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24 février 2014

La prévention de l’utilisation par les terroristes et les malfaiteurs de passeports volés essentielle pour la sécurité mondiale, selon le chef d’INTERPOL

Des félicitations adressées aux Émirats arabes unis, troisièmes plus gros utilisateurs de la base de données d’INTERPOL sur les documents volés ou perdus pour la vérification de passeports


ABOU DHABI (Émirats arabes unis) – Les évolutions telles que l’essor des déplacements internationaux ont entraîné une augmentation des vols d’identité, et les services chargés de l’application de la loi doivent collaborer avec le secteur privé afin d’assurer la protection des citoyens, a déclaré le chef d’INTERPOL lors d’un forum international sur la sécurité de l’identité.

S’exprimant lors du 7ème Sommet annuel ID WORLD (24 et 25 février), le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, a indiqué que les malfaiteurs tiraient parti de la mondialisation pour usurper l’identité de citoyens respectueux des lois et éviter ainsi d’être repérés lorsqu’ils préparent ou commettent des infractions.

M. Noble a déclaré que les pays qui accordent une importance particulière à la protection de leurs frontières contre les terroristes, les faux monnayeurs et les auteurs d’autres infractions disposaient de solides atouts pour assurer le développement durable de leur économie et de leur société, dans la mesure où il ne pouvait y avoir de développement durable que dans un environnement sûr et stable.

Le chef d’INTERPOL a rappelé l’exemple de Samantha Lewthwaite, surnommée la « veuve blanche », épouse de l’un des auteurs des attentats suicides commis à Londres en 2005, et actuellement recherchée au niveau international par le Kenya pour détention d’explosifs. Cette personne a utilisé un document d’identité frauduleux pour se rendre à l’étranger, obtenir un emploi, signer des contrats de location et obtenir des prêts, à chaque fois au nom de la personne dont elle usurpait l’identité sans que celle-ci en ait conscience.

Cette affaire illustre « la tension vécue au quotidien par les services chargés de l’application de la loi dans leur travail visant à assurer la sécurité publique », a indiqué M. Noble, une tension due à la nécessité de procéder à des contrôles pour identifier des malfaiteurs tout en veillant à ce que ces contrôles ne portent pas atteinte aux droits des citoyens.

« Si l’on veut atteindre cet objectif, il faut commencer par améliorer l’utilisation, la rapidité et la précision des mécanismes d’identification et des contrôles aux frontières de nos pays », a ajouté le chef d’INTERPOL.

La base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage volés et perdus (SLTD) contient actuellement 40 millions d’enregistrements provenant de 167 pays. Bien qu’elle ait été interrogée plus de 800 millions de fois en 2013, notamment par les Émirats arabes unis, qui à eux seuls ont effectué un huitième des vérifications et en sont les troisièmes plus gros utilisateurs, M. Noble a déclaré que trop peu de pays avaient recours à cet outil de police mondial essentiel.

« Nous déplorons que la base de données SLTD, qui présente un remarquable rapport coût-efficacité et peut être déployée quasiment partout dans le monde, ne soit systématiquement utilisée que par quelques pays lors des contrôles de voyageurs.

« Cela crée une faille importante dans notre dispositif mondial de sécurité, de ce fait vulnérable aux agissements des malfaiteurs et des terroristes », a indiqué le Secrétaire Général.

Afin d’identifier les individus faisant usage de documents frauduleux avant qu’ils ne tentent de traverser une frontière ou de monter à bord d’un avion, INTERPOL a mis au point I-Checkit, une initiative qui permettra aux partenaires du secteur privé spécialisés dans les voyages, l’hôtellerie et les banques de vérifier dans la base de données SLTD les documents que leur présentent les clients lors de la réservation d’un billet d’avion, de leur arrivée dans un hôtel ou de l’ouverture d’un compte en banque.

« Pourtant, nous savons tous aujourd’hui qu’une menace encore plus grande concernant notre identité se profile et qu’elle ne vient pas tant de la personne que nous croisons dans l’avion, à l’hôtel ou à la banque, mais plutôt d’une personne que nous n’avons jamais vue, que nous ne connaissons pas et qui peut se trouver à l’autre bout du monde », a déclaré le chef d’INTERPOL, attirant l’attention sur la menace croissante que constitue la cybercriminalité.

L’organisation mondiale de police entend donc créer au Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation (CMII) un système de cyberalerte qui lui permettra, de même qu’à ses pays membres et partenaires du secteur privé, d’échanger avec la police et le public des informations capitales sur les nouvelles cybermenaces. Le CMII ouvrira à Singapour à la fin de l’année.

À l’avenir, « de plus en plus de malfaiteurs agiront sur Internet et dans l’anonymat », comme l’a indiqué M. Noble, en appelant les services chargés de l’application de la loi à travailler en étroite coopération avec des partenaires du secteur de l’information et des télécommunications, de manière à conserver une longueur d’avance.

Parmi les principaux orateurs du forum ID WORLD figuraient M. Richard Kerby, Conseiller interrégional des Nations Unies ; M. Luigi Soreca, Chef de l’unité Affaires internationales (Direction générale des Affaires intérieures) de la Commission européenne ; M. Ali Al Khouri, Directeur général de l’administration chargée de l’identité aux Émirats arabes unis ; et M. Pereira A. Silima, Vice-ministre tanzanien de l’Intérieur.