Afrique de l’Est : détection de suspects et de produits chimiques servant à fabriquer des bombes lors d’une opération antiterroriste INTERPOL menée aux frontières

17 mai 2021
Des arrestations et des saisies ont été opérées dans le cadre d’une initiative axée sur les frontières ciblant les terroristes et les malfaiteurs en Afrique de l’Est.

LYON (France) – Une opération coordonnée par INTERPOL, visant au renforcement de la capacité des agents de première ligne en poste aux frontières aériennes, maritimes et terrestres à repérer les terroristes ou malfaiteurs potentiels parmi les voyageurs, s’est déroulée au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Sachant que les réseaux terroristes locaux et régionaux mettent à profit les frontières non sécurisées, l’opération Simba III (19 - 28 mars) a permis aux autorités ougandaises de saisir au poste-frontière de Mutukula quelque 25 kg de nitrate d’ammonium et d’autres substances dont les terroristes se servent pour fabriquer des engins explosifs improvisés.

Quelque 4,6 millions de vérifications ont été effectuées aux postes-frontières dans les bases de données mondiales d’INTERPOL, notamment en Ouganda.
Quelque 4,6 millions de vérifications ont été effectuées aux postes-frontières dans les bases de données mondiales d’INTERPOL, notamment en Ouganda.
Les autorités kényanes ont contrôlé des chargements aux postes-frontières.
Les autorités kényanes ont contrôlé des chargements aux postes-frontières.
Les autorités aéroportuaires ont interrogé les bases de données mondiales d’INTERPOL lors du contrôle des passagers, par exemple en Tanzanie.
Les autorités aéroportuaires ont interrogé les bases de données mondiales d’INTERPOL lors du contrôle des passagers, par exemple en Tanzanie.
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Environ 4,6 millions de vérifications ont été effectuées aux postes-frontières dans les bases de données mondiales d’INTERPOL, aboutissant à l’identification d’hommes et de femmes recherchés pour terrorisme et d’autres infractions graves, et mettant ainsi en évidence le lien fréquent entre l’activité terroriste et d’autres domaines de criminalité.

Identification de personnes recherchées

Plusieurs personnes faisant l’objet de notices rouges INTERPOL (avis de recherche internationaux) pour des infractions au nombre desquelles figuraient l’escroquerie, le meurtre, le trafic de stupéfiants, le vol à main armée et des infractions financières ont été identifiées, ce qui a entraîné l’ouverture d’enquêtes dans plusieurs pays.

À l’aéroport international Moi de Mombasa, les autorités kényanes ont arrêté une femme qui transportait 5,3 kg d’héroïne d’une valeur de quelque 137 000 USD. Elle était arrivée au Kenya en suivant un itinéraire présumé du trafic de stupéfiants reliant l’Afrique australe à l’Afrique de l’Est.

Les contrôles auxquels il a été procédé aux frontières ont également permis de repérer un individu recherché pour ses liens présumés avec le terrorisme, ainsi qu’une autre personne, recherchée quant à elle par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

Renforcer la sécurité régionale

Les vérifications effectuées pendant l’opération dans la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage volés et perdus (SLTD) ont donné plus de 700 résultats positifs. Les documents de voyage volés facilitent grandement les déplacements des terroristes, notamment des combattants terroristes étrangers revenant de zones de conflit.

« L’opération Simba III montre qu’il est important que les pays utilisent les nombreuses bases de données criminelles d’INTERPOL en des lieux stratégiques tels que les postes-frontières », a déclaré Gregory Hinds, Directeur de l’Antiterrorisme à INTERPOL.
« Avec ses outils et services de police, INTERPOL est déterminé à aider les pays de régions telles que l’Afrique de l’Est à faire face aux menaces particulières en matière de sécurité auxquelles ils sont confrontés, et à contribuer à rendre l’environnement plus sûr », a ajouté M. Hinds.

L’accès aux bases de données d’INTERPOL et à son système de communication mondial sécurisé (I-24/7) en des lieux stratégiques de premier plan a permis aux agents de première ligne des trois pays de disposer des renseignements nécessaires pour intercepter des malfaiteurs présumés.

« Il est important de souligner le rôle des opérations telles que Simba III s’agissant d’améliorer la sécurité des pays d’Afrique de l’Est. C’est avec le soutien d’INTERPOL que nous sommes en mesure de partager des renseignements permettant d’obtenir des résultats stratégiques, notamment des arrestations et des saisies intéressantes », a déclaré Agnes Kiprotich, Cheffe adjointe du Bureau central national INTERPOL du Kenya, à Nairobi.

Une action concertée

Le Secrétariat général d’INTERPOL, à Lyon (France), son Pôle antiterroriste régional (RCTN) pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe installé à Nairobi, et le Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation implanté à Singapour ont coordonné cette initiative qui s’est déroulée sur 10 jours.

Faisant ressortir la nécessité de mener contre le terrorisme une action internationale associant de nombreux acteurs, cette opération a réuni des services de police, des douanes et de la surveillance des frontières ainsi que des spécialistes de la lutte contre le terrorisme comme le Centre d’excellence antiterroriste de l’Organisation de coopération des chefs de police d’Afrique de l’Est (OCCPAE) implanté à Nairobi.

Illustration d’une coopération efficace entre la police et les douanes, cette opération est un bon exemple du partenariat entre INTERPOL et l’Organisation mondiale des douanes (OMD). En parallèle, le Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies (BLT-UNCCT) a apporté son expertise dans ses domaines de compétence et coorganisé des événements régionaux liés à l’initiative.

Dans le contexte de la pandémie, une centaine de services chargés de l’application de la loi ont pris part, en amont de l’opération, à une formation en ligne sur les outils et les services d’INTERPOL.

L’opération Simba III a été coordonnée avec le soutien financier de la Fondation INTERPOL pour un monde plus sûr.