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01 juillet 2011 - Media release

Le chef d'INTERPOL met en garde les chefs de police et ministres européens contre les failles en matière de sécurité

LA HAYE (Pays-Bas) – Le cyberterrorisme et l’augmentation des voyages en avion constituent les deux principales menaces pour la sécurité mondiale, a expliqué le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, à des ministres, à des représentants de l’Union européenne et à de hauts responsables des services chargés de l’application de la loi lors de la Convention des chefs de police européens.

Cette conférence de trois jours (du 29 juin au 1er juillet) portant sur la façon de lutter contre la criminalité organisée et le terrorisme et de les prévenir, s'est déroulée en présence de plus de 200 chefs de police européens, hauts responsables des services chargés de l’application de la loi et universitaires, et a marqué l'inauguration du nouveau siège d'Europol.

Le chef d’INTERPOL a indiqué que le nouveau bâtiment ultramoderne d'Europol rend témoignage de la nécessité pour les services chargés de l'application de la loi de disposer d’équipements à la pointe du progrès pour lutter contre les terroristes et les malfaiteurs d’aujourd’hui, qui s’adaptent extrêmement rapidement aux nouvelles technologies pour en tirer parti. À cet égard, M. Noble a souligné la nouvelle impulsion donnée à la coopération entre INTERPOL et Europol au cours des dernières années, en ajoutant que ceci était en grande partie dû au directeur d’Europol, M. Rob Wainwright, « à sa vision et à son engagement en faveur de la coopération policière internationale en Europe et au-delà ».

Le chef de l’organisation mondiale de police a indiqué que pour que la collaboration future entre les services chargés de l'application de la loi soit efficace à l'heure de la mondialisation, alors que les voyages internationaux n’ont jamais connu un tel essor et que le nombre de passagers aériens dans le monde entier devrait atteindre 3 milliards en 2014, la stratégie de sécurité actuelle, basée sur le contrôle individuel des personnes avant l'embarquement, pourrait ne plus être viable. Des « systèmes d'alerte » supplémentaires tels que la vérification systématique des passeports dans la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage volés ou perdus – la seule de ce type au monde – doivent être instaurés.

Les participants ont été informés que grâce aux solutions techniques mises au point par INTERPOL, les agents chargés des contrôles aux frontières peuvent désormais vérifier en un instant si un individu tente d'entrer dans un pays avec l'un des 28 millions de documents de voyages volés ou perdus enregistrés dans la base de données INTERPOL par 158 pays, parmi lesquels 131 ne sont pas membres de l'Union européenne et transmettent donc des informations ne figurant pas dans le Système d'information Schengen (SIS).

« Près de 10 ans après les attentats du 11 septembre, je pense que nous devons à présent prendre du recul pour dresser le bilan de nos réalisations et voir ce qui pourrait nous attendre dans les années à venir », a déclaré le Secrétaire Général Noble.

« Nous ne pouvons pas prévoir sous quelle forme le terrorisme se manifestera dans cinq, dix ou vingt ans mais une chose est sûre : les terroristes auront besoin, à un stade ou un autre de leur logistique meurtrière, de documents de voyage frauduleux, et le système INTERPOL permettant d'accéder à notre base de données est une sonnette d’alarme importante pour les arrêter avant qu'il ne soient prêts à appuyer sur la détente », a ajouté le chef d’INTERPOL.

Lors de sa participation à la réunion ministérielle organisée vendredi, à laquelle assistait également la Commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Mme Cecilia Malmström, le chef de l’organisation mondiale de police est revenu sur les inquiétudes en matière de cybersécurité qu’il avait soulevées jeudi dans son discours, en déclarant que la coopération internationale est de toute urgence nécessaire pour apporter une réponse collective aux cybermenaces.

« Il est possible que les terroristes utilisent tôt ou tard les cyberattaques contre des infrastructures critiques en Europe et ailleurs. À l'heure actuelle, la coopération internationale en vue de l'échange d'informations sur les vérifications relatives aux personnes ayant un accès privilégié aux systèmes informatiques d'appui à de telles infrastructures est pratiquement inexistante, et cette faille en matière de sécurité, j’en suis persuadé, devrait être une réelle préoccupation pour nous tous », a conclu M. Noble.

INTERPOL Secretary General Ronald K. Noble (left) told the European Police Chiefs Convention that cyberterrorism and increased air travel are among the greatest threats to global security.