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10 avril 2018

Garder une longueur d’avance sur les malfaiteurs par une action policière moderne

Les Bureaux centraux nationaux INTERPOL, pierre angulaire de l’avenir pour la lutte mondiale contre la criminalité


LYON (France) – Le rôle crucial que jouent les Bureaux centraux nationaux (B.C.N.) dans le renforcement de la sécurité en faisant entrer INTERPOL dans une ère nouvelle de l’action policière et de l’innovation figure en bonne place sur l’ordre du jour de la 14ème Conférence annuelle des Chefs de B.C.N. qui s’est ouverte aujourd’hui.

Réunis sur le thème « Les B.C.N., passerelles vers une police moderne – L’avenir, c’est maintenant », 295 hauts responsables de police de 145 pays vont axer leur réflexion commune sur l’importance des B.C.N. pour tourner les innovations technologiques et stratégiques à l’avantage des services chargés de l’application de la loi du monde entier.

Aborder une ère nouvelle avec des B.C.N. plus forts

Appelant de ses vœux une stratégie policière mondiale tournée vers l’avenir et structurée autour de B.C.N. proactifs, le Président d’INTERPOL, M. Meng Hongwei, a ouvert la conférence en décrivant un avenir où les policiers travailleraient main dans la main avec les gouvernements, les partenaires internationaux et le secteur privé dans tous les domaines de l’action policière.

« En tant que contributeurs à la mission d’INTERPOL, nous ne pouvons pas nous contenter de suivre le mouvement : nous devons travailler sans relâche à garder une longueur d’avance sur les malfaiteurs. Pour ce faire, nous devons considérer nos B.C.N. à la fois comme des « détecteurs » et comme notre première ligne, la ligne d’impact sur le terrain », a déclaré le Président d’INTERPOL.

Préparer les B.C.N. de demain

Dans le droit fil du programme de réformes INTERPOL 2020, les Chefs de B.C.N. sont actuellement informés des évolutions prévues en matière de capacités policières et de bonnes pratiques relatives à l’utilisation des nouvelles technologies et des capacités par INTERPOL et ses pays membres pour les besoins d’un travail de police à la pointe du progrès.

Pendant les trois jours que durera la conférence (du 10 au 12 avril), les participants examineront les nouveaux projets d’INTERPOL visant à préparer les services de police du monde entier à relever les défis de demain en matière de lutte contre la criminalité, notamment dans les domaines suivants :

  • intégration de l’intelligence artificielle dans les outils modernes de police,
  • programmes relatifs à des plateformes de signalement,
  • capacités de reconnaissance faciale et d’identification par l’utilisation de données biométriques,
  • recueil des données biométriques des détenus condamnés pour des infractions relevant du terrorisme,
  • plateformes de formation et outils de traduction en ligne.

À la fin de la conférence, les participants approuveront un certain nombre de conclusions visant à renforcer la coopération policière internationale, en particulier s’agissant de développer l’exploitation des données biométriques et de la reconnaissance faciale dans le travail de police partout dans le monde.

Une organisation de police qui évolue

« À INTERPOL, il n’y aura jamais de méthodologie universelle quant à la manière dont nous servons nos pays membres ; c’est pourquoi nous adaptons nos capacités de manière à répondre aux impératifs des B.C.N. », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Jürgen Stock.

« À cet égard, INTERPOL a redéfini son cadre opérationnel pour y intégrer trois programmes mondiaux (Antiterrorisme, Cybercriminalité, et Criminalité organisée et nouvelles formes de criminalité) avec des caractéristiques et des solutions adaptées à chaque région ».

« Nous entrons maintenant dans une ère nouvelle, une ère dans laquelle INTERPOL sera le pont stratégique entre les services chargés de l’application de la loi et les autres secteurs d’activité, et également le point central pour les acteurs de la sécurité régionale, une ère dans laquelle le réseau mondial de l’Organisation deviendra accessible aux policiers de première ligne de nos pays membres ».

« Dans cette évolution que connaît la mise en œuvre par INTERPOL de ses capacités policières, les B.C.N. demeurent absolument essentiels pour guider notre action et déployer nos capacités dans tous nos pays membres », a ajouté le chef d’INTERPOL.

Pour que la transmission des données de police prenne les malfaiteurs de vitesse

Les récentes initiatives d’INTERPOL dont le déploiement est en train de renforcer les capacités des B.C.N. aux quatre coins du globe témoignent de l’importance de l’innovation et de la modernisation permanente pour le travail de police :

  • I-ONE a pour objectif de moderniser les B.C.N. du continent africain pour qu’ils puissent recevoir et partager les informations de police et pour donner aux policiers se trouvant en première ligne aux points de passage frontaliers la possibilité de mieux détecter malfaiteurs et activités criminelles.
  • Le jumelage entre B.C.N. est un moyen ingénieux de tirer parti des ressources, des compétences et des capacités existantes. Aussi INTERPOL a-t-il lancé un programme de jumelage permettant aux B.C.N. de mettre à profit leurs atouts mutuels et de fonctionner ainsi de manière optimale quels que soient leur situation géographique, leurs moyens financiers et leur niveau de développement.
  • Les bases de données d’INTERPOL sont aujourd’hui interrogées 180 fois par seconde via I-24/7, le réseau mondial de communication policière sécurisée d’INTERPOL. Ces bases de données et ce réseau desservant le monde entier comptent parmi les capacités les plus avancées que l’Organisation met à la disposition de ses pays membres pour prévenir la criminalité et enquêter sur les infractions.

Pour illustrer la rapidité avec laquelle INTERPOL se développe et s’adapte pour faire face à une évolution en constante accélération, il a été indiqué aux participants à la conférence que le nombre de consultations de la base de données d’INTERPOL sur les personnes recherchées est passé de 450 000 par an en 2005 à 3,9 millions par jour en 2017. Il leur a également été indiqué que la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage volés et perdus est passée de 8 millions d’enregistrements en 2005 à plus de 74 millions aujourd’hui.

Le mémorial INTERPOL

Les trois jours de conférence donneront aux participants l’occasion de rendre hommage aux policiers victimes du devoir dans le monde entier en se recueillant devant la plaque commémorative récemment dévoilée au siège du Secrétariat général d’INTERPOL, à Lyon. Une autre plaque commémorative a également été dévoilée au Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation, à Singapour.