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11 septembre 2015

Les chefs d’INTERPOL et d’Europol lancent un appel conjoint pour l’adoption de mesures d’urgence à l’encontre des réseaux de trafic de migrants

LYON (France) – Les chefs d’INTERPOL et d’Europol ont appelé les services chargés de l’application de la loi à agir d’urgence et de façon coordonnée afin d’identifier et de déstabiliser les réseaux criminels organisés se livrant au trafic de migrants – un phénomène dont l’ampleur actuelle est sans précédent.

La nécessité d’une action coordonnée aux niveaux national, régional et international, afin de répondre à ce problème de sécurité grandissant, a été au cœur de l’entrevue entre le Secrétaire Général d’INTERPOL, Jürgen Stock, et le Directeur d’Europol, Rob Wainwright, qui s’est tenue aujourd’hui au siège du Secrétariat général d’INTERPOL.

Il a été souligné que grâce à leurs ressources combinées, INTERPOL – la plus importante organisation de police au monde qui a accès à un réseau opérationnel dans les pays d’origine et de transit, en Afrique de l’Ouest et du Nord, dans les Balkans et au Moyen-Orient – et Europol, l’agence de police de l’Union européenne, sont idéalement placés pour aider les services nationaux chargés de l’application de la loi à lutter contre les réseaux criminels responsables de l’immigration illégale.

À cette fin, les deux dirigeants ont appelé leurs services respectifs à organiser d’urgence un sommet de hauts responsables de police des pays d’origine, de transit et de destination.

« Alors que ce jour marque l’anniversaire des attentats du 11 septembre, un événement qui a totalement bouleversé le paysage de la sécurité, il est plus important que jamais que les gouvernements aident les services chargés de l’application de la loi à appliquer le principe du besoin de partager plutôt que celui du besoin d’en connaître », a déclaré M. Stock.

« Les malfaiteurs qui profitent du désespoir de personnes fuyant la guerre ou la pauvreté engrangent des millions de bénéfices, qui peuvent ensuite servir à alimenter la corruption et à financer d’autres formes de grande criminalité transnationale. »

« Il est nécessaire que nos 190 pays membres jouent leur rôle en communiquant des informations qui pourraient s’avérer essentielles pour traduire en justice ces ‟ marchands de malheur ” », a déclaré M. Stock.

« La coopération entre INTERPOL et Europol s’appuie sur une méthode rationalisée d’échange d’informations entre les niveaux mondial et européen, afin que les malfaiteurs n’aient aucune faille à exploiter », a conclu le chef d’INTERPOL.

« L’Europe doit faire face à un niveau d’immigration sans précédent. Nous sommes tous très émus par la tragédie que vivent ces personnes, et notre devoir dans l’immédiat est d’endiguer d’urgence l’action des groupes criminels organisés qui font entrer des migrants en Europe et les acheminent dans toute la région », a déclaré le Directeur d’Europol.

M. Wainwright a indiqué que les services chargés de l’application de la loi des États membres de l’Union européenne, Europol et INTERPOL doivent faire face à des réseaux de plus en plus complexes et dénués de scrupules, qui deviennent plus difficiles à combattre, s’adaptent plus facilement, s’internationalisent et sont plus innovants lorsqu’il s’agit d’utiliser les nouvelles technologies telles que les réseaux sociaux.

« Il est très important qu’en ces temps difficiles, les États membres redoublent d’efforts pour échanger entre eux les données criminelles essentielles, ainsi qu’avec Europol et INTERPOL. Nous pourrons ainsi être encore plus efficaces pour obtenir des renseignements exploitables, combler les lacunes en matière d’information et perturber les agissements des groupes criminels organisés concernés. »

« Aujourd’hui plus que jamais, nous prenons conscience que la sécurité dans l’Union européenne ne peut être assurée de façon isolée. Europol est prêt à renforcer ses activités de lutte contre les groupes criminels qui facilitent l’immigration illégale et saisira chaque occasion d’unir ses forces à celles d’INTERPOL », a conclu M. Wainwright.

Outre son réseau mondial de communication policière sécurisée, qui permet à ses 190 pays membres d’échanger en temps réel des informations de police cruciales, INTERPOL dispose de tout un éventail de bases de données – sur les combattants terroristes étrangers, les personnes recherchées, les empreintes digitales, les documents de voyage volés et perdus, les navires volés et la piraterie maritime, entre autres – qui constituent également des outils essentiels en vue d’établir d’éventuels liens entre les réseaux criminels organisés se livrant au trafic de migrants et d’autres infractions.

Europol a mis au point des outils opérationnels et d’analyse adaptés à la lutte contre les organisations criminelles qui facilitent l’immigration illégale, lesquels peuvent être utilisés dans le cadre d’opérations de police en cours. Les bases de données d’Europol contiennent des informations transmises par 500 services de toute l’Europe, ce qui permet d’établir rapidement des liens entre différents groupes criminels organisés et d’échanger des données opérationnelles cruciales entre les services chargés de l’application de la loi concernés.

Conscients que les réseaux sociaux et Internet facilitent la criminalité organisée et le terrorisme, les deux dirigeants ont également évoqué la coopération permanente dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité par l’intermédiaire du Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation, à Singapour, et du Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) d’Europol, à La Haye.