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22 janvier 2014

L’Afrique du Sud demande la publication de notices INTERPOL pour des bateaux soupçonnés de pêche illégale et d’atteintes aux droits de l’équipage

LYON (France) – L’Afrique du Sud a demandé la publication de notices mauves INTERPOL afin de localiser deux navires dont les exploitants sont soupçonnés de pêche illégale ainsi que d’infractions au droit du travail et de violation des droits de l’homme commises au préjudice de leurs équipages.

Les deux bateaux de pêche Samudera Pasific N° 8 et Berkat Menjala N° 23 faisaient partie d’une flotte de 10 bâtiments arraisonnés en novembre 2013 par le Département sud-africain de l’Agriculture, de la forêt et de la pêche (DAFF) pour diverses infractions présumées en matière de pêche, et qui étaient également soupçonnés de partager frauduleusement la même licence de pêche.

Soixante-quinze membres d’équipage qui n’avaient pas été payés depuis plusieurs mois ont été évacués des navires où ils avaient été contraints de travailler et de vivre dans des conditions anormales de sécurité et d’hygiène. Il a également été découvert que ces bateaux possédaient de faux certificats d’immatriculation.

Le DAFF sud-africain pense que ces deux navires sans nationalité ont quitté le port du Cap le 29 décembre pour se soustraire à la suite de l’enquête. Les autorités ont demandé la publication de notices mauves INTERPOL afin d’informer les autres pays de la menace pesant sur la sûreté et la sécurité des personnes à bord, ainsi que des risques de pollution de l’environnement marin et côtier. Ces bateaux sont susceptibles d’avoir changé de pavillon, de nom ainsi que d’autres éléments d’identification.

« Par l’intermédiaire d’INTERPOL, nous demandons à la communauté mondiale des services chargés de l’application de la loi de nous aider dans notre enquête sur les activités préoccupantes associées à ces deux navires, et de contribuer à mettre un terme à l’état de non-droit et à la tromperie en mer », a déclaré M. Mtoba, Directeur central du service du DAFF chargé du Suivi, du contrôle et de la surveillance, et responsable du projet mené dans le domaine du renforcement des capacités et de la sensibilisation par le Groupe de travail INTERPOL sur la pêche illégale.

« Les activités de ces navires constituent une menace non seulement pour les ressources marines mais aussi pour la sûreté et le bien-être des équipages présents à leur bord », a ajouté M. Mtoba.

Les notices mauves INTERPOL visent à solliciter ou à fournir des informations sur des modes opératoires, des objets, des dispositifs et des méthodes de dissimulation employés par des malfaiteurs.

« La demande formulée par l’Afrique du Sud montre la détermination de nos pays membres à utiliser efficacement les outils et services mondiaux d’INTERPOL dans leur action de lutte contre la pêche illégale », a déclaré M. David Higgins, le chef du service d’INTERPOL chargé de la sécurité environnementale.

« Nous nous félicitons du rôle moteur joué par l’Afrique du Sud dans cette enquête et continuerons à travailler en étroite collaboration avec les autorités sud-africaines, tous nos pays membres et les organisations luttant contre cette forme de criminalité », a ajouté M. Higgins, saluant la communication constante avec le Secrétariat de la Commission des thons de l’océan Indien.

La Commission des thons de l’océan Indien est l’organisation intergouvernementale chargée de la gestion des thons et des espèces apparentées dans l’océan Indien et les mers adjacentes, y compris de la promotion du respect des mesures de préservation et de gestion.

En utilisant des notices mauves pour recueillir et diffuser des informations sur les bateaux de pêche menant des activités illicites, INTERPOL cherche à promouvoir une surveillance accrue des exploitants de ces navires, particulièrement mobiles et insaisissables, à encourager une action internationale aux fins de la lutte contre la pêche illégale et à améliorer l’application des lois relatives à la pêche en soutenant les mesures de conformité adoptées par les services nationaux compétents et les organisations régionales de gestion de la pêche.