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09 mars 2014

INTERPOL confirme qu’au moins deux passeports volés et utilisés par des passagers du vol 370 de la compagnie Malaysia Airlines porté disparu étaient enregistrés dans les bases de données de l’Organisation

INTERPOL effectue des vérifications concernant d’autres passeports suspects


LYON (France) ‒ INTERPOL peut confirmer qu’au moins deux passeports – autrichien et italien – enregistrés dans sa base de données sur les documents de voyage perdus et volés (SLTD) ont été utilisés par des passagers pour embarquer à bord du vol MH 370 de la compagnie Malaysia Airlines porté disparu.

Ces passeports ont été enregistrés dans la base de données SLTD après avoir été volés en Thaïlande, respectivement en 2012 et 2013. INTERPOL effectue également des vérifications sur tous les autres passeports utilisés pour embarquer sur le vol MH 370 qui pourraient avoir été déclarés volés.

Les passeports autrichien et italien volés n’ont été contrôlés par aucun pays entre le moment où ils ont été enregistrés dans la base de données d’INTERPOL et le départ du vol MH 370. Pour l’heure, l’Organisation n’est donc pas en mesure de déterminer combien de fois ils ont été utilisés pour monter à bord d’avions ou pour franchir des frontières.

INTERPOL est actuellement en contact avec ses Bureaux centraux nationaux dans les pays concernés afin d’établir la véritable identité des passagers qui ont utilisé ces passeports volés pour embarquer sur le vol de Malaysia Airlines disparu.

« S’il est trop tôt pour spéculer sur un éventuel lien entre ces passeports volés et la disparition de l’avion, il est tout de même très préoccupant que des passagers puissent monter à bord d’un vol international en présentant un passeport volé enregistré dans les bases de données d’INTERPOL », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, Ronald K. Noble.

« L’important, pour l’instant, est de connaître la raison de la disparition du vol Malaysia Airlines 370, et c’est pourquoi INTERPOL met à disposition toutes les ressources nécessaires pour aider les autorités concernées, en Malaisie et ailleurs, à comprendre ce qui s’est passé. En attendant, nous adressons nos pensées et nos prières aux parents et aux amis des 239 passagers et membres d’équipage », a-t-il poursuivi.

« Nous sommes dans une situation dans laquelle nous espérions ne jamais nous trouver. Depuis des années, INTERPOL se demande pourquoi des pays attendent qu’une tragédie se produise pour mettre en place des mesures de sécurité adéquates aux frontières et aux portes d’embarquement », a déclaré le Secrétaire Général.

« Aujourd’hui, la réalité est là, et le monde se demande si les porteurs des passeports volés étaient des terroristes, alors qu’INTERPOL ne comprend pas pourquoi seuls quelques pays au monde prennent la précaution de vérifier que des personnes en possession de passeports volés ne montent pas à bord de vols internationaux », a ajouté le chef d’INTERPOL, attirant l’attention sur l’accroissement prévu des déplacements internationaux, qui devraient atteindre le chiffre de 1,5 milliard de passagers d’ici 2017.

L’an dernier, plus d’un million de passagers ont pu prendre l’avion sans que leur passeport ne fasse l’objet de vérifications dans les bases de données d’INTERPOL. Dès 2002, au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001, l’Organisation a créé sa base de données SLTD afin d’aider les pays à sécuriser leurs frontières et à protéger leurs citoyens contre les terroristes et autres dangereux malfaiteurs connus pour utiliser des documents de voyage frauduleux.

Si, au début, les passeports enregistrés et les recherches effectuées dans cette base de données atteignaient quelques milliers, on compte aujourd’hui plus de 40 millions d’enregistrements et le nombre d’interrogations effectuées chaque année dépasse les 800 millions, avec une moyenne de 60 000 signalements positifs. En 2013, les États-Unis ont effectué plus de 238 millions de recherches, le Royaume-Uni, plus de 140 millions, et les Émirats arabes unis, plus de 104 millions[*].

Malheureusement, peu nombreux sont les pays membres qui interrogent systématiquement les bases de données d’INTERPOL pour déterminer si un passager utilise un document de voyage volé ou perdu au moment d’embarquer à bord d’un avion.

« Si Malaysia Airlines et toutes les compagnies aériennes du monde pouvaient comparer les passeports de leurs futurs passagers avec la base de données d’INTERPOL, nous n’en serions pas à nous demander si les passeports volés utilisés pour monter à bord du vol MH 370 l’ont été par des terroristes. Nous saurions qu’aucun des passagers n’a utilisé un passeport volé pour prendre cet avion », a déclaré M. Noble.

« Par égard pour les innocents passagers qui subissent des mesures de sécurité contraignantes avant l’embarquement afin d’être sûrs d’arriver à bon port, j’espère sincèrement que les gouvernements et les compagnies aériennes du monde entier vont tirer la leçon de la tragédie de la disparition du vol MH 370 et commencer à contrôler les passeports de tous les passagers avant d’autoriser ceux-ci à embarquer. Ainsi, nous aurons vraiment fait progresser la sécurité des déplacements », a conclu le chef d’INTERPOL.

*Texte mis à jour le 11 mars avec les chiffres de 2013.