All news
|
Print
10 avril 2014

Opération de lutte contre la fraude aux billets d’avion menée avec le concours d’INTERPOL

LA HAYE (Pays-Bas) – Plus de 180 personnes ont été arrêtées ou placées en détention lors d’une opération coordonnée par Europol et menée avec le concours d’INTERPOL dans des aéroports d’Europe et des Amériques dans le cadre de la lutte contre la fraude aux cartes bancaires et l’immigration illégale.

Cette opération de deux jours (8 et 9 avril) a rassemblé des services chargés de l’application de la loi du monde entier et a bénéficié du soutien du Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3), d’INTERPOL, de l’Agence européenne de gestion des frontières extérieures (Frontex) et d’Eurojust. Conduite en partenariat avec les secteurs du transport aérien, des voyages et des cartes bancaires, l’opération ciblait les transactions suspectes relatives à des billets d’avion effectuées via Internet à l’aide de cartes bancaires volées ou piratées.

L’initiative a été menée dans plus de 68 aéroports de 32 pays, à savoir 24 États membres de l’UE plus le Brésil, la Colombie, les États-Unis, l’Islande, la Norvège, le Pérou, la Suisse et l’Ukraine. Des représentants de 35 compagnies aériennes ont collaboré directement avec l’EC3, les services de police de l’ensemble de l’Union européenne, le Secret Service et le service de l’immigration et des douanes des États-Unis, la Police nationale colombienne et les sociétés du secteur des cartes bancaires Visa Europe, MasterCard et American Express, afin de repérer les ventes suspectes de billets d’avion effectuées via Internet.

Après avoir été alertées par des compagnies aériennes au sujet de plus de 265 transactions suspectes, les sociétés en question ont examiné ces transactions à l’aide de leurs propres systèmes de données financières, et l’Association internationale du transport aérien (IATA) a fourni des renseignements relatifs à la fraude. Des notifications ont été envoyées aux aéroports de différents pays du monde, ce qui a permis à la police d’arrêter des individus qui essayaient de voyager en utilisant des billets d’avion obtenus par des moyens frauduleux.

INTERPOL a aidé à l’identification des personnes recherchées et des documents de voyage volés grâce à ses bases de données criminelles, notamment sa base de données sur les documents de voyage volés et perdus (SLTD). Toutes les alertes concernant des passagers suspects ont donné lieu à des vérifications dans les bases de données d’INTERPOL, qui ont abouti à l’arrestation d’un ressortissant brésilien voyageant de Londres à Malaga (Espagne), déjà condamné pour abus pédosexuels et faisant l’objet d’une notice verte publiée à la demande des États-Unis.

D’après Glyn Lewis, Directeur de la Criminalité spécialisée et de l’analyse d’INTERPOL, des centaines de milliers de vols sont réservés chaque jour sur Internet, et l’émetteur du billet n’a souvent aucun moyen de vérifier l’authenticité de la carte bancaire utilisée, d’où un risque de fraude.

« Ce n’est qu’en effectuant simultanément ce type de vérifications coordonnées, ciblées et de grande ampleur que l’on peut détecter une éventuelle utilisation frauduleuse de cartes bancaires », a-t-il ajouté.

Il a également été souligné que la fraude aux cartes bancaires est un élément clé favorisant d’autres infractions graves, les enquêtes ayant en effet révélé que certaines des personnes placées en détention étaient liées à d’autres activités criminelles telles que le vol, l’immigration clandestine, les infractions sexuelles et les infractions en matière de stupéfiants.

« Pendant des années, les réseaux organisés de cybermalfaiteurs sont partis du principe que les services chargés de l’application de la loi ne pouvaient pas collaborer dans le cyberespace et agir avec rapidité et efficacité. Cette opération prouve une nouvelle fois qu’ils avaient tort », a déclaré Troels Oerting, Chef de l’EC3 d’Europol.

« La réussite de cette opération marque un tournant pour toutes les parties concernées – les services chargés de l’application de la loi et les partenaires du secteur privé –, et montre qu’un nouvel objectif est atteint dans la lutte contre la cybercriminalité, cette menace par nature mondiale » a-t-il conclu.