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14 avril 2015

L’action menée au niveau mondial pour identifier via INTERPOL les victimes d’abus pédosexuels renforcée par un outil de Microsoft

SINGAPOUR – INTERPOL va intégrer l’outil PhotoDNA de Microsoft à sa base de données internationale sur l’exploitation sexuelle des enfants (ICSE) dans le cadre de son action visant à identifier les victimes d’abus pédosexuels dans le monde entier.

PhotoDNA effectue un calcul à partir des caractéristiques propres à une image numérique et crée une signature unique, également appelée « signature numérique ». Celle-ci permet d’effectuer des recoupements fiables et efficaces avec les signatures d’autres images. L’outil PhotoDNA se distingue des autres algorithmes de hachage en ce qu’il détecte également les images qui ont été modifiées, augmentant considérablement le nombre de recoupements possibles par rapport à un hachage classique.

L’outil PhotoDNA produira de nouvelles signatures – outre les signatures spécifiques créées avec d’autres algorithmes de hachage – pour les images figurant dans la base de données ICSE, grâce auxquelles les pays membres pourront effectuer des comparaisons avec leurs fichiers afin de détecter d’éventuelles correspondances.

« Il est essentiel que tout contenu mettant en scène des abus pédosexuels ou l’exploitation d’enfants soit analysé avec le plus grand soin et le plus efficacement possible pour identifier les victimes et leur porter secours dans les plus brefs délais », a déclaré Mick Moran, chef du service d’INTERPOL chargé de la lutte contre le trafic d’êtres humains et l’exploitation des enfants.

« Il est également indispensable de supprimer les doubles emplois afin que les policiers évitent de gaspiller des heures précieuses à tenter d’identifier une victime déjà secourue. L’intégration de l’outil PhotoDNA à la base de données ICSE permettra à nos pays membres de résoudre ce problème », a ajouté M. Moran. À l’heure actuelle, des enquêteurs spécialisés de 46 pays et d’Europol disposent d’un accès direct à la base ICSE ; la connexion de 25 pays supplémentaires est en cours.

« Le problème de la commercialisation d’images d’abus pédosexuels et de la revictimisation de ceux dont les photos continuent d’apparaître en ligne, est très troublant. PhotoDNA est un outil qui peut contribuer à résoudre ce problème car il permet de repérer les images les plus extrêmes, même lorsqu’elles ont été modifiées », a déclaré Courtney Gregoire, avocat principal au sein du service de lutte contre la criminalité numérique de Microsoft.

« Le don de PhotoDNA par Microsoft est un exemple supplémentaire de la valeur ajoutée apportée par les partenariats avec les secteurs public et privé, qui, dans ce cas-ci, permettra de secourir des victimes d’actes pédosexuels. INTERPOL continuera à collaborer avec ses partenaires pour faire face à cette forme de criminalité en constante évolution », a affirmé M. Glyn Lewis, Directeur du service de la Criminalité spécialisée et de l’analyse d’INTERPOL.

Les résultats obtenus grâce à PhotoDNA seront également disponibles sous forme de liste de signatures dans le cadre du projet Baseline d’INTERPOL, qui vise à donner au secteur privé et aux administrateurs de réseau les moyens de signaler et de retirer les contenus à caractère pédosexuel hébergés sur leurs réseaux.
Ce projet, qui est actuellement dans sa phase pilote, permet au secteur privé d’effectuer des vérifications croisées entre les signatures d’images hébergées sur leur réseau et celles d’images extraites des contenus pédosexuels les plus extrêmes figurant dans la base ICSE.

Accessible aux spécialistes de l’identification des victimes via le système mondial de communication policière sécurisée d’INTERPOL, I-24/7, la base ICSE utilise également un logiciel très élaboré de comparaison d’images pour établir des liens entre des victimes et des lieux. Fin mars 2015, la base de données avait permis d’identifier plus de 6 300 victimes d’abus pédosexuels et d’arrêter plus de 3 200 pédophiles.