Une opération de sécurité des frontières en Afrique de l’Ouest cible les combattants terroristes étrangers

19 novembre 2025
L’opération visait à suivre les déplacements de suspects liés au terrorisme aux frontières terrestres, aériennes et maritimes.

LYON (France) – Une opération de sécurité des frontières coordonnée par INTERPOL en Afrique de l’Ouest a abouti à 62 arrestations et à la saisie d’un grand nombre de munitions, d’explosifs, d’armes à feu, de drogues, de médicaments de contrefaçon et de véhicules volés.

L’opération SCREEN Afrique de l’Ouest 2025 (juillet - octobre) a rassemblé les services chargés de l’application de la loi de 12 pays d’Afrique de l’Ouest afin de renforcer la sécurité des frontières, suivre les personnes liées au terrorisme et démanteler des réseaux transnationaux de criminalité organisée. Des agents de première ligne aux frontières terrestres, aériennes et maritimes ont utilisé les dispositifs mobiles INTERPOL et d’autres systèmes afin d’accéder aux vastes bases de données mondiales de l’Organisation et ont ainsi procédé à un total de 1,7 million de vérifications en temps réel, contre 1,3 million en 2024.

Preview and photo 1. Gambia Boat check.png
0fficers carried out checks on boats in the Gambia River estuary near the port of Banjul
2. Airport checks.png
Checks were also conducted at airports, including here at Murtala Muhammed International Airport in Lagos, Nigeria
3. Land border checks.png
A land border check point in Gambia
4. Vehicle check.png
National and Judicial Police officers in Cabo Verde conducting vehicle inspections at the port of Boa Vista on Boa Vista island
5.IMD checks.png
Officers used INTERPOL Mobile Devices to carry out document checks
6. Cargo checks.png
Officers from multiple agencies carried out checks on cargo arriving at Tincan port on Tincan Island in Nigeria
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INTERPOL Notices lead to the arrest of suspected terrorists

Au total, l’opération SCREEN Afrique de l’Ouest 2025 a abouti à l’arrestation de neuf personnes suspectées d’avoir un lien avec le terrorisme. Elle a également permis de générer près de 250 correspondances dans les bases de données d’INTERPOL, dont sept liées à des notices rouges et neuf en lien avec des notices bleues faisant état d’activités terroristes.

L’un des succès les plus notables de l’opération est l’arrestation au Burkina Faso de deux personnes recherchées par les services chargés de l’application de la loi et faisant l’objet de notices bleues publiées à la demande de la Côte d’Ivoire. Ces deux personnes avaient participé à l’attentat terroriste perpétré par le groupe terroriste JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) affilié à Al-Qaida, ayant causé la mort de plus de 10 membres des forces de sécurité en Côte d’Ivoire en 2020.

Les notices bleues sont des demandes entre pays membres pour des informations supplémentaires concernant l’identité, la localisation ou les activités d’une personne en lien avec une enquête judiciaire. Ces arrestations permettront aux services chargés de l’application de la loi de faire avancer l’enquête sur l’attentat meurtrier.

Des agents au Burkina Faso ont également arrêté un troisième individu connu pour avoir des liens avec le terrorisme. Il faisait aussi l’objet d’une notice bleue publiée à la demande du Togo en 2024 au cours de l’opération FIRST (Facial Imaging, Recognition, Searching and Tracking - imagerie et reconnaissance faciales, recherche et suivi de visages), une autre opération INTERPOL ayant eu lieu en Afrique de l’Ouest et axée sur l’identification de terroristes présumés et sur le suivi des notices bleues.

En Mauritanie, six individus ont été arrêtés pour leurs liens présumés avec un attentat terroriste. Le pays a demandé la publication de notices bleues pour obtenir plus d’informations sur ces suspects.

Cyril Gout, directeur exécutif par intérim des Services de police d’INTERPOL, a déclaré :

« Ces affaires montrent comment le soutien opérationnel que nous apportons aux pays membres et nos outils spécialisés uniques peuvent révéler des liens qui permettent d’identifier des terroristes présumés et de contrecarrer leurs tentatives visant à semer la peur et à mettre en danger les communautés. Nous sommes déterminés à combattre ces menaces et à travailler en permanence avec nos pays membres pour renforcer la sécurité mondiale. »

Des agents au Ghana ont également réussi à libérer 21 victimes de la traite d’êtres humains, qui avaient été détenues au Nigéria et exploitées aux fins de pratiques frauduleuses.

 

L’opération a également permis d’effectuer des contrôles dans les ports et dans les eaux territoriales. INTERPOL a alerté les pays participants au sujet de navires recourant à des pratiques trompeuses, telles que la falsification d’identité, la navigation « tous feux éteints », dans le cadre de laquelle les navires désactivent délibérément leurs systèmes d’identification, et les changements fréquents de pavillon.

Dans le cadre de cette opération, ont notamment été saisis :

•    17 caches d’armes et de munitions ;
•    des explosifs, y compris de la dynamite et des détonateurs ;
•    136 véhicules volés ;
•    731 kg de cannabis ;
•    des faux médicaments, dont des comprimés antidouleur opioïdes de contrefaçon ;
•    des fausses monnaies et des documents frauduleux.

Le produit de la vente de nombreux de ces éléments peut servir à financer le terrorisme ou des activités criminelles organisées.

Note aux rédacteurs

Les 12 pays participants étaient le Bénin, le Burkina Faso, Cabo Verde, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, le Libéria, la Mauritanie, le Nigéria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

L’opération SCREEN Afrique de l’Ouest 2025 a été financée par le ministère des Affaires étrangères de l’Allemagne, le ministère des Affaires étrangères du Danemark et le Bureau chargé des aspects internationaux de la lutte antidrogue et de la répression (INL) du Département d’État des États-Unis dans le cadre des projets I-CT Shield, WATA et AGWE.