BRUXELLES (Belgique) – INTERPOL et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ont rassemblé les principales parties prenantes du secteur en vue d’intensifier la coopération internationale contre la fraude, en amont du Sommet mondial sur la fraude organisé le mois prochain à Vienne, les 16 et 17 mars.
L’événement, intitulé « Démasquer la fraude : une analyse approfondie avant le Sommet mondial sur la fraude », a réuni des représentants d’institutions européennes, de services nationaux chargés de l’application de la loi et d’organisations internationales afin d’évaluer les nouvelles tendances en matière de fraude et de coordonner les activités de préparation.
L’ampleur et la complexité de la fraude continuent de croître, et sa portée transfrontalière ne cesse de s’étendre. D’après l’édition 2024 du rapport INTERPOL sur l’évaluation des escroqueries financières au niveau mondial, la fraude moderne est de plus en plus organisée, axée sur la technologie et liée à d’autres formes de criminalité transnationale telles que l’hameçonnage, les escroqueries aux placements, l’usurpation d’identité ou la fraude par hypertrucage, lesquelles ciblent en général simultanément les utilisateurs individuels, les entreprises et les institutions publiques.
Les discussions à Bruxelles ont porté sur les lacunes opérationnelles et les problèmes de compétence, et ont évoqué la nécessité de coordonner le partage de renseignements pour lutter contre les nouvelles menaces en matière de fraude, notamment la fraude numérique ou transfrontalière liée à la criminalité organisée.
La réunion, organisée à la Maison des Nations Unies, a été ponctuée par des interventions de la Commission européenne, du ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni, d’INTERPOL et de l’ONUDC.
Roraima Andriani, la représentante spéciale d’INTERPOL auprès de l’Union européenne, a souligné les dimensions économique et humaine de la fraude :
« La fraude commence par un message, un appel, un moment de confiance – pour ensuite coûter plus que de l’argent : elle vole la tranquillité d’esprit. Derrière chaque statistique se cache une personne brisée par la tromperie.
« La fraude est devenue l’une des formes de criminalité les plus courantes de notre époque. Elle se joue des frontières, ne cesse d’exploiter la technologie et touche des millions de personnes dans le monde entier. »
Les participants ont souligné l’importance d’harmoniser les cadres réglementaires, de renforcer les capacités en matière de criminalistique numérique et d’améliorer les mécanismes d’aide aux victimes.
Ils ont également appelé à une collaboration institutionnalisée et durable – non seulement entre les services chargés de l’application de la loi, mais également avec les établissements financiers, les plateformes technologiques et la société civile.
Le Sommet mondial sur la fraude, qui se tiendra à Vienne, rassemblera dans un cadre unifié des ministres, de hauts responsables des services chargés de l’application de la loi, des représentants de la société civile et du monde universitaire ainsi que des leaders du secteur privé, aux fins de la lutte contre la fraude.