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17 février 2009 - Media release

Le Nigéria, l’Italie et INTERPOL signent un accord en vue d’intensifier la lutte contre la traite des personnes, le trafic de migrants et la criminalité organisée transnationale

ABUJA (Nigéria) – Un accord entre le Nigéria, l’Italie et INTERPOL a été signé dans la capitale nigériane afin de renforcer la coopération dans la lutte contre l’immigration illégale et le trafic d’êtres humains, ainsi que de s’attaquer aux organisations à l’origine de ces infractions.

Coordonné sous les auspices d’INTERPOL, le projet pilote de deux ans qui va être mis en œuvre verra les forces de police des deux pays travailler ensemble pour mieux lutter contre le trafic d’êtres humains, la criminalité organisée et l’immigration illégale en Italie. En outre, les ressources et outils de police mondiaux dont dispose INTERPOL seront utilisés pour déterminer s’il existe des liens entre les personnes arrêtées dans ce cadre et d’autres activités illicites.

Du point de vue opérationnel, l’accord prévoit que le Nigéria et l’Italie constituent des équipes de police conjointes qui agiront ensemble, dans ce dernier pays, contre la traite des personnes, le trafic de migrants et l’immigration illégale, souvent contrôlés par le crime organisé. Dans le cadre de ce projet pilote innovant, des policiers nigérians seront affectés pour une période de douze mois aux points de contrôle aux frontières, dans les aéroports internationaux, les ports maritimes et certaines villes de la péninsule, où ils collaboreront avec leurs homologues italiens. La Direction centrale de la Police de l’immigration et des frontières de la Police d’État italienne organisera par ailleurs des formations à l’intention des policiers nigérians.

Le Directeur de la police nigériane, M. Mike Mbama Okiro, a déclaré que la mise en place de partenariats internationaux était essentielle si l’on voulait faire véritablement avancer l’action menée contre la traite des personnes, le trafic de migrants et les infractions aux lois sur l’immigration.

« La lutte contre les malfaiteurs internationaux qui exploitent des Nigérians innocents à l’étranger et violent les lois sur l’immigration d’autres pays nécessite une étroite coopération bilatérale et régionale ainsi qu’une coordination à l’échelle mondiale. Grâce à cet accord d’un tout nouveau genre avec les services de police italiens, sous les auspices d’INTERPOL, nous pourrons d’une part mieux protéger les Nigérians innocents contre le trafic d’êtres humains et d’autre part, faire en sorte que les Nigérians qui se livrent à des infractions à l’étranger soient rapidement renvoyés chez nous et que les Nigérians respectueux des lois se trouvant en dehors de notre territoire soient protégés », a ajouté l’Inspector General Okiro.

Lors de la cérémonie de signature officielle, le Directeur général de la Sécurité publique et de la Police nationale italienne, M. Antonio Manganelli, a indiqué que la police nationale de son pays était heureuse de mettre en œuvre cette approche novatrice, avec ses collègues de la police nigériane, pour lutter contre la traite des personnes, le trafic de migrants et l’immigration illégale.

« En accueillant nos collègues de la police nigériane sur le sol italien et en faisant en sorte qu’ils soient formés en même temps que leurs homologues italiens aux enquêtes sur ces types de criminalité, nous améliorerons notre capacité commune à démanteler les réseaux de trafiquants responsables de tant de misère dans le monde ainsi qu’à accélérer les procédures administratives de renvoi de ceux qui enfreignent les lois sur l’immigration de ce pays », a déclaré M. Manganelli.

INTERPOL apportera son soutien et mettra à disposition des ressources tant au siège de son Secrétariat général, à Lyon (France) que par l’intermédiaire du réseau mondial que forment ses 187 pays membres, pour aider l’Italie et le Nigéria à identifier et à démanteler les réseaux criminels transnationaux se livrant à la traite des personnes et au trafic de migrants entre les deux pays.

« La traite des personnes et le trafic de migrants sont des activités extrêmement lucratives pour le crime organisé qui visent les éléments les plus vulnérables de nos sociétés ; le meilleur moyen de les combattre est de permettre aux polices des pays de provenance et de destination de travailler main dans la main, et que les renseignements recueillis soient comparés aux informations contenues dans  les bases de données mondiales d’INTERPOL afin d’établir des liens avec d’autres activités illicites », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, Ronald K. Noble.

« Les chefs des polices nigériane et italienne ont montré un attachement à la coopération policière tant internationale que bilatérale, dans la lutte contre la grande criminalité transnationale, qui doit être salué. En acceptant de communiquer les informations en leur possession à INTERPOL, ils nous permettront d’établir des liens avec le crime organisé au-delà de leurs frontières nationales et ce faisant, d’affaiblir plus encore les organisations qui se livrent à la traite des personnes et au trafic de migrants », a conclu M. Noble.

Le renforcement des capacités policières, le développement de l’infrastructure et le soutien opérationnel en Afrique entrent dans le cadre du programme OASIS (pour Operational Assistance, Services and Infrastructure Support) d’INTERPOL, un projet sur quatre ans financé par l’Allemagne pour aider les services africains chargés de l’application de la loi.