12 vœux : hier et aujourd’hui

En 1914, les autorités de police ont exprimé leur volonté de coopération future. Leurs vœux et priorités sont aujourd’hui toujours d’actualité.

Vue générale

Premier Congrès

Les participants au premier Congrès international de police judiciaire, qui s’est tenu à Monaco en 1914, ont émis 12 vœux pour l’avenir de la coopération policière internationale. Bien que le monde ait fortement évolué en un siècle, nos activités s’appuient toujours sur ces principes qui illustrent la clairvoyance de nos ancêtres.

La réunion rassemble des policiers et représentants des autorités judiciaires de 24 pays afin d’instaurer une coopération en matière de résolution des affaires criminelles, s’agissant notamment des procédures d’arrestation et d’extradition, des techniques d’identification et de la centralisation des fichiers de police.

Sont répertoriés ci-après quelques-uns des objectifs définis lors de la réunion de 1914 et les activités que nous menons aujourd’hui en ce sens.

Relier les polices

INTERPOL

1914

Le Congrès émet le vœu d’améliorer les rapports directs de police à police entre les différents pays afin de faciliter les enquêtes transfrontalières.

Aujourd’hui

Les Bureaux centraux nationaux (B.C.N.) sont devenus le moteur d’INTERPOL. Ils font office de points de contact lors de nos activités sur le terrain, reliant ainsi les autorités de police nationales et notre réseau mondial de pays membres.

Les B.C.N. coopèrent entre eux dans le cadre d’enquêtes et d’opérations transnationales, ainsi que pour procéder à des arrestations et échanger quotidiennement des informations policières cruciales. Nous réunissons également les agents de police et experts à l’occasion de réunions opérationnelles, de groupes de travail et de conférences, ce qui leur permet d’échanger sur des problématiques communes et de partager leur expertise.

Communication

INTERPOL

1914

Le Congrès reconnaît la nécessité d’une communication efficace entre les pays afin de localiser et d’arrêter rapidement les malfaiteurs. Il exprime le souhait que les autorités judiciaires et de police bénéficient de la gratuité pour les envois postaux, les télégrammes et les appels téléphoniques internationaux.

Aujourd’hui

Les technologies de communication ont considérablement évolué au cours du siècle écoulé. En 1935, nous lançons notre premier réseau radiophonique international, offrant aux autorités nationales de police judiciaire un système de télécommunication indépendant réservé à leur usage exclusif.

Le code Morse appartient définitivement au passé puisque les autorités de police du monde entier sont désormais reliées par notre système sécurisé de communication policière I-24/7. Ce réseau est utilisé pour transmettre des millions de messages chaque année et donne aux B.C.N. un accès en temps réel à toutes nos bases de données. En 1914, la police aurait eu du mal à imaginer l’ampleur des évolutions intervenues dans ce domaine.

Langues

1914

International police bodies

Le Congrès reconnaît la nécessité de choisir une langue commune afin d’harmoniser la communication entre les pays. Le français est désigné comme langue internationale, l’espéranto étant mentionné comme une possible solution pour l’avenir, à condition que son usage se répande suffisamment.

Aujourd’hui

Bien que l’espéranto n’ait jamais été adopté, le français demeure langue officielle, avec l’anglais, l’espagnol (1955) et l’arabe (1999). Notre personnel se caractérise par une grande diversité linguistique, avec près de 100 nationalités représentées au Secrétariat général et dans ses Bureaux régionaux.

De plus, le personnel du Centre de commandement et de coordination est polyglotte, ce qui lui permet de communiquer efficacement avec les pays membres.

Formation

INTERPOL

1914

La formation est jugée essentielle, qu’il s’agisse de former les étudiants en droit aux techniques de police scientifique ou les policiers aux techniques d’enquête.

Aujourd’hui

La formation reste une priorité pour l’Organisation, qui propose des sessions sur divers thèmes, notamment l’utilisation de ses bases de données et services ou des domaines de criminalité et d’enquête spécifiques, auxquelles participent des milliers de personnes chaque année.

Identification des malfaiteurs

INTERPOL

1914

Étant donné que les malfaiteurs changent souvent d’apparence ou utilisent de faux documents d’identité pour leurs déplacements, le Congrès reconnaît la nécessité de recenser les « caractères biologiques » des malfaiteurs.

Aujourd’hui

L’expertise médico-légale et l’échange de données dans ce domaine sont désormais essentiels dans le cadre des enquêtes internationales car les malfaiteurs ont de plus en plus recours à de faux documents d’identité pour se déplacer. Grâce à nos bases de données médico-légales, les autorités de police peuvent confirmer ou infirmer l’identité d’une personne et relier des malfaiteurs à des scènes de crime dans le monde entier.  

À ce jour, nous possédons des bases de données sur les empreintes digitales, les profils ADN (depuis 2002) et la reconnaissance faciale (depuis 2016), qui donnent lieu à des milliers d’identifications chaque année. Nos ancêtres, qui relevaient les empreintes digitales avec de l’encre et du papier, n’auraient jamais pu imaginer un tel progrès technologique.

Normalisation des fichiers

INTERPOL

1914

Compte tenu de la diversité des systèmes de classification existants, le Congrès reconnaît la nécessité de créer un fichier international centralisé et normalisé.

Aujourd’hui

INTERPOL offre à ses pays membres un accès direct et instantané à tout un éventail de bases de données criminelles contenant des millions d’entrées. Ces bases de données contiennent des informations sur l’identité de malfaiteurs, sur des documents de voyage, des œuvres et des véhicules volés, sur des armes à feu, sur des caractéristiques biométriques et sur des images en lien avec l’exploitation sexuelle des enfants.

Le temps de réponse à une requête est inférieur à une seconde ! Pendant longtemps, nos fichiers étaient conservés au format papier et les données qu’ils contenaient étaient compilées et analysées manuellement puis classées dans des dossiers suspendus.

 

Extradition

INTERPOL

1914

La question de l’extradition est au centre des débats du Congrès, qui émet quatre vœux dans ce domaine. Les participants reconnaissent la nécessité d’élaborer un « traité modèle d’extradition », d’accélérer la transmission des demandes d’extradition et de pouvoir procéder à une arrestation provisoire sur la base d’une demande d’extradition.

Aujourd’hui

Aujourd’hui, la Notice rouge est sans doute notre outil le plus emblématique. Publiées à la demande des pays membres, les notices rouges ont pour objet la localisation et l’arrestation de personnes recherchées aux fins de leur extradition ou d’une action similaire conforme au droit. Chaque année, des milliers de notices rouges sont publiées puis transmises sous forme électronique à tous les pays via les réseaux policiers sécurisés.

Nous développons actuellement un système électronique visant à harmoniser et rationaliser les procédures d’extradition, qui s’appuient encore largement sur des méthodes traditionnelles telles que les envois postaux et les valises diplomatiques.