All news
|
Print
30 août 2013 - Media release

Le Procureur du TPIR rend hommage à INTERPOL pour le soutien apporté aux enquêtes visant à appréhender les génocidaires rwandais en fuite

LYON (France) – Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), créé par les Nations Unies, a rendu hommage à INTERPOL pour le rôle essentiel qu’il joue sans relâche afin d’aider à localiser et à appréhender les fugitifs recherchés en relation avec le génocide rwandais de 1994.

Suite à la récente publication d’un manuel sur la localisation et l’arrestation des personnes recherchées par la justice pénale internationale : les enseignements tirés du Tribunal pénal international pour le Rwanda (The Tracking and Arrest of Fugitives from International Criminal Justice: Lessons from the International Criminal Tribunal for Rwanda), le TPIR a félicité INTERPOL pour le soutien en matière d’enquête qu’il continue à apporter aux autorités qui recherchent les génocidaires toujours en fuite. 

Le Procureur du TPIR, M. Hassan Bubacar Jallow, a souligné le rôle important joué par divers organismes et plusieurs pays membres afin d’aider à traduire en justice les génocidaires rwandais en fuite.

En particulier, il a salué « les résultats obtenus par le Tribunal dans sa traque des fugitifs, y compris ceux qui mènent cette traque pour leur dévouement dans des conditions difficiles et parfois dangereuses ; INTERPOL pour le soutien qu’il apporte en matière d’enquêtes », et d’autres organisations pour leur précieuse assistance.

Depuis 2001, INTERPOL a publié 23 notices rouges à l’encontre de personnes recherchées au niveau international, à la demande du TPIR, son service de soutien aux enquêtes sur les malfaiteurs en fuite (FIS) ayant prêté directement son concours à l’arrestation de neuf individus recherchés par le tribunal pour des faits en relation avec le génocide.

Parmi les individus arrêtés avec l’aide d’INTERPOL figuraient Dominique Ntawukuriryayo, un haut fonctionnaire dans la circonscription de Gisagara ayant organisé le massacre de Tutsis de sa circonscription, arrêté en France en 2007 ; Callixte Nzabonimana, le ministre de la Jeunesse et l’un des cerveaux présumés du génocide, arrêté en Tanzanie en 2008 ; et Jean Bosco Uwinkindi, un pasteur ayant empêché des Tutsis de se réfugier dans son église et participé à de nombreuses attaques, arrêté en Ouganda en 2010.

« Le dévouement dont fait preuve le service d’INTERPOL chargé du soutien aux enquêtes sur les malfaiteurs en fuite pour retrouver les individus recherchés pour génocide doit effectivement être salué. Grâce au travail considérable qu’il a accompli et à une étroite collaboration avec le TPIR et les services chargés de l’application de la loi de nos 190 pays membres, des fugitifs accusés des crimes les plus effroyables ont été mis hors d’état de nuire, rendant le monde plus sûr pour ses citoyens », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, Ronald K. Noble.

Afin d’apporter un soutien supplémentaire au TPIR, INTERPOL a mis sur pied une initiative visant à localiser et à traduire en justice les fugitifs recherchés pour leur participation au génocide rwandais : le Projet de recherche des génocidaires rwandais, créé en liaison avec le TPIR et le Parquet général rwandais afin de cibler les individus toujours recherchés par ces derniers.

Par ailleurs, le FIS a rencontré à de nombreuses reprises les enquêteurs et les procureurs du TPIR au Rwanda afin d’élaborer des stratégies pour localiser et arrêter les individus recherchés. Les rencontres avec les hauts responsables rwandais ont abouti à la création d’une cellule dédiée au sein des services du Procureur général du Rwanda et à l’instauration d’un mécanisme de coopération internationale pour cibler les fugitifs les plus dangereux.

« INTERPOL est déterminé à travailler avec le TPIR, les autres tribunaux pénaux internationaux et les autorités nationales chargées de l’application de la loi afin de traduire en justice ceux qui sont recherchés pour avoir participé à des faits de génocide, à des crimes contre l’humanité et à des crimes de guerre. Les auteurs de ces crimes odieux peuvent fuir mais ils ne peuvent se cacher indéfiniment car INTERPOL rassemble les polices de tous nos pays membres afin de localiser et d’arrêter jusqu’au dernier fugitif grâce à la conjugaison des efforts », a déclaré Stefano Carvelli, Sous-directeur d’INTERPOL chargé du soutien aux enquêtes sur les malfaiteurs en fuite.

INTERPOL a organisé deux formations à l’intention des enquêteurs spécialisés dans les faits de génocide et les crimes de guerre, une autre étant prévue en octobre 2013 avec la collaboration du TPIR.