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06 juin 2014

Un effort collectif est indispensable pour faire reculer la criminalité pharmaceutique, déclare le chef d’INTERPOL

Cet appel fait suite à la saisie de près de 200 tonnes de médicaments lors d’une opération menée en Afrique de l’Ouest


LYON (France) – Le chef d’INTERPOL a appelé à un renforcement de la collaboration aux fins de la lutte contre la criminalité pharmaceutique, suite à une récente opération menée en Afrique de l’Ouest qui a donné lieu à la saisie de près de 200 tonnes de médicaments illicites ou de contrefaçon d’une valeur de près de 25 millions d’USD.

S’exprimant lors de l’Assemblée générale de la Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (EFPIA), le Secrétaire Général, Ronald K. Noble, a déclaré que les dangers que représentent les contrefaçons de médicaments à l’échelle mondiale exigent des mesures à tous les niveaux.

« La vente de produits pharmaceutiques faux, illicites ou de contrefaçon ne met pas seulement en péril la santé de millions de personnes par jour ; elle donne également à des malfaiteurs la possibilité d’engranger des profits considérables en prenant peu de risques », a déclaré M. Noble.

« Pour combattre efficacement ce problème, une action conjointe doit être entreprise, associant les services chargés de l’application de la loi, le secteur privé, les autorités sanitaires et, très important, le public. Ce n’est qu’en conjuguant nos efforts que nous pourrons agir contre cette forme de criminalité et la faire reculer », a conclu le chef d’INTERPOL.

M. Noble a déclaré qu’il était essentiel de mener des actions de sensibilisation à ce problème, et que la sensibilisation était l’un des piliers de la campagne d’INTERPOL baptisée Turn Back Crime, dont le but est d’aider le public à mieux comprendre les liens entre les différentes formes de criminalité et de lui donner les moyens de choisir en connaissance de cause les produits qu’il achète, que ce soit dans les commerces ou sur Internet.

L’opération Pangea VII coordonnée par INTERPOL, à laquelle ont participé 111 pays et qui était dirigée contre les réseaux criminels à l’origine de la vente de faux médicaments par des pharmacies en ligne illégales, a conduit à l’arrestation de 237 personnes dans le monde entier et à la saisie de médicaments potentiellement dangereux d’une valeur totale de plus de 36 millions d’USD.

Pendant les trois jours (27 - 29 mai) qu’a duré l’opération Porcupine menée par INTERPOL en Afrique de l’Ouest, quelque 2 000 représentants de la police, des autorités sanitaires, des autorités de contrôle des médicaments et des douanes ont participé à plus de 500 interventions et enquêtes fondées sur le renseignement dans 20 villes du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Sénégal et du Togo.

Cette opération, qui était organisée en partenariat avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et coordonnée par l’unité Contrefaçon de produits médicaux et criminalité pharmaceutique d’INTERPOL, a ciblé des marchés, des boutiques, des dépôts, des pharmacies et des domiciles de particuliers.

Plus de 300 points de vente illégaux ont été recensés et fermés dont, au Togo, un dépôt de médicaments illicite situé juste en face d’un centre régional de santé. Outre des médicaments illicites et de contrefaçon, on a également retrouvé des médicaments périmés, parfois depuis plus de cinq ans, et des antipaludéens détournés.

« Nous sommes heureux d’avoir contribué à la réussite de cette opération qui visait à éliminer du marché des médicaments potentiellement dangereux, et d’avoir donné la preuve de la détermination sans faille du Togo à lutter contre toutes les formes de criminalité », a déclaré Mimpame Bolenga, chef du Bureau central national INTERPOL du Togo.

L’opération – l’une des plus vastes menées en Afrique de l’Ouest – s’appuie sur la Déclaration d’Addis Abeba de décembre 2013, qui affirme la volonté des pays de la région de renforcer la lutte contre la contrefaçon de produits médicaux et les autres infractions relevant de la criminalité pharmaceutique.