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19 mai 2015

La réunion d’INTERPOL à Bucarest vise à fixer le cap de la sécurité européenne

BUCAREST (Roumanie) – De hauts responsables des services chargés de l’application de la loi de toute l’Europe se réunissent à Bucarest à l’occasion de la 43ème Conférence régionale européenne d’INTERPOL afin de renforcer l’action menée au niveau régional contre les menaces les plus pressantes à la sécurité mondiale.

Eu égard à l’exploitation croissante par les réseaux de criminalité organisée transnationaux de la porosité des frontières physiques et de l’absence de frontières virtuelles dans le cyberespace, cette conférence de trois jours (du 19 au 21 mai) sera axée sur l’élaboration de stratégies régionales pour relever ces nouveaux défis en matière de sécurité.

Quelque 150 participants de 52 pays et de 13 organisations internationales examineront une série de questions qui concernent la région européenne, parmi lesquelles la protection des frontières, le trafic d’êtres humains, la cybercriminalité, le terrorisme et les combattants étrangers, et la criminalité financière.

Le Vice-Premier ministre et Ministre de l’Intérieur de la Roumanie, Gabriel Oprea, a déclaré qu’en tant que pays fondateur d’INTERPOL, la Roumanie s’efforçait d’utiliser pleinement les outils, les services et le réseau des services chargés de l’application de la loi mondiaux d’INTERPOL, afin d’accroître le niveau de sécurité dans toute l’Europe.

« Fort de ses 190 membres, INTERPOL s’est développé et est devenu un allié précieux dans la lutte contre la criminalité organisée internationale, mais le succès de cette lutte dépendra de la coopération opérationnelle entre tous les pays membres », a indiqué M. Oprea.

Le Secrétaire Général d’INTERPOL, Jürgen Stock, a estimé que les événements récemment survenus dans le monde, à commencer par les attentats commis à Paris en janvier, puis ceux qui ont suivi dans le reste du monde, ont modifié le paysage de sécurité et mis en évidence la nécessité pour les gouvernements du monde entier d’appuyer l’action des services chargés de l’application de la loi que ce soit à l’intérieur de leurs frontières ou au niveau international.

« Pour intensifier l’action menée face à cette menace croissante, les gouvernements du monde entier ont réexaminé l’architecture sécuritaire mondiale. La place importante qu’occupe INTERPOL dans cette architecture a été reconnue », a déclaré le chef d’INTERPOL.

Le terrorisme étant passé au premier plan des priorités mondiales en matière de sécurité, le Conseil de sécurité des Nations Unies a reconnu le rôle décisif joué par INTERPOL dans l’appui qu’il apporte aux pays membres pour limiter le financement du terrorisme et empêcher les combattants étrangers de se rendre dans les zones de conflit.

Le Secrétaire Général a encouragé les pays membres à recourir davantage aux bases de données criminelles d’INTERPOL pour échanger des informations, ce qui les aidera à protéger leurs frontières contre diverses menaces.

« Qu’il s’agisse des infractions relevant de la criminalité organisée – telle que l’aide apportée aux immigrants illégaux pour franchir les frontières –, de celles commises dans le cyberespace ou de la menace que représentent les combattants terroristes étrangers, l’échange d’informations est important à tous les niveaux. L’efficacité de tous les outils, ressources, procédures et mécanismes de réaction proposés au niveau international pourrait être limitée si les informations nécessaires ne sont pas disponibles dès le début », a-t-il déclaré.

Soulignant la contribution apportée par le nouveau Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation (CMII) à Singapour à la conduite de la lutte contre la cybercriminalité au niveau international, le Secrétaire Général a indiqué que les recherches menées récemment par les spécialistes des cybermenaces du CMII ont mis au jour une menace touchant le cœur même du système des monnaies virtuelles, qui pourrait entraîner la présence en son sein de logiciels malveillants ou d’autres données illicites, telles que des images d’abus pédosexuels.

Les participants à cette conférence chercheront à adopter un ensemble de mesures visant à faciliter la coopération policière transfrontalière en Europe, à renforcer la collaboration interrégionale en vue de démanteler les réseaux de combattants terroristes étrangers, et à promouvoir une large utilisation des outils et des services du CMII pour lutter contre toutes les formes de cybercriminalité.