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04 novembre 2013 - Media release

Une réunion INTERPOL sur la piraterie maritime cible les chefs des réseaux en créant une nouvelle équipe conjointe d’enquête régionale

ZANZIBAR (Tanzanie) – Le ciblage des personnes qui organisent, dirigent et financent les réseaux de piraterie maritime et le renforcement des capacités d’enquête sont au cœur de la première réunion de coordination des enquêtes menées dans le cadre de la lutte contre la piraterie maritime au titre du projet EVEXI (Evidence Exploitation Initiative– Initiative d’exploitation des éléments de preuve).

Cette réunion rassemble pendant trois jours (du 4 au 6 novembre) des enquêteurs des cinq pays participant à EVEXI (le Kenya, Maurice, les Seychelles, la Somalie – y compris le Somaliland, le Galmudug et le Pount – et la Tanzanie), ainsi que des procureurs européens et des représentants du RAPPICC (Regional Anti-Piracy Prosecutions Intelligence Co-ordination Centre– Centre régional de coordination du renseignement et des poursuites en matière de piraterie maritime).

Outre l’échange direct d’informations sur les enquêtes et les poursuites en cours en matière de piraterie maritime, cette réunion verra la création de la première équipe d’enquête conjointe à laquelle participeront des représentants du Kenya, des Seychelles et de la Tanzanie.

Celle-ci permettra aux enquêteurs et aux procureurs de la région d’échanger et d’examiner des éléments de preuve essentiels, et de trouver des moyens pour mieux coordonner leur action en ciblant non seulement les pirates présumés capturés en mer, mais aussi « les réseaux criminels internationaux associés à la piraterie au large des côtes somaliennes, y compris ceux qui sont responsables du financement et de la facilitation illicites » dont fait état la résolution 2077 du Conseil de sécurité de l’ONU.

En ouvrant la réunion, M. Mohamed Aboud Mohamed, Ministre d’État au Cabinet du deuxième Vice-Président de Zanzibar, a déclaré : « Les moyens avec lesquels les bandes organisées se coordonnent et opèrent au-delà des frontières exigent des formes de coopération tout aussi élaborées et efficaces entre les pays africains et dans le monde entier ».

« Eu égard à l’ampleur de la piraterie dans notre région, il est urgent de mettre en place des mécanismes d’application de la loi solides et un appareil judiciaire fonctionnel pour lutter contre la piraterie. Nous devons définir des stratégies régionales qui permettront d’établir une feuille de route claire pour lutter contre la piraterie et les autres infractions », a conclu M. Mohamed.

Le Directeur exécutif des Services de police d’INTERPOL, M. Jean-Michel Louboutin, a encouragé à une utilisation accrue des outils et des services de l’organisation mondiale de police pour poursuivre l’action en s’appuyant sur les succès déjà obtenus.

« La base de données d’INTERPOL sur la piraterie maritime, qui est unique au monde, contient des éléments d’identification sur les pirates et les personnes qui financent la piraterie, ainsi que d’autres informations essentielles pour la résolution des affaires et l’établissement de liens entre les enquêtes », a déclaré M. Louboutin.

« Pour tirer le meilleur profit des outils et des services opérationnels d’INTERPOL de manière à faire progresser les enquêtes transnationales, les pays doivent veiller à ce que la coordination opérationnelle et l’échange d’informations deviennent la règle plutôt que l’exception », a ajouté M. Louboutin.

Lancé par la Cellule spécialisée dans la piraterie maritime d’INTERPOL en janvier 2012, le premier projet EVEXI était une initiative stratégique d’un an visant à fournir une aide immédiate à la communauté des services chargés de l’application de la loi par la mise en place d’un cadre régissant l’échange d’informations systématique et coordonné.

Au titre d’EVEXI, une série de procédures normalisées ont été élaborées, notamment pour procéder à l’interrogatoire des pirates capturés et à l’audition des otages libérés, rassembler des éléments de preuve matériels et testimoniaux juridiquement recevables, et échanger des renseignements à l’appui des enquêtes et des poursuites judiciaires en cours et futures.

Les informations enregistrées dans la base de données mondiale d’INTERPOL sur la piraterie maritime ont permis d’analyser les réseaux de piraterie au niveau mondial, d’identifier des cibles de grande importance et de repérer leurs avoirs. Des notices rouges INTERPOL (avis de recherche internationaux) ont été publiées à l’encontre de plusieurs individus de premier plan appartenant à ces réseaux.

« Nous avons constaté l’efficacité du modèle EVEXI pour aider les pays à coordonner la lutte contre la piraterie maritime, et non seulement l’équipe d’enquête conjointe obtiendra de meilleurs résultats, mais elle servira de modèle pour la coopération à venir et les futures enquêtes sur les réseaux de criminalité organisée transnationale », a déclaré M. Pierre St Hilaire, chef de l’unité Sécurité maritime d’INTERPOL.

En août 2013, grâce au financement de la Norvège, INTERPOL a lancé le deuxième projet EVEXI. Ce projet, auquel participeront le Kenya, Maurice, la Tanzanie, les Seychelles et la Somalie, contribuera au renforcement des capacités d’enquête et coordonnera les enquêtes menées en parallèle ainsi que les demandes d’entraide judiciaire des différents pays.