LYON (France) – Dix pays ont participé à un hackathon de trois jours, qui a permis de détecter des centaines d’incidents, d’adresses URL, d’identifiants d’utilisateurs et de numéros de téléphone potentiellement liés au trafic de migrants facilité par Internet.
L’opération CyberProtect II, menée au siège d’INTERPOL à Lyon du 15 au 17 octobre, a réuni 15 policiers d’Europe et d’Afrique du Nord en vue de détecter des activités en ligne en lien avec le trafic de migrants et d’enquêter à leur sujet, et ce, afin de démanteler les réseaux criminels opérant en Méditerranée.
Lors de l’opération, organisée conjointement par INTERPOL et Europol, les policiers des pays participants ont collaboré pour extraire des données provenant de sites Web, de plateformes de réseaux sociaux et d’applications de messagerie.
Dans le cadre d’activités policières, un « hackathon » consiste à réunir des experts qui se penchent sur un domaine spécifique de la cybercriminalité pendant une période limitée. Cette approche offre une occasion unique de coordonner des enquêtes transfrontalières, partager des compétences, mettre en commun des renseignements et découvrir de nouvelles pistes prometteuses.
Les premiers résultats de cette action de trois jours sont la découverte de :
- 269 identifiants d’utilisateurs uniques et adresses URL sur plusieurs plateformes de réseaux sociaux et de messagerie
- 79 facilitateurs et passeurs potentiels
- 175 incidents liés à des propositions et documents de voyage ou des conseils aux migrants
- 81 numéros de téléphone enregistrés dans 29 pays différents
- 14 documents de voyage et d’identité émis dans 11 pays différents
Ces données représentent des renseignements de qualité sur les personnes qui promeuvent, proposent, négocient, organisent ou facilitent la migration illégale en ligne. Il s’agit par exemple de :
- dizaines de comptes sur les réseaux sociaux promouvant ou proposant des traversées en bateau depuis la Turquie ou l’Afrique du Nord vers plusieurs pays européens.
- plusieurs comptes de messagerie proposant de faux passeports et pièces d’identité.
- groupes proposant des traversées à des prix très divers : de 1 400 EUR (France – Royaume-Uni) à 4 000 EUR (Grèce – France), et même jusqu’à 12 000 EUR (Libye – Italie).
- comptes et groupes de messagerie supprimés qui prodiguaient des conseils et itinéraires à des personnes cherchant à se rendre illégalement en Europe.
- nombreux résultats positifs concernant des numéros de téléphone, des noms d’utilisateurs ou autres données dans les bases de données d’INTERPOL et Europol.
David Caunter, à la tête de la direction Criminalité organisée et Nouvelles formes de criminalité d’INTERPOL, a déclaré :
« L’analyse d’INTERPOL montre que le trafic de migrants est de plus en plus facilité par des outils en ligne. Cette collaboration en temps réel offre à la police une occasion unique de lancer de nouvelles enquêtes et de recueillir des renseignements vitaux qui seront utilisés pour ouvrir de nouvelles affaires et étayer les dossiers en cours. Ce travail est crucial pour aider les pays membres d’INTERPOL à démanteler les réseaux criminels qui profitent des personnes vulnérables et les mettent en danger ».
Lors de l’opération Cyberprotect II, les policiers participants avaient accès aux capacités d’INTERPOL en matière de reconnaissance faciale et d’analyse criminelle et cybercriminelle. Des centaines de points de données, dont 176 images faciales, ont aussi fait l’objet de comparaisons dans les bases de données d’INTERPOL.
Europol a envoyé un spécialiste et un analyste à Lyon durant cet exercice, et une équipe d’experts en renseignement de sources ouvertes a également apporté son soutien depuis le siège d’Europol à la Haye.
Note aux rédacteurs
L’opération a été co-organisée par INTERPOL et Europol, avec le soutien de META, S2W et l’Université de Malte. Elle a été financée par l’UE dans le cadre du projet Himaya, et par Europol.
Pays participants :
Chypre, Espagne, France, Italie, Libye, Maroc, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Tunisie