VIENNE (Autriche) – Le Sommet mondial sur la fraude s’est conclu par des appels au renforcement de la coopération mondiale pour combattre l’une des formes de criminalité qui connaît la croissance la plus rapide, touchant des millions de particuliers et d’entreprises dans le monde entier.
Sous l’effet des progrès technologiques fulgurants, la fraude est devenue une activité mondiale de plus en plus élaborée et hautement organisée.
La technologie a été au cœur des discussions lors de cet événement de deux jours (les 16 et 17 mars), avec des outils tels que l’IA générative (notamment l’hypertrucage (deepfake) vidéo, image ou audio) et les agents conversationnels, qui permettent aux malfaiteurs de se faire passer plus facilement pour des personnes de confiance afin d’escroquer leurs victimes.
La fraude, une crise sécuritaire mondiale
Le directeur exécutif des Partenariats et de la Planification à INTERPOL, M. Darrin Jones, a déclaré :
« Comme nous l’avons entendu ces deux derniers jours, la fraude est devenue l’une des formes de criminalité transnationale organisée qui connaît la croissance la plus rapide et qui est la plus répandue ; elle touche des millions de victimes et génère d’énormes profits illicites pour les réseaux criminels organisés . »
« Des milliers de particuliers et d’entreprises en ont été victimes pendant que nous étions réunis ces deux jours. Cependant, nos discussions et nos échanges nous ont permis d’avoir une vision plus claire du rôle que chacun d’entre nous peut jouer et de la manière dont nous pouvons, ensemble, faire plus. »
Selon l’Alliance mondiale de lutte contre les escroqueries (Global Anti-Scam Alliance), les pertes mondiales dues à la fraude organisée et aux escroqueries sont estimées à 442 milliards de dollars des États-Unis, ce qui souligne l’ampleur et l’urgence du problème.
Engagements concrets
Plus de 1 300 participants représentant des gouvernements, des services chargés de l’application de la loi, des entreprises de technologie, des institutions financières et des organisations de la société civile ont assisté à ce sommet, lequel a été organisé conjointement par INTERPOL et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avec le soutien du Canada, de Singapour et du Royaume-Uni.
Le sommet, qui a coïncidé avec la publication de la deuxième édition du rapport d’INTERPOL sur l’évaluation des menaces liées aux escroqueries financières au niveau mondial, s’est conclu par des engagements concrets des participants, résolus à renforcer la coopération et à démanteler les systèmes facilitant la fraude.
Les représentants de 47 pays et organisations se sont engagés à prendre des mesures spécifiques et à rendre compte des progrès réalisés dans la mise en œuvre des initiatives.