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01 juillet 2008 - Media release

INTERPOL va utiliser des techniques avancées d’analyse d’ADN en vue d’identifier les quelque 800 victimes de l’accident de ferry aux Philippines, et lance un appel pour obtenir davantage de moyens

MANILLE (Philippines) – À la suite de l’envoi sur place d’une Cellule de crise pour aider à évaluer les besoins en matière de recherche et d’identification des victimes du naufrage de ferry survenu le 21 juin, INTERPOL va jouer un rôle central s’agissant du soutien aux opérations d’identification menées aux Philippines et de la coordination de ces opérations, qui portent sur les quelque 800 personnes ayant trouvé la mort lors du naufrage provoqué par le passage du typhon Frank.

Cette cellule, qui est arrivée à Cébou le 29 juin à la demande du gouvernement philippin, est composée de spécialistes de l’ADN et de l’identification des victimes de catastrophes (IVC) ainsi que d’un représentant de la Commission internationale pour les personnes disparues (CIPD). Elle va directement contribuer aux opérations d’identification des victimes actuellement menées à Cébou par le Bureau national des enquêtes des Philippines.

Le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, qui se trouve actuellement aux Philippines pour rencontrer de hauts responsables des services chargés de l’application de la loi et du gouvernement ainsi que l’équipe d’INTERPOL travaillant sur place, en vue d’assurer la coopération la plus large possible, a félicité le gouvernement philippin d’avoir reconnu que l’ampleur de la catastrophe était telle qu’il ne pouvait envisager d’y faire face seul.

M. Noble a déclaré que tout comme au lendemain du tsunami survenu en Asie du Sud-Est en 2004 – à l’occasion duquel INTERPOL avait joué un rôle central en matière d’identification des victimes – il y avait d’importantes difficultés structurelles liées au besoin de conteneurs réfrigérés, de laboratoires de police scientifique ou d’installations mobiles et d’un centre de gestion des informations relatives à l’identification des victimes.

"INTERPOL a absolument besoin de conteneurs réfrigérés permettant de conserver les corps de manière digne, et de laboratoires mobiles permettant de travailler avec efficacité et rapidité. Nous-mêmes et nos pays membres allons trouver les fonds nécessaires aux coûteuses analyses d’ADN qui doivent impérativement être effectuées. Dans ce contexte, il serait extrêmement apprécié et fort utile que Sulpicio Lines, la compagnie propriétaire du ferry qui a fait naufrage, ou toute personne de bonne volonté, nous fournisse l’environnement de travail dont nous avons besoin et nous fasse don de plusieurs conteneurs réfrigérés et laboratoires de police scientifique mobiles", a-t-il déclaré.

"Cela servirait grandement les efforts déployés par INTERPOL pour utiliser les techniques d’analyse d’ADN les plus avancées de sorte que les opérations d’identification se déroulent de la façon la plus digne et la plus efficace possible, et que les familles en deuil puissent retrouver leurs proches au plus vite."

"Nous n’avons qu’un seul but : faire en sorte que les équipes d’identification des victimes et la police puissent travailler dans des conditions permettant une identification exacte et efficace des nombreuses victimes de cette tragédie, et nous mobiliserons toutes nos ressources pour atteindre ce but", a-t-il ajouté.

Sulpicio Lines , la compagnie de transport maritime propriétaire du ferry MV Princess of the Stars, qui a chaviré au large de l’île Sibuyan, a fait savoir qu’elle était prête à apporter une aide financière aux familles des victimes.

Dans l’immédiat, les équipes ont besoin d’espaces mortuaires temporaires dotés de tout le nécessaire pour pouvoir procéder à des examens post mortem conformément aux meilleures pratiques et aux protocoles internationaux définis par les procédures INTERPOL en matière d’identification de victimes de catastrophes.

Dans le cadre de ces procédures, les spécialistes de la police scientifique pratiquent un examen approfondi des victimes et consignent toute une gamme de caractéristiques physiques d’identification (taille, empreintes digitales, tatouages, implants chirurgicaux, radiographies dentaires, etc.). Toutes les informations sont traitées par un logiciel spécialisé PlassData qui, à partir des formulaires INTERPOL d’identification des victimes de catastrophes, permet de comparer les données ante mortem (AM) et post mortem (PM) aux fins du processus d’identification. INTERPOL va utiliser le logiciel de PlassData pour mener ses opérations d’identification des victimes aux Philippines.