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18 juillet 2013

Les empreintes digitales au service du renforcement de la lutte contre la piraterie maritime

VICTORIA (Seychelles) – Le recueil et la transmission des éléments de preuve étant essentiels dans le contexte de la lutte permanente contre la piraterie maritime, INTERPOL a remis à la communauté des services chargés de l’application de la loi des Seychelles un équipement spécialisé d’acquisition et de transmission d’empreintes digitales.

Le Système de reconnaissance automatisée d’empreintes digitales (AFIS) a été installé dans le cadre du projet de renforcement des capacités concernant les routes maritimes critiques en Afrique de l’Est (CRIMLEA), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par la cellule INTERPOL de lutte contre la piraterie maritime.

Lors de la cérémonie d’inauguration, le Ministre de l’Intérieur et des transports des Seychelles, M. Joël Morgan, a déclaré que ce système – qui a déjà permis de nombreuses identifications – donne une portée accrue au travail de police dans le cadre des enquêtes nationales et internationales.

« Il n’est pas possible de lutter de manière isolée contre les malfaiteurs qui se livrent au trafic de migrants et de stupéfiants, à la piraterie ou à l’escroquerie. Les malfaiteurs transnationaux utilisent les technologies à leur avantage mais nous sommes aujourd’hui, nous aussi, mieux équipés pour aider nos partenaires des services chargés de l’application de la loi à lutter contre de telles infractions », a déclaré M. Morgan.

Étaient également présents à la cérémonie d’inauguration Mme Lindsay Skoll, Haut-Commissaire du Royaume-Uni aux Seychelles, Mme Geneviève Iancu, Ambassadrice de France, et M. Ernest Quatre, Directeur Général de la Police des Seychelles.

Saluant le rôle proactif des Seychelles dans la lutte contre cette forme de criminalité, le Directeur exécutif des Services de police d’INTERPOL, M. Jean-Michel Louboutin, a déclaré que le nouvel équipement allait considérablement faciliter le travail de la police.

« La piraterie est une forme complexe de criminalité transnationale parce que les acteurs en sont nombreux et qu’il est difficile de rassembler et de traiter des éléments de preuve dans un environnement maritime posant de multiples problèmes », a indiqué M. Louboutin.

« Les empreintes digitales relevées sur des scènes de crime et comparées avec celles enregistrées dans des bases de données ont été et restent l’un des meilleurs moyens pour identifier une personne. »

« Une coopération internationale forte s’appuyant sur une démarche collective et pragmatique est la seule solution pour lutter efficacement contre la piraterie maritime, et le partage d’informations telles que les empreintes digitales en est un élément essentiel », a ajouté M. Louboutin, en évoquant le récent transfert aux Seychelles par la force navale de l’Union européenne (EUNAVFOR) de deux pirates, identifiés par l’intermédiaire d’INTERPOL à partir de leurs empreintes digitales.

Le 19 février 2013, les empreintes digitales de neuf suspects capturés dans l’océan Indien par un navire néerlandais de l’EUNAVFOR ont été transmises à INTERPOL. La comparaison avec le contenu de la base de données mondiale de l’Organisation a mis en évidence une concordance avec les empreintes de deux individus faisant partie d’un groupe de cinq pirates arrêtés en décembre 2012 par un navire belge dans le cadre d’une opération de l’EUNAVFOR, et dont les empreintes avaient été transmises à INTERPOL.

Le projet CRIMLEA, d’une durée de trois ans (2011 - 2013) et d’un montant de 1,6 million d’euros, vise à permettre aux services chargés de l’application de la loi nationaux de lutter contre la piraterie maritime et les vols à main armée commis en haute mer en menant des enquêtes proactives efficaces, plus particulièrement par le renforcement des capacités en matière de police scientifique et d’enquêtes.

Entre septembre 2012 et mai 2013, plus de 160 membres des services chargés de l’application de la loi de cinq pays de la région ont participé à des formations dans des domaines variés tels que l’examen des scènes de crime, l’analyse des données criminelles et les enquêtes sur les infractions financières.

Le projet CRIMLEA a pour objectif de renforcer les capacités de sept pays côtiers ou insulaires d’Afrique de l’Est – Djibouti, le Kenya, Maurice, les Seychelles, la Somalie, la Tanzanie et le Yémen – en matière de lutte contre la piraterie maritime dans l’océan Indien et le golfe d’Aden.