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30 septembre 2010 - Media release

Un symposium UE-INTERPOL pour renforcer la coopération policière internationale contre la criminalité transnationale en Afrique de l’Ouest

Le chef d’INTERPOL met en garde contre les répercussions internationales de la « prise d’assaut » menée sur la région par des trafiquants de drogue transnationaux


BRUXELLES (Belgique) – La nécessité d’une action policière intégrée au niveau international pour lutter contre les répercussions mondiales de la criminalité transnationale en Afrique – en particulier du trafic de stupéfiants –, tel a été le thème central d’un symposium Union européenne-INTERPOL organisé sous l’égide de la Présidence belge de l’UE.

Rassemblant quelque 180 hauts responsables des services chargés de l’application de la loi et de la justice de l’UE, d’INTERPOL, du CCPAO (Comité des chefs de police d’Afrique de l’Ouest), des Nations Unies, d’Europol et de l’Organisation mondiale des douanes, le symposium de jeudi s’est intéressé aux problèmes posés par la criminalité transnationale et transfrontalière en Afrique de l’Ouest – dont l’ampleur est considérable –, notamment par le terrorisme et les trafics d’armes, de stupéfiants et d’êtres humains. Il présentera des recommandations visant à renforcer la coopération policière internationale contre la criminalité en Afrique de l’Ouest lors de la réunion du Comité permanent de sécurité intérieure (COSI) de l’UE qui se tiendra en novembre prochain.

Prenant la parole au cours du symposium, le Ministre de l’Intérieur belge, Mme Annemie Turtelboom, a déclaré : « L’UE doit améliorer la coordination et la coopération avec ses États membres par tous les moyens que met à sa disposition le Traité de Lisbonne. Cela est important afin d’éviter les doubles emplois et d’améliorer la coordination avec les autorités africaines dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest. »

Dans son discours, la Commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Mme Cecilia Malmström, a insisté sur la nécessité d’adopter une approche globale de la sécurité : « La sécurité intérieure de l’Europe est étroitement liée à sa sécurité extérieure. Les trafics de stupéfiants, d’armes et d’objets volés font le malheur des habitants de l’Afrique de l’Ouest, mais ils ont également des conséquences en Europe. »

Pour le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, dès lors que la mondialisation favorise la criminalité transnationale et permet aux malfaiteurs de se déplacer plus librement, « l’instabilité et la criminalité transnationale en Afrique de l’Ouest ont des répercussions sur des pays situés bien au-delà des côtes africaines ».

« Dans le monde entier, les pays ont pris conscience de la dimension planétaire de leurs problèmes locaux et régionaux en matière de sécurité, et de la nécessité de travailler en coopération avec les autres pays ainsi qu’avec différents partenaires pour relever ces défis. »

Sachant qu’un quart de la cocaïne consommée en Europe transite actuellement par l’Afrique de l’Ouest après avoir quitté l’Amérique du Sud, M. Noble met en garde : « ce qui apparaissait autrefois comme un mouvement de faible ampleur s’est transformé en une véritable prise d’assaut menée sur les pays de la région par des réseaux de trafiquants de drogue transnationaux ».

Selon M. Noble, l’instabilité liée au trafic de stupéfiants réduit à néant les progrès accomplis dans la région et sape les efforts visant à promouvoir une paix durable, la stabilité et la prospérité, ce qui a des conséquences en Europe et dans le monde entier.

À cet égard, en marge du symposium, le chef d’INTERPOL a insisté sur l’avancée que constitue l’Initiative « Côte de l’Afrique de l’Ouest » d’INTERPOL pour appuyer le Plan d’action régional de lutte contre le trafic de stupéfiants et la criminalité organisée de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Menée en partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, le Département des Opérations de maintien de la paix de l’ONU, le Bureau pour l’Afrique de l’Ouest du Département des affaires politiques des Nations Unies, la CEDEAO et les autorités nationales des quatre pays pilotes – la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Libéria et la Sierra Leone –, cette initiative constitue selon M. Noble « l’essence même de l’action policière intégrée », s’appuyant sur les forces et l’expertise de chacun afin d’obtenir le meilleur résultat possible « en permettant aux fonctionnaires qui en ont le plus besoin d’avoir un accès direct aux outils mondiaux d’INTERPOL ».

Le chef de la Police fédérale belge et Président du Comité permanent de sécurité intérieure (COSI) de l’UE, M. Fernand Koekelberg a déclaré : « Le choix opéré par INTERPOL d’organiser ce symposium sous la Présidence belge de l’Union européenne met l’accent sur l’Afrique de l’Ouest, devenue aujourd’hui une région prioritaire pour la Belgique et plus globalement, pour l’Union européenne. Les menaces criminelles provenant de cette région ou y transitant commandent que nous unissions nos forces au niveau de l’Union européenne dans l’appui apporté à cette région dans la lutte qu’elle mène contre la criminalité organisée, afin de coordonner et de préparer ensemble des actions de coopération concrètes. Ce symposium constitue un premier pas décisif dans cette approche commune. »

Le premier volet de l’Initiative « Côte de l’Afrique de l’Ouest » consistera à mettre en place, dans chaque pays pilote, des unités d’élite chargées de la lutte contre la criminalité transnationale. Celles-ci seront composées de policiers, d’agents des douanes et des services de l’immigration, de procureurs et de fonctionnaires des Bureaux centraux nationaux INTERPOL, qui bénéficieront tous de formations aux enquêtes et à l’analyse criminelles. Ce premier volet prévoit également le renforcement des infrastructures techniques, notamment l’élargissement de l’accès au réseau de communication I-24/7 et aux bases de données mondiales d’INTERPOL aux aéroports internationaux ainsi qu’à d’autres postes-frontières dans les quatre pays pilotes.