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28 avril 2015

Le chef d’INTERPOL promet un soutien constant en faveur de la protection du patrimoine culturel

NATIONS UNIES (New York) – S’exprimant lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la lutte contre la destruction, le trafic et le vol de biens culturels, le Secrétaire Général d’INTERPOL, Jürgen Stock, a réaffirmé la détermination de l’Organisation à combattre ces infractions.

Organisée par les missions permanentes de la Jordanie et de la France auprès des Nations Unies, qui coprésident le Conseil de sécurité, la réunion a donné aux pays membres l’occasion de débattre afin de trouver des moyens concrets et innovants pour protéger et préserver le patrimoine culturel, suite à l’adoption récente de la résolution 2199 (2015) du Conseil de sécurité des Nations Unies.

« Du point de vue des malfaiteurs, les biens culturels représentent souvent une cible facile », a déclaré M. Stock.

« La situation actuelle en Syrie et en Iraq représente un défi de taille, dans la mesure où les sites menacés de destruction se trouvent souvent dans des zones sur lesquelles le gouvernement n’exerce pas un contrôle réel, et les fouilles qui y sont pratiquées sont pour la plupart illicites », a ajouté M. Stock.

Le chef d’INTERPOL a déclaré que des enseignements avaient été tirés de la première guerre du Golfe, à l’issue de laquelle un seul objet avait été ajouté à la base de données de l’organisation mondiale de police sur les œuvres d’art volé. La mise en œuvre de la résolution 1483 (2003) du Conseil de sécurité des Nations Unies a permis de récupérer environ un quart des 2 700 biens culturels iraquiens actuellement enregistrés dans cette base.

Dans le cadre de la résolution 2199 (2015) du Conseil de sécurité de l’ONU, des informations sur plus de 1 300 objets prélevés au musée de Deir Attiya et sur d’autres sites en Syrie sont actuellement ajoutées à la base de données afin d’être mises à la disposition de plus de 2 000 utilisateurs des services chargés de l’application de la loi, des douanes, d’organisations partenaires et de vendeurs privés.

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a souligné l’ampleur de la tragédie en cours, notamment la disparition d’une partie de l’histoire millénaire de l’humanité.

« Le patrimoine culturel doit contribuer à l’édification de la paix, permettre de regagner de la dignité et de la confiance. Il est essentiel d’endiguer la radicalisation et de combattre le discours de haine et de division. La lutte contre le trafic illicite de biens culturels doit être renforcée dans le monde entier », a déclaré Mme Bokova.

Plusieurs initiatives dans ce domaine ont été couronnées de succès par le passé, dont le déploiement en Iraq d’une équipe pluridisciplinaire sous l’égide de l’UNESCO et la création d’une Cellule spéciale d’INTERPOL réunissant des autorités compétentes pour leur permettre d’échanger directement des informations.

La sensibilisation du public et le soutien apporté par des instruments tels que la campagne #unite4heritage de l’UNESCO, soutenue par INTERPOL, ainsi que le fait d’inciter les fournisseurs d’accès à Internet et les sites de vente en ligne à signaler tout soupçon de vente de biens culturels syriens et iraquiens ont également été présentés comme autant de moyens de renforcer la lutte contre le trafic illicite.