Le forum conjoint INTERPOL-OACI souligne la nécessité de trouver un équilibre entre sécurité et confort des passagers

31 mai 2021
La coopération entre les secteurs public et privé est essentielle pour transférer en toute sécurité les données des passagers

LYON (France) – L’importance d’une simplification de la gestion des frontières au moyen de contrôles systématiques des données était au cœur du premier forum conjoint INTERPOL-OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) sur l’échange des données de passagers.

Réunissant des spécialistes de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale, des douanes, des migrations, des transports et des technologies de l’information et de la communication, cette rencontre de deux jours (27 et 28 mai) a fait ressortir la nécessité, pour les pays, de mettre en œuvre les systèmes de données RPCV (renseignements préalables concernant les voyageurs) et PNR (dossier passager).

Il a également été considéré comme primordial, pour la sécurité des frontières et pour éviter les goulets d’étranglement dans les aéroports, de veiller à ce que les données des passagers soient contrôlées le plus tôt possible, ce qui permet d’améliorer le confort des voyageurs ainsi que leur sécurité.

Pour ce faire, le forum a souligné que l’interopérabilité, la qualité des données et leur échange, ainsi qu’une compréhension et une interprétation communes de ces données par les différentes parties prenantes étaient des éléments essentiels.

La coopération entre les secteurs public et privé figure également au nombre des facteurs dont l’importance a été relevée s’agissant de garantir un transfert fluide et sécurisé des données des voyageurs.

Des frontières virtuelles

Le Secrétaire Général d’INTERPOL, Jürgen Stock, a déclaré que l’accès aux informations et leur échange relevaient d’une vision commune d’une « frontière virtuelle » qui établit un niveau fondamental de sécurité venant s’ajouter aux frontières physiques gardées par des hommes et des femmes en uniforme, grâce à une action multinationale et multisectorielle.

« Le partage d’une information importante, un simple contrôle effectué en première ligne peuvent suffire pour mettre au jour une menace potentielle visant le transport aérien.

« Il nous faut combler les failles qu’exploitent actuellement les malfaiteurs et les terroristes pour déstabiliser nos sociétés, et ce forum est une étape importante sur cette voie », a ajouté le Secrétaire Général Stock.

« L’OACI ne sous-estime nullement les défis auxquels font face les États pour mettre en œuvre les programmes d’échange de données relatives aux passagers, et nous espérons que ce forum a permis aux gouvernements de prendre la mesure du large soutien dont ils disposent, que ce soit de la part de l’OACI elle-même, de nos partenaires des Nations Unies, d’autres organisations internationales ou des nombreux États qui ont déjà cette expérience » a indiqué la Secrétaire Générale de l’OACI, Fang Liu.

« Par ailleurs, nous ne devons pas nous imaginer que les répercussions du COVID-19 empêchent les membres des groupes terroristes et de la criminalité transnationale organisée de chercher à se déplacer dans le monde entier pour se livrer à des actes criminels », a ajouté la Secrétaire Générale Liu.

Sécurité

La base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage volés et perdus – seule base mondiale de ce type – est une composante essentielle de la sécurité des frontières. Elle contient plus de 102 millions d’enregistrements concernant notamment des passeports, des cartes d’identité, des visas et des laissez-passer des Nations Unies, ainsi que des documents de voyage et d’identité volés vierges, révoqués et invalides.

En 2019, avant que la pandémie de COVID-19 ne limite les déplacements internationaux, près de 4 milliards de recherches ont été effectuées dans la base, donnant lieu à 272 914 signalements positifs.

Le forum conjoint INTERPOL-OACI s’inscrit dans le cadre d’une longue coopération entre les deux organisations qui a débuté avec la signature d’un protocole d’accord en 2000.