LYON (France) – L’ONG internationale Hope for Justice est devenue la première organisation du secteur humanitaire à avoir mis en œuvre des contrôles de protection via un canal dédié dans le cadre du projet Soteria d’INTERPOL, à l’occasion d’une visite au siège de l’organisation mondiale de police pour faire le point sur l’évolution de la coopération opérationnelle.
Le projet Soteria offre aux organisations humanitaires un canal spécial pour repérer les auteurs d’exploitation, d’abus et de harcèlement sexuels (EAHS) et les dissuader de postuler.
Les organisations humanitaires et de développement menant de plus en plus souvent des activités transfrontalières, leurs processus de recrutement peuvent permettre aux auteurs d’infractions de changer de poste et de pays sans être repérés.
Le projet Soteria a été conçu pour faire face à cette situation en renforçant l’échange d’informations entre le secteur humanitaire et les services chargés de l’application de la loi, tout en garantissant que l’ensemble des contrôles sont réalisés dans le respect des normes internationales en matière de protection des données et de droits humains.
À la suite de la conclusion d’un accord de coopération en 2024 entre INTERPOL et Hope for Justice, les premiers contrôles pilotes ont été effectués en mai 2025, permettant à l’ONG internationale de téléverser via une plateforme sécurisée des informations sur les candidats sélectionnés, lesquelles font ensuite l’objet de vérifications par des analystes en données criminelles d’INTERPOL dans les bases de données de l’Organisation et les réseaux des pays membres.
Elaine Jones, directrice des opérations au sein de Hope for Justice, a déclaré :
« Nous sommes déterminés à protéger les personnes vulnérables, notamment les adultes qui ont survécu à la traite d’êtres humains et les enfants hébergés dans nos refuges – que nous appelons les « phares ». Beaucoup de ces enfants ont déjà été victimes d’exploitation ou d’abus. Lorsqu’ils arrivent chez nous, ils méritent d’être sûrs qu’ils sont en sécurité. Ils méritent qu’on s’occupe d’eux. Et ils méritent d’avoir la certitude absolue qu’ils sont à l’abri de tout nouveau danger. C’est pourquoi, pour nous, la mise en œuvre de procédures de recrutement sûres n’est pas une simple formalité administrative, mais une responsabilité en matière de protection. Nous sommes fiers de nous associer à INTERPOL pour instituer ce nouveau dispositif de protection très efficace. »
Neil Wain, conseiller principal en matière de sécurité et de protection au sein de Hope for Justice, a pour sa part indiqué :
« En tant qu’organisation soutenant activement les personnes qui ont survécu aux abus et à l’exploitation, et ont subi l’esclavage moderne ainsi que la traite d’êtres humains, Hope for Justice est pleinement consciente des moyens utilisés par les auteurs de ces crimes pour approcher leurs victimes en se faisant passer pour des acteurs du secteur humanitaire. Grâce aux contrôles préalables à l’embauche effectués via la plateforme sécurisée du projet Soteria, nous renforçons nos mesures de protection existantes et améliorons notre riposte à l’exploitation, aux abus et au harcèlement sexuels.
Cela reflète notre politique de tolérance zéro vis-à-vis de ces actes, ainsi que notre engagement à prendre des mesures concrètes. »
David Caunter, directeur de la lutte contre la criminalité organisée et les nouvelles formes de criminalité à INTERPOL, a ensuite ajouté :
« Cette étape importante montre à quel point des partenariats solides entre les services chargés de l’application de la loi et le secteur humanitaire peuvent combler les failles que les délinquants cherchent à exploiter. En collaborant dans le cadre du projet Soteria, nous renforçons la prévention, favorisons des pratiques de recrutement plus sûres et contribuons à garantir que les personnes qui travaillent auprès des groupes vulnérables possèdent les plus hautes qualités d’intégrité. »
Note aux rédacteurs
Le projet Soteria, mis en œuvre par INTERPOL et financé par le Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni (FCDO), aide les organisations à renforcer leurs mesures de protection tout en améliorant les capacités des services chargés de l’application de la loi à mener des enquêtes transfrontalières sur l’exploitation et les abus sexuels ainsi que la violence fondée sur le genre.
Hope for Justice œuvre à l’échelle internationale pour lutter contre l’esclavage moderne et la traite d’êtres humains par un soutien aux survivants, des programmes de prévention, des formations et des réformes politiques. L’organisation est présente au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Éthiopie, en Ouganda et en Australie.
