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06 novembre 2013 - Media release

Le Costa Rica utilise la notice mauve INTERPOL pour lancer une alerte contre le prélèvement illégal des ailerons de requin

LYON (France) – Une alerte concernant une méthode de prélèvement des ailerons de requin permettant d’éviter la détection de pratiques illégales a été diffusée à l’ensemble des 190 pays membres d’INTERPOL après la découverte d’un cas par les autorités du Costa Rica.

Une notice mauve a été publiée, qui décrit le mode opératoire utilisé : une simple bande de peau est conservée pour que l’aileron reste attaché à la colonne vertébrale, et le reste du corps est rejeté à la mer. Cette méthode a pour but de contourner la loi qui interdit l’amputation des ailerons de requin, selon laquelle les ailerons doivent être « naturellement attachés » au corps du requin.

Des informations détaillées sur cette affaire, découverte par le service national des garde-côtes du Costa Rica, ont été présentées par le chef du Bureau central national INTERPOL (B.C.N.) de San José, lors de la 2ème réunion du Groupe de travail INTERPOL sur la pêche illégale, qui s’est ouverte à Nairobi (Kenya) le lundi 4 novembre.

Le chef du B.C.N. de San José, M. Gustavo Chinchilla, a déclaré : « Voici une occasion d’encourager d’autres pays membres à envoyer des informations concernant les différents modes opératoires utilisés, afin d’alerter les services chargés de l’application de la loi sur les atteintes à l’environnement. Je suis intimement convaincu que la coopération internationale et l’utilisation des outils d’INTERPOL, par exemple des notices mauves, nous permettent d’apporter une réponse plus coordonnée et plus efficace aux problèmes rencontrés dans le domaine de la pêche ».

La publication de cette notice mauve – qui vise à solliciter ou à fournir des informations sur des modes opératoires, des objets, des dispositifs et des méthodes de dissimulation employés par des malfaiteurs – a été demandée par le Costa Rica, après son premier Séminaire national sur la sécurité environnementale (NESS) organisé à San José en août dernier.

Le séminaire a réuni des fonctionnaires chargés de l’application de la loi du service national de lutte contre les atteintes à l’environnement, de la Police nationale et du B.C.N. de San José, ainsi que des officiers spécialisés du service d’INTERPOL chargé de la sécurité environnementale au siège du Secrétariat général à Lyon (France). Il a été l’occasion d’un débat et d’un échange d’informations sur la pêche illégale et les autres infractions connexes.

« L’amélioration de la communication et l’accroissement des échanges d’informations entre les pays donnent aux services chargés de l’application de la loi un avantage supplémentaire et facilitent l’identification des malfaiteurs ainsi que le repérage des nouvelles techniques criminelles. L’utilisation par le Costa Rica du système des notices INTERPOL en est un parfait exemple » a déclaré M. David Higgins, le chef du service d’INTERPOL chargé de la sécurité environnementale.

« Il s’agit là de la deuxième notice mauve sur la pêche illégale, et nous espérons qu’elle encouragera d’autres pays membres à faire un usage accru des notices INTERPOL pour lutter contre tous les types d’atteintes à l’environnement », a ajouté M. Higgins.

La notice mauve a été publiée dans le cadre du projet Scale d’INTERPOL, une initiative mondiale visant à détecter, réprimer et combattre la pêche illégale, qui coûterait jusqu’à 23 milliards de dollars à l’économie mondiale chaque année, et est liée à d’autres formes de criminalité organisée et transnationale, y compris la corruption, le blanchiment d’argent, les documents frauduleux et le trafic de stupéfiants et d’êtres humains.

Le projet Scale a été lancé en février 2013 et est financé par le ministère des Affaires étrangères norvégien, le Département d’État des États-Unis et lePew Charitable Trusts. Il permettra non seulement de sensibiliser à la pêche illégale, mais aussi de coordonner des opérations afin de lutter contre ce type de criminalité, de perturber les itinéraires de trafic et d’harmoniser l’action des services chargés de l’application de la loi aux niveaux national et régional.