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31 octobre 2013 - Media release

La protection des victimes d’abus pédosexuels au centre d’une réunion INTERPOL

LYON (France) – Des spécialistes de l’identification des victimes sur Internet et de la protection des enfants venus du monde entier se sont réunis au siège du Secrétariat général d’INTERPOL pour échanger des informations qui pourraient permettre de découvrir des liens entre des enquêtes menées sur des abus pédosexuels partout dans le monde.

La Réunion du Groupe spécialisé d’INTERPOL sur la criminalité contre l’enfance a duré quatre jours (du 28 au 31 octobre) et a rassemblé 149 experts venus de 38 pays, d’organisations non gouvernementales et du secteur privé pour échanger de bonnes pratiques en matière de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants et la diffusion en ligne d’images d’abus, ainsi que l’identification des victimes.

Parmi les sujets abordés lors de la réunion figuraient les stratégies de prévention des abus, les comportements des auteurs, les opérations d’infiltration sur Internet, la mise en place de services nationaux spécialisés dans la lutte contre la pédocriminalité, le rôle des réseaux sociaux, le trafic d’êtres humains et les outils d’identification des victimes. Dans la mesure où les rapports montrent que plus de 70 pays ne disposent d’aucune législation définissant ce qu’est un contenu pédosexuel, la réunion comportait également une série d’ateliers régionaux et un forum d’échanges sur les affaires en cours.

Les participants ont recommandé l’instauration d’une politique internationale concernant la vérification des antécédents criminels des personnes travaillant au contact d’enfants (dans des écoles ou des crèches, par exemple), et ont encouragé les pays membres à utiliser les notices vertes INTERPOL pour les délinquants sexuels. La facilité avec laquelle les enfants peuvent accéder sans contrôle aux cybercafés dans un grand nombre de pays a également fait l’objet de débats, ainsi que la nécessité de mieux comprendre les critères d’obtention des autorisations d’ouverture de ces établissements dans le monde entier.

Des partenaires du secteur privé tels que ZiuZ et Visual Intelligence ont parrainé la réunion, de même que Netclean, BlueBear et Videntifier. 

À ce jour, la collaboration internationale via le réseau INTERPOL a permis d’identifier à travers le monde près de 2 000 personnes soupçonnées d’abus pédosexuels dont, très récemment, un bénévole d’une école américaine accusé d’agression sexuelle sur une fillette de huit ans.

Le suspect âgé de 37 ans a été localisé et arrêté tout juste quatre jours après que les services de police danois ont partagé une vidéo avec leurs homologues via la base de données internationale d’INTERPOL sur l’exploitation sexuelle des enfants (ICSE) dans le cadre des actions menées pour identifier la victime inconnue. Des enquêteurs australiens ont transmis d’autres vidéos de la même victime, qui ont permis d’établir qu’une école de l’État de Washington était le lieu où ces abus avaient été commis.

« Rassembler des experts du monde entier pour ces réunions du groupe de travail spécialisé est essentiel à la mise en commun d’informations concernant des affaires, afin de mettre au jour de nouvelles pistes et de permettre l’identification des prédateurs sexuels et de leurs victimes », a déclaré M. Michael Moran, Chef du service Trafic d’êtres humains et exploitation des enfants.

« Un autre aspect important de ces réunions est de permettre aux enquêteurs d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour mener des enquêtes approfondies sur tous les aspects des abus pédosexuels, identifier les victimes aussi rapidement que possible et les mettre à l’abri de tout danger futur. Il est important de se souvenir que ces contenus ne sont pas seulement des images, mais aussi des éléments de preuve établissant qu’un enfant a été victime d’abus », a conclu M. Moran.

La base de données ICSE, qui est gérée par le service d’INTERPOL chargé de la lutte contre la pédocriminalité, peut être interrogée par les enquêteurs spécialisés partout dans le monde et contient des images relatives à des milliers de victimes d’exploitation sexuelle, ainsi que d’autres mettant en scène de nombreuses victimes non identifiées auxquelles les polices du monde entier espèrent pouvoir venir en aide.

Afin de renforcer les actions menées par les services de répression pour identifier les victimes d’abus, le Laboratoire INTERPOL d’identification des victimes d’abus pédosexuels (ViLab) a été mis en place en 2012. Cet outil d’enquête mobile permet aux utilisateurs préalablement formés de visionner des images d’abus pédosexuels (qui peuvent être expurgées en fonction du public) liées à des enquêtes en cours ou à des affaires non élucidées, afin d’aider à déterminer où ces abus ont été commis.