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28 septembre 2016

L’identification des cybermalfaiteurs au cœur des débats de la conférence INTERPOL-Europol

SINGAPOUR – Des spécialistes de la cybersécurité issus des services chargés de l’application de la loi, du secteur privé et du monde universitaire travaillent de concert à Singapour cette semaine (du 28 au 30 septembre) afin de relever les défis liés à l’identification des auteurs d’infractions commises dans le cyberespace.

Réunis sous le thème « Solutions for Attribution » (Des solutions pour identifier les auteurs), quelque 200 délégués venus de 56 pays échangent leurs bonnes pratiques et recherchent des moyens, pour les services chargés de l’application de la loi, de surmonter les difficultés techniques, opérationnelles et stratégiques rencontrées lors des enquêtes sur les actes de cybercriminalité et les infractions commises à l’aide d’Internet, qui vont de la criminalité financière aux abus pédosexuels en passant par les activités liées au terrorisme.

Les rançongiciels et l’hébergement complaisant (bulletproof hosting) figureront également parmi les grands thèmes abordés lors de la conférence.

Dans son allocution de bienvenue, Noboru Nakatani, Directeur exécutif du Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation (CMII), a souligné l’importance d’une démarche concertée de tous les secteurs lors des enquêtes complexes sur des actes de cybercriminalité.

« Le seul moyen de renforcer la sécurité dans le cyberespace est de combler les lacunes en matière d’information entre les services chargés de l’application de la loi, mais aussi entre les secteurs public et privé », a déclaré M. Nakatani.

« En échangeant des informations, nous pouvons resserrer notre étau autour des réseaux criminels, puis littéralement les encercler. Ainsi, les services chargés de l’application de la loi, qui sont les seuls services habilités à agir sur le terrain, pourront identifier et démanteler les organisations criminelles transnationales », a ajouté le Directeur exécutif du CMII.

À cet égard, suite au Forum de Davos 2016, INTERPOL et Europol ont travaillé en étroite collaboration avec le Forum économique mondial sur ses recommandations en matière de partenariats public-privé dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité.

« La cybercriminalité demeure une menace réelle, caractérisée par une grande capacité d’innovation. Elle évolue au cours des années, à l’instar de la coopération entre Europol et INTERPOL afin de trouver des moyens de lutter ensemble contre les malfaiteurs », a déclaré Steven Wilson, Chef du Centre européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol.

« La conférence commune sur la cybercriminalité est une date annuelle importante pour échanger sur les bonnes pratiques et les opérations réussies, ainsi que pour tisser des liens. C’est le lieu de discussion idéal pour présenter des résultats concrets en matière de lutte contre la cybercriminalité au niveau de l’Union européenne et au-delà. Nous prenons du recul afin de tirer les enseignements des menaces et des tendances les plus préoccupantes, puis nous étudions les possibilités d’assurer durablement la protection de nos citoyens, nos entreprises et nos administrations », a ajouté M. Wilson.

En juin dernier, Europol et INTERPOL ont collaboré dans le cadre de l’opération mondiale « Airline Action Day », avec d’autres partenaires clés. Cette opération a abouti à l’arrestation de 140 personnes soupçonnées d’avoir participé à l’achat frauduleux de billets d’avion dans le monde entier, sur 74 compagnies aériennes, dans 130 aéroports et 43 pays. Elle a également permis de mettre au jour des liens avec des formes de criminalité plus graves, faisant ressortir la dimension mondiale de la criminalité organisée moderne et la nécessité d’une réponse des services chargés de l’application de la loi qui soit coordonnée au niveau international.

En juillet, le CMII et la Commission chargée des infractions économiques et financières du Nigéria, avec le soutien des partenaires du secteur privé Trend Micro, Fortinet et l’Institut de cyberdéfense du Japon, ont mené une opération conjointe qui a abouti à l’arrestation au Nigéria de « Mike », soupçonné d’être le chef d’un réseau criminel international responsable de milliers d’escroqueries via Internet représentant une valeur de plus de 60 millions d’USD et faisant des victimes dans le monde entier.

Le renforcement des capacités des services chargés de l’application de la loi en matière d’enquêtes sur les infractions relevant du trafic d’êtres humains commises à l’aide d’Internet était également le thème central d’un exercice régional de simulation organisé à Kigali (Rwanda) par la Police nationale rwandaise et INTERPOL, en août dernier.

Les capacités mondiales d’INTERPOL mises au service de la lutte contre la cybercriminalité via le CMII concernent l’échange et l’analyse d’informations, avec le Centre pluridisciplinaire de lutte contre la cybercriminalité, ainsi que la coordination au niveau mondial des enquêtes sur la cybercriminalité. Le Centre d’innovation du CMII, par l’intermédiaire de son Laboratoire d’informatique légale et de son service Recherche, propose également des formations à la lutte contre la cybercriminalité et une expertise en informatique légale.

La Conférence INTERPOL-Europol sur la cybercriminalité est une initiative conjointe lancée en 2013. Elle est organisée chaque année en alternance par Europol et par INTERPOL.