Renforcement des capacités de lutte contre la cybercriminalité de l’ASEAN

Encourager la coopération régionale contre la cybercriminalité en Asie du Sud-Est.

Ce projet vise à renforcer la capacité des pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud- Est) à lutter contre la cybercriminalité et à coopérer au niveau régional. Il favorise également les discussions stratégiques régionales, met au jour des tendances et offre un cadre aux fins de l’amélioration de l’échange d’informations.

Réunissant les 10 pays de l’ASEAN (Brunéi, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Viet Nam), ce projet a au départ été financé pour deux ans (2016 - 2018) par le Fonds d’intégration Japon-ASEAN (JAIF) 2.0 via le secrétariat de l’ASEAN, le promoteur du projet étant le ministère singapourien de l’Intérieur.

La phase 2 du projet a débuté en 2019. Les résultats et les retours d’expérience de la phase 1 sont exploités et l’accent sera mis sur l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la cybercriminalité, la formation spécialisée dans ce domaine et les éléments de preuve numériques.

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Phase 1

Durant les deux années de cette phase, 15 formations et réunions apparentées ont rassemblé 320 participants de toute la région et plus de 70 formateurs et intervenants spécialisés du monde entier. Les principales activités sont présentées ci-après.

Bilans nationaux en matière de cybercriminalité

Un Bilan national en matière de cybercriminalité a été réalisé dans chaque pays bénéficiaire. Ce travail consiste à évaluer globalement les moyens dont dispose un pays pour prévenir et détecter les cyberinfractions et mener des enquêtes à leur sujet, et à examiner les capacités des services chargés de l’application de la loi ainsi que la législation dans ce domaine.

Cette analyse a donné lieu à l’élaboration d’un rapport personnalisé formulant des recommandations en vue de renforcer les cadres institutionnel, opérationnel, juridique et technique nationaux existants en matière de lutte contre la cybercriminalité.

Formation spécialisée

La formation pratique a constitué une part importante du projet et a porté sur des thèmes tels que la criminalistique numérique, l’analyse de logiciels malveillants, les cyberenquêtes et le dark net. Les participants ont ainsi pu améliorer leurs capacités dans les domaines de l’extraction et de l’interprétation des données, de la cybersécurité et des enquêtes en ligne.

Séminaires de recherche

Les séminaires de recherche organisés régulièrement sous l’égide du projet ont offert aux représentants des services chargés de l’application de la loi, du monde universitaire et des secteurs public et privé un cadre de discussion sur les menaces et tendances actuelles en matière de cybercriminalité, qu’elles soient mondiales ou plus localisées en Asie du Sud-Est. Une trentaine de fonctionnaires des services chargés de l’application de la loi de pays de la région de l’ASEAN ont confronté leurs expériences concernant les actions menées et les défis nationaux en matière de cybercriminalité avec leurs homologues ainsi qu’avec des chercheurs et des experts du secteur privé et d’INTERPOL.

Partage de bonnes pratiques

Les ateliers ont permis aux participants d’échanger des informations et des bonnes pratiques en matière de lutte contre la cybercriminalité.

2017 – Atelier sur l’obtention d’informations relatives aux enquêtes sur des cyberinfractions dans plusieurs pays, à l’intention des services chargés de l’application de la loi et des autorités judiciaires. Cet atelier a rassemblé environ 30 participants autour de questions relatives aux processus de recherche et d’obtention d’éléments de preuve numériques de manière légale et efficace et aux défis associés. Des formateurs du Département de la Justice des États-Unis ont apporté leur contribution à cet atelier.

2018 – Atelier comprenant un exercice de simulation construit autour de scénarios portant sur des défis communs à différents pays et sur le partage de bonnes pratiques. Des professionnels de 12 pays d’Amérique du Sud, d’Afrique et de la région Asie-Pacifique ont également participé à cet atelier, ce qui a offert une occasion unique de mieux connaître les défis et les bonnes pratiques en-dehors de la région de l’ASEAN. Des formateurs des services de police de Hong Kong et de Singapour ont apporté leur contribution à cet exercice.

Phase 2

Les retours d’expérience et des enseignements tirés de la phase 1 sont mis à profit durant cette phase 2, dont les objectifs sont les suivants :

  • Rédaction d’un guide sur les stratégies en matière de cybercriminalité, dans le but d’aider les pays participants à élaborer ou à améliorer leurs stratégies nationales de lutte contre cette forme de criminalité et à pouvoir ainsi apporter une réponse plus efficace et plus rationnelle ;
  • Ateliers et formations spécialisés sur les tendances en matière de cybercriminalité, destinés à combler les lacunes en matière de connaissances repérées lors de la phase précédente ;
  • Création de modules de formation en ligne sur le recueil et la préservation d’éléments de preuve numériques, à l’intention des premiers intervenants sur les scènes de crime.
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