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26 novembre 2015

Opérations INTERPOL contre le commerce de bois illégal en Afrique et dans les Amériques

Saisies de bois provenant de coupes illégales pour plus de 262 millions d’USD


LYON (France) – Plusieurs opérations contre les coupes illégales de bois, organisées en Afrique de l’Ouest ainsi qu’en Amérique centrale et du Sud, et coordonnées par INTERPOL, ont permis d’identifier les principales routes commerciales des réseaux criminels spécialisés dans le trafic de bois provenant de coupes illégales, et ont abouti à de très importantes saisies de bois d’essences protégées, d’une valeur marchande très élevée, totalisant plus de 262 millions d’USD.

L’opération Log s’est déroulée dans neuf pays d’Afrique de l’Ouest – Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Mali, Mauritanie, Sénégal et Togo – entre juillet et septembre 2015. Les enquêtes visant les réseaux criminels responsables des coupes de bois illégales dans la région se poursuivent.

Les premiers résultats de l’opération Log ont été la saisie de vène (Pterocarpus Erinaceus) illégal et de bois illégal d’autres espèces pour une valeur totale de plus de 216 millions d’USD, ainsi que l’arrestation de 44 personnes. Le vène est un bois très recherché dans le monde entier pour sa couleur rose ou rouge, et atteint par conséquent des prix extrêmement élevés sur le marché international.

Les services chargés de l’application de la loi des pays participant à l’opération ont en outre identifié plusieurs grands itinéraires d’acheminement utilisés par les réseaux de trafiquants, au sein de la région mais aussi en dehors, l’Asie apparaissant comme la principale destination du vène provenant de coupes illégales.

« La coopération policière internationale est nécessaire pour lutter contre les réseaux criminels se livrant au commerce illégal de vène. Le Burkina Faso est déterminé à mettre un terme aux activités de ces réseaux », a déclaré M. Lazare Tarpaga, Directeur général de la Police nationale burkinabè.

Au cours de l’opération Log ont par ailleurs été mis au jour des liens entre le commerce de bois illégal et d’autres infractions graves telles que la corruption aux fins de la délivrance de faux permis de coupe, le trafic d’armes à feu et le trafic d’espèces sauvages.

L’opération Amazonas II, qui vise à enquêter sur les individus et les réseaux se livrant au commerce de bois illégal en Amérique centrale et du Sud, à arrêter les auteurs d’infractions de ce type et à les traduire en justice, a débuté en novembre 2014 et permis jusqu’à présent d’opérer pour plus de 46 millions d’USD de saisies. Elle a également mis en évidence la nécessité de renforcer les contrôles aux frontières dans la région.

Menée dans 12 pays, l’opération a abouti à la saisie de plus de 53 000 stères de bois illégal, soit un volume équivalent au contenu de 20 piscines olympiques. Dans ce cadre ont également été découverts 25 000 grumes et 1 200 sacs de charbon de bois, et plus de 200 personnes ont été arrêtées. Les essences les plus exposées au trafic sont le pin, le bois de rose noir, l’acajou des Antilles, le cèdre et le laurier, la plupart étant des espèces protégées.

M. Manuel de Jesús Gallardo, chef de l’unité chargée de l’environnement de la Division centrale des enquêtes de la police du Salvador, a déclaré : « L’opération Amazonas II nous a permis de sensibiliser les pouvoirs publics à la criminalité forestière. Bien que disposant de moyens limités, nous sommes parvenus à mettre en place une équipe composée de personnels issus de divers services, bien coordonnée et qui a fait un large usage du renseignement pour saisir du bois provenant d’essences protégées et arrêter les chevilles ouvrières du trafic, qui font à présent l’objet d’une enquête ».
Les modes opératoires les plus courants recensés lors de l’opération Amazonas II sont notamment l’utilisation de faux documents pour faire franchir les frontières aux chargements de bois illégal, et les transports à certaines heures de la journée afin de ne pas être détecté. Les principaux itinéraires identifiés du bois illégal mènent aux États-Unis, en Europe et en Asie.

L’une des conclusions tirées de l’opération par INTERPOL a été que les contrôles doivent être renforcés aux points de passage frontaliers de la région, en faisant appel à des experts forestiers capables d’identifier les essences protégées.

Les pays qui ont participé à l’opération Amazonas II ont été l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, la République dominicaine, l’Équateur, El Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Paraguay et le Pérou.

Les deux opérations mentionnées ont été coordonnées par le projet Leaf d’INTERPOL, qui a pour objet de lutter contre les coupes de bois illégales et les infractions forestières qui leur sont associées. Dans le cadre du projet Leaf, INTERPOL travaille avec ses pays membres et des partenaires de la société civile à renforcer la capacité des services chargés de l’application de la loi à protéger les forêts, dans le monde entier, ces dernières étant considérées comme essentielles pour atténuer les conséquences néfastes du changement climatique.

Les résultats des deux opérations ont été annoncés lors de la réunion du Groupe de travail d’INTERPOL sur la criminalité liée aux espèces sauvages, qui s’est tenue à Singapour, et dont les participants avaient pour but de se pencher sur les menaces les plus urgentes pesant sur les forêts et la biodiversité dans le monde.