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20 janvier 2011 - Media release

La coopération internationale des services chargés de l’application de la loi est l’un des fondements de la sécurité européenne, déclare le chef d’INTERPOL aux ministres de l’UE

Face à un paysage de la sécurité qui change, il est nécessaire de protéger de la cybercriminalité les frontières virtuelles de l’UE


GÖDÖLLÖ (Hongrie) – Le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, a déclaré aux ministres de la Justice et des Affaires intérieures de l’Union européenne que si le partenariat stratégique entre INTERPOL et l’UE joue un rôle fondamental dans la protection des frontières physiques de l’Europe contre la criminalité transnationale organisée, il est de plus en plus souvent confronté aux « véritables menaces pour les frontières virtuelles de l’UE, ses citoyens et ses économies » que fait peser la cybercriminalité. 

Lors de la rencontre informelle de ministres européens réunis sous l’égide de la Présidence hongroise de l’UE, M. Noble a déclaré qu’INTERPOL était un partenaire essentiel pour l’Union dans la lutte contre la criminalité organisée et les menaces pour la sécurité, grâce aux liens tissés par l’Organisation avec le reste du monde au moyen de ses outils et de son rayonnement mondiaux.

Le chef de l’organisation internationale de police a déclaré qu’un « pilier essentiel » du partenariat stratégique entre l’UE et INTERPOL est la gestion efficace des frontières tant physiques que virtuelles, dans laquelle « seul INTERPOL peut compléter les actions menées au niveau européen ».

M. Noble a décrit les relations d’INTERPOL avec EUROPOL comme un partenariat solide s’appuyant sur une cause commune et un objectif partagé, et donnant lieu à des échanges d’informations, d’expertise et de ressources dans des domaines aussi variés que la piraterie maritime, le trafic d’êtres humains et la contrefaçon.

Pour tirer parti de la vulnérabilité des organisations criminelles transnationales aux frontières, le chef d’INTERPOL a indiqué que l’Organisation possède la seule base de données au monde sur les documents de voyage volés et perdus, qui contient à l’heure actuelle 24 millions d’enregistrements transmis par plus de 150 pays. L’année dernière, les pays membres d’INTERPOL ont effectué plus de 500 millions de recherches dans cette base de données, qui ont abouti à plus de 42 000 concordances dont plus de la moitié signalées à des pays de l’UE.

Les ministres ont par ailleurs été informés qu’INTERPOL a mis au point des solutions techniques permettant d’ouvrir l’accès à cet outil et aux autres bases de données mondiales d’INTERPOL aux agents des services d’application de la loi présents dans les aéroports et aux points de contrôle frontaliers de toute l’Europe, notamment en Hongrie, pays dont M. Noble a salué l’« indéfectible » soutien.

Toutefois, même si INTERPOL et l’UE veillent sur les frontières physiques et la sécurité, le chef de l’Organisation a déclaré que la protection des frontières virtuelles de l’UE constitue un défi, en raison de la menace que constitue la cybercriminalité.

« Une cyberattaque peut être lancée de n’importe quel point du globe, mais la menace qu’elle représente pour les citoyens et les économies d’un pays est très réelle » a expliqué M. Noble, soulignant que 75 % des internautes du monde entier ont déclaré avoir déjà été victimes au moins une fois de la cybercriminalité.

Il a été souligné devant les ministres qu’au-delà de la cybercriminalité, bien d’autres formes de criminalité ont désormais une composante technique. Ainsi, en matière de terrorisme, la radicalisation passe en grande partie par Internet.

À cet égard, le chef d’INTERPOL a déclaré que l’organisation internationale de police visait à mettre en place des solutions du 21ème siècle pour répondre aux défis les plus complexes liés à la cybercriminalité, grâce au Complexe mondial INTERPOL en cours d’implantation à Singapour, qui sera un site de pointe en matière de recherche, de développement et d’outils opérationnels.

Le Complexe mondial INTERPOL devrait être pleinement opérationnel fin 2013 ou début 2014. Sa création a été approuvée par l’Assemblée générale d’INTERPOL réunie au Qatar en novembre 2010, et constitue la prochaine étape de l’évolution de l’Organisation vers le renforcement des capacités d’action policière au niveau mondial.