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07 juin 2011 - Media release

Pour la sécurité de l’aviation civile, l’industrie du transport aérien doit prendre le relais en cas de défaillance des pouvoirs publics, affirme le chef d’INTERPOL lors d’une réunion de l’IATA

SINGAPOUR – Le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, a déclaré que les compagnies aériennes ont tout autant intérêt que les pouvoirs publics à assurer la sécurité des passagers, et que s’ils ne sont pas en mesure de vérifier comme il se doit leurs documents d’identité, c’est alors aux compagnies aériennes de le faire. Pour M. Noble, la sécurité des passagers et des avions est une responsabilité partagée.

S’exprimant lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association du transport aérien international (IATA) à Singapour, le chef d’INTERPOL a affirmé que l’action conjointe en matière de sécurité du transport aérien doit être guidée par deux impératifs : mieux répondre aux menaces actuelles et se préparer à celles de demain.

« Chaque fois que des attentats ont réussi, c’est parce que nous n’avons pas, collectivement, rassemblé, analysé et échangé les informations dont nous disposions déjà. Et chaque fois que des attentats ont été déjoués, c’est parce que nous sommes parvenus à exploiter les informations disponibles sur un passager, un groupe ou une menace en particulier », a expliqué le chef d'INTERPOL.

« Les failles les plus criantes en matière de sécurité aérienne dans le monde sont les mêmes depuis près de 20 ans. Les terroristes et autres dangereux criminels continuent à entrer dans les pays et à y transiter en utilisant des passeports volés falsifiés. Les compagnies aériennes peuvent remédier au fait que les pays du monde, dans leur grande majorité, ne vérifient pas ces documents au moyen d’un fichier mondial de passeports volés et perdus, en collaborant avec INTERPOL à cet effet. »

« Il n’est guère rassurant pour les passagers et les citoyens du monde entier de savoir que dix ans après les attentats du 11 septembre et près de 20 ans après les premiers attentats contre le World Trade Center en 1993, nous laissons un passager de compagnie aérienne internationale sur deux franchir les frontières sans vérifier s’il voyage avec des documents volés ou perdus », a déclaré M. Noble à propos des 935 millions d’arrivées internationales enregistrées en 2010 dans les aéroports.

M. Noble a appelé au contrôle systématique des passagers de vols internationaux au moyen de la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyages volés ou perdus (SLTD), le seul répertoire mondial pour ce type d’informations, qui contient aujourd’hui près de 28 millions d’enregistrements relatifs à des passeports volés et perdus de 158 pays, et est accessible aux agents en poste dans les aéroports, aux frontières et ailleurs sur le terrain.

« Nous devons tirer parti des outils mondiaux à notre disposition, permettre aux compagnies aériennes d’accéder à des données essentielles, et centrer nos efforts au seul élément qui existera toujours chaque fois que le transport aérien est pris pour cible : le document d’identité du passager. Les malfaiteurs et les terroristes ayant des antécédents criminels, qui ont généralement beaucoup voyagé en laissant des traces, continueront à utiliser des passeports volés et perdus pour dissimuler leur véritable identité jusqu’à ce que nous colmations cette faille de sécurité criante », a ajouté M. Noble.

Secretary General Noble called for the systematic check of international air travellers against INTERPOL’s Stolen and Lost Travel Documents database during IATA's annual general meeting.