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14 février 2012

L’efficacité de la lutte contre les atteintes à l’environnement au centre des réunions de groupes de travail INTERPOL

BANGKOK (Thaïlande) – Plus de 240 experts et professionnels de l’application de la loi du monde entier sont rassemblés en Thaïlande à l’occasion des réunions des groupes de travail sur la criminalité liée à la pollution et aux espèces sauvages du Comité d’INTERPOL sur la criminalité de l’environnement.

Organisées par la Police royale thaïlandaise, ces réunions de cinq jours (du 13 au 17 février) ont pour objet d’échanger des informations sur les moyens de lutter efficacement contre les atteintes à l’environnement et de définir des mesures concrètes pour enrayer les menaces que cette forme de criminalité fait peser sur la sûreté et la sécurité environnementales dans le monde.

Dans son discours d’ouverture, le Vice-Premier ministre, M. Chalerm Ubamrung, a déclaré : « Les atteintes à l’environnement sont devenues une menace et un problème de première grandeur pour la sécurité et le bien-être des populations du monde entier, nécessitant davantage d’efforts concertés et d’engagement de la part des secteurs public et privé, ainsi qu’une plus grande volonté politique de la part des gouvernements ».

« En 2005, la Thaïlande a pris la tête des actions menées pour mettre en place le Wildlife Enforcement Network (réseau régional de protection des espèces sauvages) de l’ANASE en Asie du Sud-Est, étape décisive vers l’amélioration de l’application de la loi dans la région au travers du renforcement de la coopération nationale et régionale. Cette année, nous avons le plaisir d’accueillir et de féliciter les représentants d’organisations régionales et internationales, de services chargés de l’application de la loi, d’autorités gouvernementales et de la société civile venus du monde entier, réunis ici pour approfondir le débat et travailler avec la ferme volonté de trouver des réponses et d’obtenir des résultats concrets sur certaines questions liées à la pollution et aux espèces sauvages », a ajouté le Vice-Premier ministre.

Le Directeur exécutif des Services de police d’INTERPOL, M. Jean-Michel Louboutin, a souligné l’importance d’une coopération à l’échelle mondiale entre services chargés de l’application de la loi pour lutter efficacement contre les atteintes à l’environnement.

« Le Comité sur la criminalité de l’environnement et ses groupes de travail montrent, par leur collaboration dans le cadre de projets concrets, que les systèmes et services d’INTERPOL jouent un rôle essentiel s’agissant d’apporter une réponse innovante et efficace à cette forme de criminalité qui, par sa nature et ses répercussions, franchit nos frontières chaque jour », a déclaré M. Louboutin.

Lors de cette réunion d’une semaine – qui a lieu en même temps que le Séminaire des Chefs de police et de douane sur la criminalité liée au tigre, organisé par le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) –, des professionnels de l’application de la loi mettront leur expertise au service d’un certain nombre de projets destinés à lutter contre un large éventail d’infractions, parmi lesquelles la pollution par les hydrocarbures, le braconnage des rhinocéros, la fraude relative au commerce des droits d’émission de CO2 et la pêche illégale. Lors d’une séance plénière, les deux groupes de travail ont débattu des difficultés à obtenir les ressources nécessaires pour lutter contre les atteintes à l’environnement dans un contexte de restrictions budgétaires.

« Le rôle premier de la communauté des services chargés de l’application de la loi sera toujours de poursuivre les malfaiteurs, mais cette réunion vient rappeler que nous ne cesserons jamais de trouver de nouvelles solutions pour être plus efficaces. Nous rechercherons des approches innovantes pour intégrer l’expertise et l’expérience des parties prenantes non gouvernementales dans notre travail quotidien », a déclaré M. Brian Stuart, Detective Inspector et Chef de la National Wildlife Crime Unit du Royaume-Uni, qui préside le Groupe de travail sur la criminalité liée aux espèces sauvages.

« Nous nous devons de sensibiliser le public aux risques pour l’environnement et la santé que représentent la pollution et le pillage des ressources naturelles que nous détectons dans le cadre de notre travail et qui menacent gravement notre sécurité. Nous devons également veiller à informer sur nos capacités et nos réussites en matière de lutte contre ces menaces. Le public, et notamment les médias, peuvent jouer un rôle important en aidant les services chargés de l’application de la loi à faire passer ce message et à renforcer la volonté politique d’investir dans nos capacités à combattre ces infractions commises contre notre avenir », a ajouté M. Brian Stuart.

M. Frans Geysels, commissaire divisionnaire et Chef du service Environnement de la police fédérale belge, qui préside le groupe de travail sur la criminalité liée à la pollution, a déclaré : « La conscience qu’il y a urgence à agir grandira à mesure que les répercussions potentielles sur notre qualité de vie deviendront de plus en plus évidentes, mais nos ressources resteront toujours limitées. Il a été reconnu que seule une approche multidisciplinaire peut nous permettre de faire respecter efficacement les lois protégeant les fondamentaux nécessaires à notre survie. En travaillant ensemble avec tous les services et en faisant appel à l’expertise des organismes non policiers, nous améliorons nos chances d’agir efficacement contre les malfaiteurs sans scrupules ».

« Nous ciblons les réseaux transnationaux de personnes et de sociétés qui enfreignent délibérément la loi dans le seul but d’obtenir un bénéfice financier et mettent à mal l’intégrité de nos États. La volonté et la capacité d’échanger et de développer l’information, le renseignement et l’expérience sont essentielles pour apporter une réponse policière mondiale efficace, et je suis convaincu que notre réunion ici avec plus de 240 experts venus du monde entier crée les meilleures conditions possibles pour progresser de façon déterminante », a conclu M. Geysels.

Jeudi, les groupes de travail se réuniront à nouveau en séance plénière afin de présenter leurs projets et leurs propositions pour l’année à venir.