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17 juin 2010 - Media release

Le chef d’INTERPOL appelle à une action mondiale concertée pour lutter contre la criminalité organisée dans son discours prononcé devant les Nations Unies à l’occasion du 10ème anniversaire de la Convention de Palerme

NEW YORK – Le chef de la plus importante organisation de police au monde a souligné aujourd’hui la nécessité de la collaboration policière au niveau mondial et des échanges d’informations dans son discours prononcé lors de la Réunion spéciale de haut niveau sur la criminalité transnationale organisée qui se tenait dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, a déclaré que « dans un monde où les possibilités offertes aux organisations criminelles transnationales ont considérablement évolué depuis 2000 », le 10ème anniversaire de l’adoption de la Convention de Palerme contre la criminalité transnationale organisée est l’occasion idéale pour les pays qui ne l’ont pas encore fait de ratifier cette convention.

« En tant que chef d’une organisation qui constate chaque jour les défis auxquels ont à faire face ceux qui luttent contre la criminalité organisée dans les rues du monde entier, ne pas tirer pleinement parti de ce dont nous disposons aujourd’hui reviendrait à obérer dangereusement nos chances de succès pour demain », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL.

« Dans un monde confronté à une crise économique généralisée, que les malfaiteurs vont tenter d’exploiter à tous les niveaux, il est parfaitement logique d’utiliser des outils déjà disponibles, peu coûteux et accessibles à l’ensemble des nations du monde. Et c’est précisément à cette fin qu’INTERPOL se tient prêt à collaborer étroitement avec toutes les parties intéressées. »

« Ce que nous proposons est très simple : fournir au moment opportun la bonne information de police au bon représentant des services chargés de l’application de la loi afin de ne pas laisser échapper les occasions importantes lorsqu'elles se présentent », a ajouté M. Noble.

Rien qu’en 2010, les pays membres d’INTERPOL ont obtenu plus de 70 000 réponses positives à leurs recherches dans la base de données nominatives de l’Organisation – chacune représentant des informations potentiellement essentielles sur un individu susceptible d’avoir des liens avec la criminalité transnationale organisée.

Étant donné que le trafic d’êtres humains a fait 12 millions de victimes en 2009 selon les estimations et que les armes de petit calibre, en plus de faire des dizaines de milliers de victimes en dehors des zones de guerre, seraient à l’origine de 60 à 90 % des morts dans les conflits armés, le Secrétaire Général d’INTERPOL a déclaré aux participants à la Réunion de haut niveau que ces crimes ainsi que d’autres tels que le trafic de migrants représentent des sources de revenus importantes pour les organisations criminelles transnationales.

« Les auteurs de tous ces crimes comptent largement sur les frontières pour se mettre à l’abri et éviter d’être identifiés et poursuivis en justice », a indiqué M. Noble. « Et, là encore, c’est précisément pour cette raison que l’échange d’informations et la communication entre les services chargés de l’application de la loi du monde entier constituent la stratégie la plus efficace pour transformer des frontières considérées par les malfaiteurs comme des atouts en obstacles à la criminalité organisée. »

M. Noble a attiré l’attention sur les extraordinaires progrès technologiques accomplis depuis 2000, lesquels ont conduit à modifier le mode de fonctionnement d’INTERPOL, ainsi que sur les avantages apportés par l’organisme mondial de police à chacun de ses 188 pays membres grâce à sa capacité de créer « une frontière virtuelle » n’importe où dans le monde.

M. Noble a mentionné tout particulièrement la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyages volés ou perdus (SLTD), qui sert quotidiennement les principes énoncés aux articles 11 à 13 des protocoles de la Convention de Palerme relatifs à la traite des personnes et au trafic illicite de migrants. Cette base de données, qui contient plus de 21 millions d’enregistrements – dont 12 millions concernant des passeports –, a été consultée plus de 300 millions de fois, permettant aux pays membres d’INTERPOL d’obtenir quelque 4000 réponses positives.

Les informations enregistrées en janvier par la Suède dans la base SLTD ont abouti à l’identification d’un ressortissant néerlandais recherché pour trafic d’êtres humains alors que celui-ci était à la tête d’un groupe de personnes tentant de transiter illégalement par la Trinité-et-Tobago en utilisant des passeports volés.