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24 septembre 2018

La coordination et le renseignement sont indispensables à la lutte contre la traite d’êtres humains et le trafic de migrants

ABUJA (Nigéria) – Des experts mondiaux venus de quelque 70 pays se sont réunis pour établir un front commun contre les groupes internationaux complexes responsables de la traite d’êtres humains et du trafic de migrants.

La 6ème Conférence mondiale d’INTERPOL sur la traite d’êtres humains et le trafic de migrants est organisée en coopération avec laNational Agency for the Prohibition of Traffic in Persons (Agence nationale contre le trafic d’êtres humains) du Nigéria, la Police du Nigéria et le Service nigérian de l’immigration.

Avec plus de 500 spécialistes des services chargés de l’application de la loi, des secteurs publics et privés et d’organisations non gouvernementales et internationales, cette conférence d’une durée de deux jours (24 et 25 septembre) influera sur le regard porté dans le monde sur :

  • les menaces et les tendances actuelles ;
  • les flux financiers qui accompagnent les infractions ;
  • le rôle essentiel des partenariats intersectoriels ;
  • les moyens de lever les obstacles aux poursuites ; et
  • l’utilisation de la technologie et des données dans le cadre des enquêtes.

Liens avec d’autres infractions

Les groupes qui se livrent à la traite d’êtres humains et au trafic de migrants ont souvent des liens avec d’autres formes de criminalité telles que le blanchiment de fonds, la fraude aux documents sécurisés, le trafic de stupéfiants, la cybercriminalité et le terrorisme.

Dans une allocution prononcée en son nom par M. Olusegun Adeyemi Adekunle, Bureau du Secrétaire du Gouvernement de la Fédération, le Président du Nigéria, M. Muhammadu Buhari, a souligné l’importance du lien entre traite d’êtres humains, trafic de migrants et corruption :

« Si nous ne luttons pas contre la corruption dans les économies en développement telles que la nôtre, le peu de ressources allouées au développement sera volé par quelques privilégiés, et notre jeunesse sera exposée à la pauvreté, et deviendra donc vulnérable à la traite et au trafic. »

La traite d’êtres humains et le trafic de migrants à l’ère du numérique

Les réseaux criminels organisés se sont saisis de la technologie et se servent d’Internet et des médias sociaux pour attirer des clients potentiels et faire connaître leurs services, qu’ils mettent ainsi littéralement au creux de la main de personnes vulnérables.

Le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Jürgen Stock, a déclaré que les trafiquants d’êtres humains vendent de faux espoirs à leurs victimes, avec, pour corollaire, l’exploitation, le danger, voire la mort.

« Des hommes, des femmes et des enfants sont déplacés d’un endroit à un autre comme des marchandises tandis que les trafiquants s’efforcent d’accroître encore leurs profits. Il s’agit là d’infractions terribles, qui ciblent des victimes vulnérables, et, pour lutter avec efficacité contre cette menace, il est essentiel que nous continuions à adopter une approche globale couvrant tous les secteurs », a déclaré le Secrétaire Général.

L’appui d’INTERPOL à ses pays membres

Durant l’année écoulée, les opérations Épervier, Libertad et Sawiyan pilotées par INTERPOL ont permis de secourir près d’un millier de victimes de la traite d’êtres humains et du trafic de migrants. Grâce à une démarche coordonnée faisant appel à une formation préopérationnelle et à la collaboration de polices nationales, d’ONG et de services sociaux, ces opérations se sont traduites par des capacités policières sur le long terme et une prise en charge adaptée des personnes secourues.

Plateforme neutre mondiale d’échange d’informations de police, INTERPOL permet aux policiers d’accéder en temps réel à des bases de données criminelles contenant des millions d’enregistrements sur des documents d’identité, des données biométriques et des personnes recherchées. Ses notices peuvent également permettre d’alerter les pays membres concernant des malfaiteurs en fuite, des modes opératoires ou des personnes disparues.

Cette année, le Groupe de travail mondial d’INTERPOL spécialisé dans la lutte contre la traite d’êtres humains a reçu le soutien des ministres de la Sécurité du G7. Ce groupe de travail est la cheville ouvrière d’un certain nombre d’initiatives qui apportent un soutien aux enquêtes, conduisent des analyses criminelles, dispensent des formations et organisent des ateliers régionaux dans les pays membres d’INTERPOL.

La Conférence mondiale d’Abuja sera suivie, les 26 et 27 septembre, de réunions du Groupe d’experts d’INTERPOL sur le trafic d’êtres humains et du Réseau opérationnel INTERPOL de spécialistes de la lutte contre le trafic de migrants. Ces groupes opérationnels jouent un rôle essentiel s’agissant de constituer des réseaux partageant des renseignements spécifiques, relatifs aux affaires, sur les menaces, tendances, itinéraires et modes opératoires.

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