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12 juillet 2016

1 500 policiers engagés dans une opération ciblant les réseaux criminels en Afrique orientale et australe

KENYA/ZIMBABWE – Une opération menée en Afrique orientale et australe contre la criminalité transnationale, notamment la traite d’êtres humains, le trafic de migrants, de drogues et d’armes, le terrorisme, le vol de véhicules et les atteintes à l’environnement a donné lieu à près de 4 500 arrestations.

Afin de lutter dans toute la région contre des activités criminelles de nature très diversifiée mais souvent reliées entre elles, quelque 1 500 policiers ont été déployés dans 22 pays lors de l’opération Usalama III.

Conduite par l’Organisation de coopération des Chefs de police d’Afrique de l’Est (OCCPAE) et l’Organisation de coopération régionale des Chefs de police d’Afrique australe (SARPCCO) avec le soutien d’INTERPOL, l’opération menée sur deux jours (29 et 30 juin) a mobilisé des fonctionnaires des services de police, de douane, de l’immigration, de protection des espèces sauvages, de lutte antiterroriste et des mines.

Des dizaines de milliers de vérifications ont été effectuées dans les bases de données mondiales d’INTERPOL au cours de cette opération de 48 heures ; elles ont permis de retrouver plus de 30 véhicules signalés volés par INTERPOL, notamment au Royaume-Uni et en Malaisie, et d’arrêter un malfaiteur en fuite qui faisait l’objet d’une notice rouge.

Outre le secours porté à des victimes du trafic d’êtres humains en Namibie, en Ouganda et au Rwanda, des saisies de marchandises illicites, parmi lesquelles des stupéfiants, des armes, des munitions et de l’or, ont été effectuées durant l’opération.
L’opération Usalama III a également permis d’obtenir les importants résultats suivants :

  • ­Suite à l’arrestation d’un homme de 37 ans soupçonné de contrefaçon et de falsification, la police soudanaise a retrouvé un AK47, des munitions, des faux passeports, des uniformes militaires, des ordinateurs et différentes devises, dont des euros, des dollars, des livres soudanaises et des ringgits malaisiens. La police a par ailleurs découvert 85 000 cartouches qui avaient été dissimulées sous terre dans l’État de Sennar, près des frontières avec l’État du Nil bleu et le Soudan du Sud.
  • ­Environ 88 000 comprimés de Captagon dissimulés dans des chargeurs de téléphone ont été découverts lors de l’inspection de la cargaison d’un avion à l’arrivée de celui-ci à l’aéroport de Khartoum, au Soudan.
  • ­Au Rwanda, la police a saisi du cannabis, de l’héroïne et des filets de pêche illégale, ainsi que 651 mètres et 5,5 tonnes de câbles de cuivre et des pylônes d’une valeur de plus de 23 000 USD, qui avaient été volés dans des magasins de la compagnie Rwanda Energy Group ou dans des infrastructures électriques vandalisées.
  • Alors que le vol de bétail est une forme de criminalité répandue sur tout le continent africain, 24 personnes ont été arrêtées dans l’ensemble de la région en relation avec le vol de 50 chèvres, 32 vaches et 17 moutons, d’une valeur totale estimée à près de 20 000 USD.
  • ­En Ouganda, la police a détruit environ 22 hectares de plants de cannabis et arrêté six suspects dans le cadre de plusieurs affaires d’atteintes aux espèces sauvages, après avoir retrouvé 20 kg d’ivoire, trois tortues, des oies, 12 coquilles d’œufs d’autruche, des peaux de léopard et d’autres produits animaliers illicites. Sept armes et plus de 300 cartouches ont également été saisies.
  • ­Des fonctionnaires de l’aéroport international d’Asmara, en Érythrée, ont arrêté un homme qui voyageait avec un faux passeport contenant une fausse autorisation de sortie du territoire.
  • ­Environ 28 hectares de cannabis ont été détruits au Swaziland. Au Malawi, la police a non seulement saisi 2,2 tonnes de cannabis, mais également détruit 15 hectares de cultures de cette plante. Au Zimbabwe, la police a intercepté un camion qui se dirigeait vers Harare en transportant une tonne de cannabis dissimulée sous des sacs de son.
  • ­Au Botswana, lors d’un contrôle routier, cinq défenses d’éléphant ont été découvertes dans le coffre d’une voiture. Les policiers ont également arrêté un guérisseur en possession de plusieurs produits illicites issus d’espèces sauvages, tels que des tortues et de la peau de python.

« L’accès aux bases de données d’INTERPOL a joué un rôle important dans le succès de l’opération et a démontré à nouveau la nécessité d’un échange international d’informations. Les opérations telles que l’opération Usalama témoignent des résultats pouvant être obtenus lorsque les services chargés de l’application de la loi collaborent étroitement dans le cadre de la lutte contre la criminalité transnationale », a déclaré Joseph Boinnet, Président de l’OCCPAE et Directeur général de la police nationale kenyane.

Avec le soutien des Bureaux régionaux de Nairobi et Harare, plusieurs réunions ont été organisées avant les déploiements afin de mettre en commun les renseignements disponibles sur les questions de criminalité nationales et régionales et de former les intervenants à l’utilisation des capacités d’INTERPOL qui allaient être employées durant l’opération.

« Les bons résultats de l’opération Usalama III illustrent parfaitement l’importance de la coopération interrégionale et multilatérale en matière de lutte contre la criminalité organisée et transnationale », a déclaré Julio Dos Santos Jane, Président de la SARPCCO et Commandant général de la police mozambicaine.

« Ces résultats montrent également qu’il est essentiel de porter le regard au-delà des frontières pour prévenir la criminalité et arrêter les malfaiteurs qui tentent de se soustraire à la justice », a-t-il ajouté.

Elizabeth Kuteesa, Directeur du Rayonnement mondial et de l’appui régional, a déclaré que l’opération a mis en exergue la valeur ajoutée apportée par les Bureaux régionaux d’INTERPOL s’agissant du renforcement de la coopération des services chargés de l’application de la loi aux niveaux national et régional.

« L’opération Usalama III a montré ce que l’on peut accomplir grâce à la mobilisation des pays et à l’expertise des policiers de première ligne, avec l’appui des capacités mondiales d’INTERPOL », a déclaré Mme Kuteesa.

« Cette réponse forte et coordonnée visait à relever les importants défis auxquels sont confrontées ces régions en matière de criminalité, et INTERPOL continuera à apporter son soutien lorsqu’il s’agira de donner suite aux arrestations », a-t-elle conclu.

Les pays membres de la SARPCCO participants sont : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, le Lesotho, le Malawi, Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.

Les pays membres de l’OCCPAE participants sont : le Burundi, Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, les Seychelles, la Somalie, le Soudan et la Tanzanie.