les enfants à la violence et à la sécurité en ligne.
- La Tanzanie a intégré les conclusions et recommandations du projet dans des supports d’enseignement et de formation conçus par les unités du ministère de la Santé, du Développement communautaire, des Questions de genre, des Personnes âgées et des Enfants.
Pour plus d’informations sur les résultats de la première phase du projet Disrupting Harm, à savoir des données, des infographies et des vidéos, veuillez consulter l’adresse suivante : Safe Online - Conclusions.