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04 novembre 2008 - Media release

L’arrestation et l’extradition par le Royaume-Uni de ressortissants tunisiens soupçonnés de terrorisme souligne la nécessité d’une action répressive conjuguée aux niveaux régional et international

LYON (France) – L’extradition par le Royaume-Uni vers l’Italie de trois Tunisiens soupçonnés de terrorisme faisant l’objet de mandats d’arrêt européens et d’alertes mondiales INTERPOL a mis en évidence la nécessité pour les pays d’utiliser des outils de police régionaux et internationaux afin d’empêcher les personnes recherchées de se soustraire à la justice.

Habib Ignaoua, Mohamed Khemiri et Ali Chehidi, accusés par les autorités italiennes de projet concerté visant à recruter des volontaires prêts à commettre des actes de terrorisme, sont arrivés à Milan samedi dernier. Ils ont été arrêtés au Royaume-Uni l’année dernière dans le cadre d’opérations coordonnées organisées dans toute l’Europe contre un réseau présumé de recrutement de combattants pour l’Iraq et l’Afghanistan installé en Italie.

Les mandats d’arrêt européens concernant les trois Tunisiens faisaient partie d’une série de 20 délivrés par l’Italie. Le Bureau central national INTERPOL de Rome a pour sa part publié une diffusion mondiale – ou alerte internationale concernant des personnes recherchées – à l’encontre de neuf des suspects en question, dont les trois Tunisiens, afin que tous les pays membres de l’Organisation, européens ou non, soient informés qu’ils étaient recherchés.

Les vérifications opérées par les policiers du Groupe Fusion (FTF pour "Fusion Task Force"), la principale initiative de lutte antiterroriste d’INTERPOL, ont révélé qu’un certain nombre de ces personnes figuraient dans les bases de données de l’Organisation. Les policiers de FTF ont donc pu communiquer des informations complémentaires les concernant à la police italienne.

"Cette affaire est un parfait exemple de la manière dont la démarche intégrée consistant à délivrer un mandat d’arrêt européen renforcé par une diffusion INTERPOL peut permettre d’intercepter des suspects à l’intérieur de l’espace européen, d’où ils peuvent être extradés dans de brefs délais" a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble.

"Cette démarche en deux temps limite considérablement la capacité d’un suspect à se déplacer d’un pays à l’autre, mais elle permet aussi de rassembler des informations et de les mettre en commun à l’échelle mondiale, ce qui peut faire apparaître des liens potentiels avec d’autres enquêtes internationales".

Créé en 2002 pour répondre à l’ampleur et à la complexité croissantes des attentats terroristes internationaux, le Groupe Fusion d’INTERPOL apporte à chacun des 187 pays membres de l’Organisation une assistance sur tous les aspects des enquêtes relatives au terrorisme, notamment s’agissant de déterminer les structures des organisations terroristes, l’entraînement suivi par leurs membres, leur financement, leurs méthodes de recrutement et ce qui motive leur action.

L’échange d’informations qui s’opère grâce au réseau de plus de 200 officiers de contact du Groupe Fusion, présents dans le monde entier, a permis une augmentation massive du nombre de noms de terroristes présumés enregistrés dans la base de données du projet, qui contient à l’heure actuelle des informations sur plus de 12 000 personnes, contre tout juste 2 000 à sa mise en service en 2001.