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25 mars 2014

Le Sommet sur la sécurité nucléaire appelle au développement du partage d’informations avec INTERPOL

Le chef d’INTERPOL met en garde contre les lacunes dans la communication internationale, qui compromettent la sécurité nucléaire


LA HAYE (Pays-Bas) ‒ Le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, a déclaré, lors du Sommet sur la sécurité nucléaire de 2014, qu’il convient d’améliorer le partage d’informations afin de combler les importantes lacunes constatées dans la capacité à faire face, au niveau international, aux menaces qui pèsent sur la sécurité nucléaire.

Le chef d’INTERPOL a précisé que, conformément à l’engagement pris par l’Organisation lors du sommet de Séoul de 2012 concernant la collecte et le partage d’informations essentielles, exploitables, sur les trafiquants de matières radioactives, 23 individus de cinq pays différents faisaient désormais l’objet d’alertes INTERPOL dans le cadre de l’Opération Fail Safe.

Le Secrétaire Général a toutefois averti que ces individus, condamnés pour trafic de matières nucléaires ou radioactives, avaient, depuis, été libérés et pourraient être actifs. Le chef d’INTERPOL a ajouté que 285 autres menaces potentielles étaient en cours d’examen dans les pays membres.

« Si des réseaux criminels et terroristes préparent des attaques au niveau international à l’aide de matières nucléaires ou d’autres matières radioactives, les conséquences ne s’arrêteront pas aux frontières », a prévenu le Secrétaire Général d’INTERPOL, invitant les plus de 50 chefs d’État présents à s’intéresser de près à la façon dont les services de sécurité de leurs pays partagent les informations.

« La quasi-totalité des services de sécurité nationaux sont experts dans l’art d’assurer la sécurité de vos pays en gardant secrètes les informations sensibles et en ne les partageant qu’avec vos partenaires de confiance.

« Il faut maintenant qu’ils deviennent experts dans l’art de savoir quand et comment partager les informations au niveau international », a-t-il ajouté.

Les participants au Sommet sur la sécurité nucléaire de 2014 ont déclaré que les principaux défis pour les années à venir consistaient à renforcer la sécurité nucléaire et à empêcher les terroristes et autres criminels d’acquérir des matières pouvant servir à la fabrication d’armes nucléaires.

Ce sommet de deux jours (24 et 25 mars), organisé à La Haye, a également permis de mettre en lumière les dangers inhérents au trafic de matières nucléaires et d’encourager tous les États à développer le partage d’informations, y compris via INTERPOL.

L’accent étant également mis sur l’importance croissante de la sécurisation des informations enregistrées dans les systèmes informatiques, M. Noble a affirmé qu’INTERPOL se tenait prêt à aider à sécuriser les installations contre les nouvelles menaces « provenant non pas d’une brèche dans un mur mais d’un port USB ou d’une pièce jointe à un courriel ».

Quelque 600 fonctionnaires de près de 70 pays ont déjà participé à la formation sur la lutte contre le trafic de matières nucléaires organisée par INTERPOL en collaboration avec les Nations Unies, l’AIEA, l’Union européenne, l’Institut néerlandais de police scientifique et le ministère de l’Énergie des États-Unis.

L’Opération Fail Safe d’INTERPOL aide la communauté mondiale des services chargés de l’application de la loi en surveillant et en suivant en temps réel les déplacements des individus qui se livrent au trafic de matières nucléaires ou d’autres matières radioactives, principalement au moyen du système des notices INTERPOL. Les notices vertes sont ainsi publiées pour alerter les pays membres sur les activités criminelles de personnes dont on considère qu’elles constituent une menace pour la sécurité publique.

Dans le cadre de l’Opération Fail Safe, les agents des services chargés de l’application de la loi en poste aux frontières ou en d’autres lieux stratégiques ont la possibilité d’interroger les bases de données d’INTERPOL pour vérifier instantanément si une personne fait l’objet d’une notice verte. Toute concordance déclenchera la transmission d’un message d’alerte contenant des informations détaillées sur le pays/l’endroit où se trouve la personne et sur l’identité de celle-ci au Centre de commandement et de coordination (CCC) d’INTERPOL, fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, situé au siège du Secrétariat général, à Lyon (France), lequel en informera le Programme CBRNE d’INTERPOL.