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11 janvier 2016

Le chef d’INTERPOL fait état d’un tournant dans la lutte contre le terrorisme

Le chef d’INTERPOL fait état d’un tournant dans la lutte contre le terrorisme


LA HAYE (Pays-Bas) –  L’effet combiné des changements d’itinéraires de voyage des terroristes, des attentats perpétrés dans des lieux éloignés des zones de conflit, des communications par Internet et de l’utilisation de documents de voyage frauduleux marque un tournant dans la lutte contre le terrorisme, a mis en garde le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Jürgen Stock.

S’exprimant à l’occasion de la réunion des groupes de travail sur les combattants terroristes étrangers (FTF) du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF) et de la coalition contre l’EIIL, le Secrétaire Général a déclaré que toute la détermination de la communauté internationale resterait nécessaire pour faire face à l’évolution de la menace terroriste.

Il a ajouté que devant le mouvement actuel d’allégeance à Daech constaté dans le monde entier, l’action devra impérativement être coordonnée, non seulement pour identifier les personnes et bloquer leurs déplacements, mais aussi pour stopper le financement de leurs activités terroristes, comme le souligne la récente résolution 2253 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Cette résolution encourage non seulement les États membres à fournir toutes les informations concernant des personnes et des entités nécessaires à la publication de notices spéciales INTERPOL-Conseil de sécurité des Nations Unies, mais aussi à utiliser plus largement la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage volés et perdus (SLTD).

« L’accès aux informations provenant de l’étranger est crucial pour renforcer le filet de sécurité qui vise à empêcher les terroristes de circuler librement et à contenir les réseaux qui soutiennent leurs activités », a déclaré le Secrétaire Général.

« L’accès direct aux bases de données mondiales d’INTERPOL permet d’effectuer des vérifications instantanées par rapport à près de 55 millions de documents de voyage, environ 200 000 identifiants nominatifs et plus de 40 000 notices concernant des malfaiteurs et des terroristes présumés ou recherchés.

« En tant que plateforme mondiale neutre, INTERPOL est idéalement placé pour diffuser les données  de nos 190 pays membres et les aider à acheminer ces informations là où elles sont utiles », a ajouté M. Stock.

Parmi les documents qui figurent dans la base de données SLTD mondiale d’INTERPOL, une ressource unique en son genre, on compte près de 30 000 passeports syriens, dont environ 4 000 ont été déclarés volés vierges.

La réunion qui s’est tenue aujourd’hui, organisée par la coprésidence néerlandaise sur le thème « Share – Stop – Secure » (échanger – stopper – sécuriser), s’appuiera sur les mesures proposées dans le Mémorandum de La Haye-Marrakech sur les bonnes pratiques pour répondre plus efficacement au phénomène des « combattants terroristes étrangers ».

Elle vise également à encourager les pays à mettre en œuvre tous les aspects de la résolution 2178 du Conseil de sécurité des Nations Unies et le Mémorandum sur les bonnes pratiques du GCTF qui, tous deux, reconnaissent le rôle d’INTERPOL dans la lutte mondiale contre les combattants terroristes étrangers.

En novembre 2015, à l’occasion d’une réunion extraordinaire à Bruxelles, le Conseil des ministres de la Justice et des Affaires intérieures de l’UE a demandé qu’il soit procédé d’ici mars 2016 à la connexion aux bases de données mondiales d’INTERPOL de tous les points de passage des frontières extérieures de l’UE et à la vérification systématique des documents de voyage.

Parmi les moyens mis à disposition par INTERPOL pour aider les services chargés de l’application de la loi à détecter une menace potentielle ou à enquêter sur celle-ci figurent sa base de données sur les combattants terroristes étrangers, qui contient actuellement des informations sur près de 6 000 personnes repérées par plus d’une cinquantaine de pays, et son Système INTERPOL de gestion des données sur les armes illicites et du traçage des armes (iARMS), qui facilite l’échange d’informations entre les services chargés de l’application de la loi dans le cadre des enquêtes sur les mouvements internationaux d’armes à feu illicites.