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18 mai 2016

Les migrations et la protection des frontières au centre des débats de la conférence européenne d’INTERPOL

PRAGUE (République tchèque) – Relever les défis que fait peser sur la protection des frontières le nombre sans précédent de migrants se rendant en Europe est une question décisive pour les hauts responsables de services chargés de l’application de la loi réunis à l’occasion de la 44ème Conférence régionale européenne d’INTERPOL.

Suite à la publication, cette semaine, du rapport conjoint Europol-INTERPOL sur les réseaux de trafic de migrants, les participants à la conférence assisteront à des exposés présentés par des représentants de l’Allemagne, de l’Autriche, de l’ex-République yougoslave de Macédoine et de la Slovénie, ainsi que du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui feront part de leur expérience en matière de lutte contre ce phénomène.

Comme le souligne le rapport, les contrôles aux frontières ont une influence sur les grandes routes du trafic de migrants, c’est pourquoi il est primordial, si l’on veut renforcer la sécurité nationale, régionale et mondiale, de faire en sorte que les agents de première ligne puissent utiliser les capacités d’INTERPOL pour avoir accès à des informations de police essentielles, en particulier dans l’espace Schengen.

La récente opération Balkan Trigger menée par INTERPOL a montré qu’il était important d’assurer une bonne sécurité aux frontières pour lutter contre toutes les formes de criminalité.

Alors que les armes à feu sont de plus en plus privilégiées par les terroristes pour commettre des attentats en Europe, le Secrétaire Général d’INTERPOL Jürgen Stock a déclaré que la saisie de 40 de ces armes, 6 kg d’explosifs, 11 grenades à main et 1 300 munitions en seulement 48 heures donnait un aperçu « profondément préoccupant » de l’ampleur du trafic illicite d’armes en provenance de la région des Balkans.

« Les malfaiteurs et les terroristes vont exploiter chaque faille, réelle ou apparente, pour importer des armes illicites ou tirer profit du désespoir de migrants arrivant du monde entier vers l’Europe », a déclaré M. Stock.

« Schengen étant un espace sans frontières, il est essentiel que les polices de la région et au-delà communiquent en temps réel et, surtout, qu’elles échangent des informations sur les itinéraires et les personnes, afin de mettre au jour les filières et de les neutraliser.

« Toutefois, ce problème n’est pas uniquement régional : nous sommes en effet confrontés à une nouvelle dimension de la sécurité mondiale à laquelle nous ne pourrons réellement faire face que grâce à une communication efficace entre tous les services du monde chargés de protéger leurs citoyens », a conclu le Secrétaire Général.

Les 168 participants à la Conférence régionale européenne d’INTERPOL, représentant 56 pays et 20 organisations internationales, s’emploieront à adopter un ensemble de mesures visant à accroître l’échange international d’informations sur les combattants terroristes étrangers, à faire bénéficier les points de passage frontaliers clés de la région des moyens offerts par INTERPOL en matière de police et à intensifier les efforts de lutte contre le trafic de stupéfiants et les réseaux criminels qui s’y livrent.

« Cette conférence est l’occasion, pour les polices de toute l’Europe, d’avoir des débats constructifs et de renforcer la coopération sur les mesures à prendre pour lutter contre la criminalité, le terrorisme et les malfaiteurs impliqués dans la crise migratoire actuelle », a déclaré le Major général Tomáš Tuhý, Chef de la police de la République tchèque.

Lors de la conférence, des exposés seront également présentés sur le caractère évolutif de la cybercriminalité et sur la stratégie d’INTERPOL visant à aider les pays membres à la combattre grâce à des actions de formation spécialisées.